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Numéro inconnu

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Numéro inconnu.

Je garde le pouce en l’air, suspendu au-dessus de l’écran, comme si un mauvais geste pouvait déclencher la fin du monde. 19h00 pile, c’est moi qui devais appeler. Sauf que c’est le contraire. Je décroche au deuxième bip, pour faire croire que j’ai une vie.

— Allô ?

Une voix professionnelle, en coton. Elle prononce mon nom correctement, ce qui est déjà suspect.

— Bonsoir, je vous appelle du service social de l’hôpital de Saint-Clair…

Le mot hôpital tombe et ne fait pas de bruit. J’attrape ma tasse. Mauvaise idée : elle dérape, le café s’étale en éventail sur la table, gouttes qui s’alignent comme des soldats. Je regarde, fasciné.

— Il y a eu un accident, sur la D47. Vos parents… Ils ont été pris en charge par nos équipes.

Pause. Bruit d’un clavier, lointain.

— Nous sommes vraiment désolés. Nous n’avons rien pu faire.

Je crois que j’entends deux bruits à la fois : le mien qui respire trop fort dans le micro, et le frigo qui imite une baleine mourante. La voix continue, explique des choses. Formalités, choc, accompagnement. Je prends un stylo. Je ne sais pas pourquoi. J’écris “accompagnement” sur le coin d’une facture d’électricité. J’écris si mal que ça ressemble à “accomagnoment”. Je hoche la tête sans parler. Elle demande si j’ai quelqu’un avec moi.

— Oui, dis-je. (Non.)

— Est-ce que vous pouvez noter le numéro du service ?

— Oui, dis-je. (Je tiens déjà un stylo. C’est bien. Ça prouve quelque chose.)

Je note des chiffres qui ne s’impriment pas. 04 72… la suite s’efface. Je remercie. C’est absurde. Merci pour quoi ? Pour la voix.

Je raccroche en visant mal, l’écran refuse, je raccroche une deuxième fois avec trop de force, comme si je fermais une porte. Le silence rebondit. Une sirène passe au loin, son étiré. Le ficus, nouveau pot, m’observe en bonne plante. Je me tiens debout à côté de la table noyée de café, et je ne bouge pas. C’est une performance. Je suis un meuble.

Le vibreur repart. “Service social de Saint-Clair” encore. Je décroche trop vite, le souffle court.

— Oui ?

— Je suis désolée, je vous ai donné un mauvais poste tout à l’heure. Je vous répète le numéro exact, d’accord ? Et… si vous avez des proches à prévenir, ne le faites pas seul.

Je dis d’accord avec un timbre qui ne m’appartient pas. Elle ajoute courage. Je raccroche. Je reste l’oreille collée au téléphone, comme si j’espérais une suite audio cachée, un bonus track où tout s’arrange.

La table colle. Je passe une éponge. Je nettoie comme si j’avais rendez-vous avec une inspection. Je savonne en rond, je rince, je sèche méticuleusement. Je m’applique. Un coin oublié, je reviens dessus. Il n’y a plus de café, juste l’odeur. Je repose l’éponge, parfaitement parallèle au rebord, parce que le monde a besoin d’angles droits.

Je pense : appeler Milo. Je pense : appeler la tante. Je pense : non. Je pense : oui. Je pense : je vais d’abord mettre des chaussettes sèches. Je les mets. Ça ne change rien.

Je compose le numéro de Milo. Il décroche avec sa voix de pâte à crêpe.

— Champion ?

— Viens.

— Quoi ?

— Viens chez moi, s’il te plaît.

— J’arrive.

Je ne dis pas pourquoi. Je coupe. J’attrape un torchon, je l’étends, je le replie, je l’étends encore, comme si c’était un exercice respiratoire. J’ouvre la fenêtre ; l’air froid s’assoit sur mes épaules. En bas, quelqu’un parle fort au téléphone, une dispute de couple qui a gardé les volets ouverts. Les phrases montent par morceaux, se cassent sur le rebord, tombent dans ma cuisine.

Mon téléphone vibre une nouvelle fois : message de Maman ❤️ — la photo de moi couvert de confiture, envoyée hier. Je zoome sur ma bouche rouge, clown triste. Mes yeux piquent, par politesse.

On frappe. Milo entre sans attendre. Il regarde la table, la fenêtre ouverte, mon visage. Il comprend que quelque chose se passe, il ne comprend pas quoi. Il pose un sac sur la chaise, avance doucement.

— Hé.

Je dis :

— Mes parents. L’hôpital…

Je n’arrive pas à finir la phrase. Milo pose sa main sur mon épaule, pas sûr du protocole. Il ne parle pas. C’est la meilleure idée de sa soirée. Il referme la fenêtre. Il met la bouilloire. Il cherche du sucre comme s’il vivait ici. Il pose un mug devant moi. Il dit :

— Je reste.

Je hoche la tête, comme si on venait d’échanger des vœux. La bouilloire se tait. Le thé sent la menthe et la pharmacie. Je bois. Le liquide brûle. Parfait.

Ensuite, on se met au travail, bizarrement. Mode admin. Quand la réalité est un mur, on monte des étagères.

— Il faut que je… préviens la tante. Et l’oncle. Et…

— Je suis là, dit Milo. Dis-moi des noms.

Je dis des noms. Mes doigts tapent mal. J’envoie un message trop nu : “Appelle-moi.” Le téléphone sonne cinq secondes plus tard, Tante Jo. Sa voix a la densité d’un coussin. Je répète l’histoire comme on redonne une adresse à un taxi qui n’écoute pas. Elle souffle comme une bouilloire.

— Je viens. Tu… tu viens aussi, hein ?

— Oui.

Je ne sais pas si c’est vrai. Mais je le dis. Milo prend mon carnet, il écrit Billets train ? avec un point d’interrogation qui ressemble à un parapluie. Je coche mentalement des cases imaginaires. Je rate la case pleurer. Je la remets à plus tard, dans le même tiroir que rappeler la banque.

On allume l’ordinateur. La lumière bleue fait un bruit dans ma tête. Je tape des dates, je rate mon prénom, je remplis des formulaires. Le site des chemins de fer me demande si j’accepte les cookies. Je réponds oui à tous, qu’ils viennent, qu’ils s’installent, qu’ils fassent des miettes. Il me faut un code reçu par SMS… qui n’arrive pas. Je tape “Renvoyer”. Rien. Je tape “Renvoyer” encore. La machine me punit avec un captcha : “Sélectionnez toutes les images avec des feux tricolores.” Je choisis trop. Je recommence. Finalement, le billet se matérialise avec son prix qui pique les yeux. Milo dit qu’il paye, je dis non, il dit qu’on en reparle plus tard, ce qui veut dire oui.

— Je te fais un sac minimum : chargeur, sweats, chaussettes, dentifrice.

— Non. Oui. Je sais pas.

Il sourit, triste. Il met des trucs dans un sac comme un joueur d’échecs qui connaît l’ouverture par cœur. Je tourne en rond, littéralement : je fais un tour complet de la table, j’évite le ficus, je fais un autre tour. J’ai mal aux jambes comme si j’avais couru. C’est mon cerveau qui fait du sport sans moi.

Le téléphone sonne : Numéro hôpital. Je décroche. Une autre voix, plus grave, me demande si je veux venir demain pour rencontrer “l’équipe” et “voir avec le médecin légiste”. Le mot légiste m’arrive comme un truc froid sous la chemise.

— Oui, dis-je. (Je dis beaucoup oui ce soir. C’est un bug.)

— On vous détaillera les démarches. Il faut penser aux autorisations, aux certificats, à l’entreprise de pompes funèbres.

— Oui.

— Avez-vous des questions ?

J’aimerais demander si on peut faire autrement. À la place :

— Est-ce que… est-ce qu’ils ont souffert ?

Silence. Puis une phrase que la voix a dû apprendre par cœur pour ne pas trembler.

— L’accident a été très rapide.

Je remercie encore. Je coupe. Je dis à Milo :

— Il faut une entreprise funéraire.

— On va… ok. Je google.

Il tape pompes funèbres Saint-Clair. Il y a des noms qui sonnent à la fois sérieux et absurdes, Sérénité, Horizon, Éternam. Je choisis celui qui ne me donne pas envie de hurler. On appelle. Une dame répond avec une douceur professionnelle. Elle parle d’organisation, de “prendre en charge”, de “vous accompagner”. Le mot revient beaucoup. Prendre en charge quoi, au juste ? Moi ? La dame propose un rendez-vous. Elle pose des questions auxquelles je ne sais pas répondre. Marbrerie ? Cérémonie religieuse ou civile ? Musique ? Je voudrais dire la radio de mon père qui grésille et la voix de ma mère qui rit. Je dis je ne sais pas. On fixe quand même une heure. C’est fou tout ce qu’on peut prévoir sans être vivant.

Il est 22h passées quand la journée recommence à l’envers. Je n’ai pas faim, ce qui est suspect chez moi. Milo commande des soupes. Il met un film en arrière-plan, sans son, pour que les images fassent semblant d’être une vie. Il reste, en face, à portée de main, sans s’imposer. Je colle mon front contre la tasse chaude. J’attends que ça imprime.

Messages qui tombent, maintenant que la tante a prévenu : on est là, je suis désolé, si tu as besoin de quoi que ce soit. Je réponds merci en série. Quelqu’un écrit courage. J’aimerais répondre non. Je mets le téléphone face contre table. Je le retourne. Je le remets face contre table. C’est un poisson rouge que je libère et que je remets dans le bocal toutes les dix secondes.

Je vais dans la salle de bain. Le miroir a un filtre fatigué. Je m’asperge d’eau, comme si j’avais couru. J’attrape un t-shirt au hasard. Je le renifle (réflexe idiot). Il sent la lessive et un peu le gyoza d’hier. Je l’enfile. Je cherche mon passeport. Il n’est pas dans le tiroir où j’ai décidé qu’il serait toujours. Panique minuscule. Je trouve le passeport dans la poche d’un manteau. Victoire à trois points. Je me félicite à voix basse. Je redeviens une personne pendant cinq secondes.

Minuit moins quelque chose. Les voisins se taisent. La ville se replie. Milo déplie le canapé comme on dresse une tente. Il me tend une couverture en polaire qui fait du bruit de papier cadeau. Je m’allonge sans négocier. Je regarde le plafond. Les petits points dans la peinture deviennent des constellations. Si je trace les lignes, j’obtiens un ficus sidéral. Tout revient au ficus, apparemment.

— Tu dors ? chuchote Milo.

— Non.

— Tu veux que je mettes un minuteur pour le réveil ?

— Mets-en trois.

Il met trois réveils : 6h, 6h10, 6h20 — triple assurance. Je ferme les yeux. L’instant d’après, ils s’ouvrent. Je vérifie que mon téléphone est chargé. Je le branche. Je re-vérifie. L’air est trop sec. Je me lève, je bois à même le robinet (eau tiède, dégoût assuré). Je retourne au canapé. Je me cramponne à la couverture comme à une main.

À un moment, je m’endors quand même. Les réveils sonnent, comme des coqs urbains. Premier, je le tue. Deuxième, je le négocie. Troisième, je capitule. La nuit a laissé un goût de métal. Ma bouche est sèche. Mon cœur fait des pas rapides.

Je passe sous la douche sans sentir la température. Je mets le t-shirt qui a l’air le moins urgence. Je coiffe mes cheveux en leur expliquant qu’on a un train à prendre et pas le temps pour l’anarchie. Milo me tend un sac. Il a pensé au chargeur. Héros.

— On y va ? dit-il.

— On y va.

Dehors, la ville a un brouillard de bouilloire. Le tram arrive pile quand on est sur le quai — miracle qu’on n’applaudit pas. Les gens ont des têtes de lundi même si on est… quoi ? Mardi ? Le temps a perdu sa légende.

Pendant le trajet, je fais des trucs utiles. Je réserve un taxi à l’arrivée. Je vérifie dix fois le QR code du billet. Je réponds à trois messages avec la même phrase polie. Je relis la check-list de la dame des pompes funèbres, où j’ai copié des mots qui piquent : cercueil, autorisations, signatures. Je respire en carré parce que quelqu’un sur Internet dit que ça marche : quatre secondes inspiration, quatre secondes bloc, quatre secondes expiration, quatre secondes bloc. Au bout de deux carrés, je suis en colère contre le carré.

— Tu veux ma musique ? propose Milo, qui s’est transformé en application de bien-être minimaliste.

— Non, merci.

— Tu veux du silence ?

— Oui. Non. Pardon.

— T’inquiète.

Le train part avec ce bruit de ferraille rassurant. Je regarde par la fenêtre un film où les arbres font semblant de courir. Je pense à hier, à 19h. Au moment exact où j’ai appuyé sur Appeler et où un autre téléphone a sonné, là-bas, dans une pièce trop blanche. Les deux gestes qui se croisent sans se toucher. Je serre les dents. Les larmes montent, repartent. Elles ont leur vie.

On arrive. L’air de Saint-Clair a l’odeur de la rivière et du vieux diesel. La gare est petite, on dirait une maquette montée trop vite. Un taxi nous prend, banquette qui colle. Le chauffeur a une moustache qui appartient à un autre siècle. Il met France Info. Les mots parlent d’inflation, de météo, de foot. Ils passent à travers moi en douceur.

Devant l’hôpital, on dirait une grande boîte de gels douche. Les portes automatiques font pschitt comme si elles soupiraient. Le hall brille. Des gens attendent sans y croire. On nous indique le service. Ascenseur. Couloir. Une salle où l’heure s’effiloche. On nous fait asseoir. Une dame au tailleur sobre nous explique, dossier à la main. Elle dit encore accompagner. Je regarde sa bouche. Elle dit des horaires, des lieux, des numéros. Je dis oui avec professionnalisme.

Puis, une petite pièce. On me laisse cinq minutes avec des objets qui ne savent pas qu’ils sont devenus importants : un sac à main, des lunettes, une écharpe avec un fil tiré. Je touche l’écharpe du bout du doigt. Elle a l’odeur de ma mère le dimanche : lessive + parfum approximatif + gâteau. Mon ventre chute. J’appuie mon front contre mes mains. Je m’attendais à pleurer comme dans les films. Je reste sec. Je me déteste un peu. Puis une larme arrive, seule, très décidée, et elle trace une ligne droite jusqu’au menton. Je lui dis bravo. Elle n’écoute pas. D’autres suivent. Je fais ok. Le corps décide enfin de participer.

Quand je ressors, le couloir est le même, ce qui est une trahison. Milo est là. Il me donne une bouteille d’eau. Je bois trop vite. J’ai mal au ventre. On signe encore. On prend encore des numéros. On fixe la cérémonie pour samedi. Le mot samedi se coince entre mes dents. C’est un jour de marché. Pas un jour pour ça.

En fin de matinée, on sort s’asseoir sur un banc. Il fait froid, mais l’air a plus d’oxygène dehors. Milo me tend un sandwich triangle qui prétend être au poulet. J’en mange la moitié sans savoir si j’aime. Une feuille de ficus s’est accrochée à mon manteau — je ne sais pas comment elle a fait, c’est un ninja. Je la pose sur ma cuisse comme un badge. Je ris, une petite secousse. Milo me jette un coup d’œil. Il rit aussi, bref. On dirait un hoquet.

— Tu veux voir ta tante ? dit-il.

— Oui.

On marche jusqu’à la maison de ma tante. Elle m’ouvre avec des bras trop grands. Elle pleure dans mon cou et je pleure dans ses cheveux. Elle sent la cannelle. Elle dit des phrases cassées. Moi aussi. On s’assoit autour d’une table en bois où quelqu’un a déjà posé des petits gâteaux, parce que c’est ce qu’on fait dans ce pays quand la mort entre : on met des petits gâteaux. On parle de choses pratiques à voix basse. On dit c’est pas possible et si. On trie les “qui prévenir” : la voisine, le cousin, le vieux collègue, la dame du club de lecture. La liste devient trop longue, on l’arrête comme on coupe une branche.

L’après-midi s’étire, papier bulles. Je vais à l’appartement de mes parents avec ma tante. Tout est à sa place, ce qui est indécent. La radio de mon père repose sur la table, ventre ouvert, tournevis à côté. Le temps s’est arrêté hier. Ma tante pose sa main sur l’outil.

— Il disait toujours qu’il allait la faire chanter jusqu’à ses 100 ans.

Je hoche la tête. Le silence fait du bruit. Dans la cuisine, un post-it sur le frigo : “N’oublie pas d’arroser la plante.” Maman a une ironie cosmique impeccable. La plante (une vraie jungle, elle, pas un ficus timide) me regarde avec méfiance. Je l’arrose comme on lit un poème.

Je prends un pull dans l’armoire. Il a l’odeur de mon père, tabac arrêté mais souvenir tenace, savon simple, vent. Je le mets. Il me va comme un costume d’emprunt mais il me tient bien. Milo m’envoie un message : “Je passe prendre des vêtements de plus ?” Je réponds non, puis oui, puis on verra. J’apprends la langue du deuil : le on verra est la préposition par défaut.

La journée se finit comme elle a commencé : par un téléphone. C’est l’entreprise funéraire : “Nous pouvons nous charger du transfert ce soir. Demain, on se voit pour les choix.” Les choix me font rire au mauvais endroit. Je dis d’accord. On fixe une heure. Ma tante s’occupe du café pour les gens qui passeront. Je veille à rien, concrètement. Je veille à être là, vertical.

Le soir, de retour dans le petit appart où je dormais ado quand je venais, je m’allonge sur un lit trop court, pied qui dépasse comme dans un dessin. Je n’ai pas la force de penser, mais les pensées pensent toutes seules, insolentes. À 19h, je vois mon écran mental : Appeler. Je vois ma main d’hier. Je vois le café de la table. J’entends la voix. Je serre le drap. Je respire lentement. Je compte les fissures du plafond. J’essaie un sourire pour vérifier si le muscle marche encore. Il marche un peu. C’est déjà ça.

Je n’éteins pas mon téléphone. Je le pose sur la table de nuit. Je ne veux pas de surprises, je les ai toutes eues.

Avant de fermer les yeux, je dis à haute voix, pour la première fois depuis l’appel :

— Je dois rentrer.

Les mots font un bruit net dans la pièce. Ce n’est pas “fuir”. Ce n’est pas “oublier”. C’est rentrer chez eux et rentrer en moi. Deux directions en même temps. Je cligne. Le sommeil arrive par morceaux. Le monde se replie. Le ficus n’est pas là, mais je crois sentir son regard sage. Demain, on continuera la liste. Ce soir, je garde la place.

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