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OSS-16

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article 378
Par Rimeko

Votre lampe de proue s’éteint, se rallume, s’éteint, ne se rallume plus. À moins que vous n’ayez simplement fermé les yeux. Qu’importe ; il ne vous appartient plus de voir, susurrent les ombres qui vous entourent, vous encerclent, vous étouffent.

L’océan sans soleil referme ses implacables mâchoires.

Vos os pressent contre votre peau, tendue jusqu’à la déchirure, vos nerfs s’enroulent et vos veines grouillent en dessous. Vous maudissez les dieux et les vagues, les ténèbres et les monstres. Vous maudissez votre propre folie et le sel cristallise sur votre langue, scelle vos lèvres. Une offrande rouge, réclame l’équipage. Pour les tisseuses du destin. Pour la mort.

Le bruit du coutelas rituel qu’on dégaine, que vous acceptez, puis le baiser de la chair et d’une lame. Sang et air et peau et un cri qui se noie dans les bouillons de sa vie puisque la mort ne vient pas. Mais rien n’écoute ; vos muettes prières rouges s’enchevêtrent dans la toile des ténèbres et rien ne répond. Il n’y a plus d’horreur qui puisse acheter votre salvation.

Des ongles, vos chevilles. Votre nom. Le monde réapparaît comme un cordage qui cède, kaléidoscope fou d’éclats de terreur, un cauchemar en cathédrale. À son masque, vous reconnaissez le couturier qui rampe à vos pieds et vous pensez que même lui aura bien du mal à raccommoder les ruines de sa gorge. Votre navigateur rit, bas et sourd, et la contremaître crie. Des relents de sang et d’excréments vous étranglent. Vous vacillez. L’Orphée plonge au creux d’une vague.

Des miroirs dans l’eau. Des yeux dans le ciel. Des bouches dans le noir.

Un cœur derrière vos côtes, un autre dans votre estomac. Ils battent encore. Des fragments de voix éventrent le silence. Métal et sel dans votre bouche. Le noir n’a pas de fin, la mort a fui ces abysses où vous sombrez. Devant vous, qui n’avez plus d’yeux, se lève un astre rouge. Vous avez goûté à la chair humaine et elle se refuse à mourir. Ongles et esquilles d’os labourent vos entrailles.

La nuit. La mort. Si ce n’est du corps, alors de l’âme.

Vous êtes perdus.

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