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Chapitre 21 : Goutte à goutte

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Par Bleiz

Ils avaient gravi la Voie blanche, traversé les canaux d’Émeraude, passé les champs et les bois. Mirage avait mené la marche d’un pas rapide – léger pourtant, si léger, l’air l’accompagnait, portait ses pas, ni la distance ni les hauteurs ne le gênaient – sans cesser de parler.

— Tu lui diras ce que tu as vu, lui répétait-il. Ou, si tu préfères, je parlerai. Elle finira bien par nous écouter !

Ojas avait acquiescé à chaque fois, suivant la nuque blanche qui le guidait. Il n’y avait plus personne, ou presque ; la journée s’annonçait chaude et chacun s’en abritait du mieux qu’il pouvait. La sueur coulait sur la tempe d’Ojas, roulait dans sa barbe. Il devait s’humecter les lèvres pour ne pas tousser dans la poussière. Quelques hommes, quelques femmes étaient encore dans les blés. Ils n’étaient que des silhouettes brunes dans l’or ondulant qu’ils traversaient. Eux ne voyaient qu’une grande figure en coton blanc et vert et un homme au profil blanc de lune, surmontée d’une tête noire et brillante.

— Demande à tes dieux de lever le vent, lui avait lancé le jeune homme en le voyant déglutir avec difficulté.

— Ils ne m’entendent pas, lui avait-il rétorqué. Ils sont trop loin.

— Essaye quand même, avait insisté l’autre avec un sourire mi-moqueur, mi-sincère.

Le front de Mirage luisait d’une transpiration fine comme de la brume. Ses manches retroussées rebondissaient sur ses coudes au rythme de sa marche.

— Allez, Ojas. Montre-moi comment tu pries !

— Toi, essayes. Peut-être qu’ils t’écouteront.

— Moi, je ne prie pas.

— Jamais ? avait demandé le charpentier.

Mirage avait détourné le regard.

— Jamais, avait-il dit, et il n’avait pas reparlé depuis.

Ojas n’avait pas insisté.

Les hautes grilles de fer apparurent enfin au milieu des pins. Ojas respirait déjà plus facilement : l’air embaumait de sève et de soleil caché par les feuillages, de terre foulée par les chevaux et les jardiniers, des fleurs qu’il apercevait dans la cour encore lointaine de la villa Volindra. Devant les portes du domaine, un seul garde veillait.

Mirage, capuche rabattue à regret, jaugeait l’homme en armes. Ses lèvres roses étaient plissées dans cette moue observatrice qu’il arborait toujours lorsqu’il réfléchissait. Ojas le laissa faire un instant, trop content de reposer encore un peu dans la fraîcheur du sous-bois, jusqu’à ce que le silence ne l’inquiète. Mirage muet était, de son expérience, rarement bon signe.

— À quoi tu penses ?

— À comment rentrer, lui répondit le jeune homme du tac au tac.

— Eh bien, en lui demandant, non ? fit Ojas en désignant le soldat aux manches noires et or.

Mirage s’arracha à ses pensées pour lui jeter un regard sceptique.

— Je suis déjà venu, expliqua le charpentier. Il me reconnaîtra, ou un autre de ses collègues. Au pire, j’ai toujours ça.

il sortit de sous sa chemise le cordon de cuir où se balançait la chevalière de Chidera. Étrangement, Mirage fronça les sourcils.

— Je peux m’en occuper, sinon.

— T’occuper de quoi ? demanda Ojas avec un demi-sourire incrédule. Il n’y a rien à faire.

— Je peux t’aider, c’est tout ce que je dis, lança le jeune homme.

Ses mains s’étaient croisées dans son dos, il se balançait d’un pied sur l’autre. Ses yeux allaient de ceux d’Ojas à ses pieds, l’examinant tout entier comme si le moindre frémissement pouvait détenir un indice à un mystère dont Ojas ignorait tout.

— Ce que je veux dire, lâcha-t-il sans cesser de scruter l’expression du charpentier, c’est que si besoin, tu peux compter sur moi. Je peux t’être utile.

Ah, encore, encore et toujours ces yeux comme des lacs noirs ! Des étoiles et des feux qui enflammaient leur surface, des milliers d’étincelles prêtent à s’embraser comme des feux de forêt. Ojas hocha la tête :

— Je sais, l’assura-t-il. Je te fais confiance.

Et Mirage, rasséréné, sembla le croire.

Ils allèrent jusqu’au grillage, appelant le garde d’un signe. Celui-ci se redressa en voyant les deux inconnus, jusqu’à ce qu’Ojas ne brandisse le sceau de Chidera :

— Excusez-moi ! Nous devons absolument voir la jeune dame. Je suis représentant de quartier et voici mon… mon assistant. C’est très urgent.

L’homme en armes se pencha avec suspicion vers la bague, la tritura un instant, avant que ses sourcils ne se haussent :

— Qu’est-ce qu’un type comme toi fait avec un truc pareil ?

— La dame m’a chargé de, de… De discuter avec d’autres représentants pour, eh bien, préparer la prochaine réunion du Conseil pourpre, bafouilla Ojas.

— Il est impératif que nous lui parlions, ajouta Mirage avec dureté. Maintenant.

— Vous pouvez me dire à moi, et je transmettrai, rétorqua le soldat.

— Non, répondit aussitôt Mirage d’une voix pleine de venin. Les « types » comme nous ne communiquons pas ce genre d’informations aux « types » comme toi.

Il serrait le pli de sa capuche entre ses doigts. Il attendait, réalisa soudainement Ojas, que l’autre réagisse et lui donne une bonne raison de révéler son visage.

Le charpentier plaça sa main sur son épaule ; Mirage sursauta.

— Nous ne voulons pas d’ennui, dit Ojas de sa voix la plus apaisante. Mais si nous ne pouvons pas rencontrer la jeune dame, alors nous devrons partir, et je devrai lui donner le nom de ceux qui nous ont empêchés de la voir.

Le garde grimaça, mi-figue, mi-raisin. Après l’avoir observé de la tête aux pieds une dernière fois, il déclara au charpentier :

— Ça va, j’ai compris. Maza ! aboya-t-il en se tournant vers le muret.

Un jeune homme en armes, presque un adolescent, sursauta de derrière l’enceinte de pierres ; il se précipita jusqu’à son collègue qui lui dit :

— Prends ma place, je dois emmener ces deux-là auprès de la dame Chidera. Vous deux, suivez-moi… Et bonne chance à vous si vous m’avez menti.

Il poussa la grille de fer et s’engagea dans l’allée principale, les deux hommes derrière lui.

— C’était quoi, ça ? chuchota Ojas à son compagnon.

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

— Mirage, arrête de me prendre pour un idiot.

— Ce n’est pas le cas ! siffla l’autre, aussi choqué qu’offusqué.

— Tu t’apprêtais à faire quoi, exactement ? Retirer ta cape et battre des cils pour le convaincre de nous laisser passer ?

Le visage de Mirage se tordit en une grimace rageuse.

— Retire-ça tout de suite.

— Dis-moi ce que tu comptais faire, alors ! Parce que c’est la seule explication qui me vienne en tête !

Mais Mirage ne répondit pas. Il ne mordit pas à l’hameçon qu’avait jeté Ojas en désespoir de cause, préférant lui jeter un regard de dédain avant de s’enfermer dans le silence. Ojas le laissa faire. Se bousculaient dans sa tête des bribes de contes pour enfants et de mythes descendus du temple, sur des êtres aux pouvoirs étranges, sur des monstres capables de séduire les voyageurs perdus, sur les dieux au charme tout-puissant. Lentement, une vision trouble faisait son chemin dans son esprit, mi-fumée, mi-sable. Il ne comprenait pas encore, mais bientôt, il saurait. Il ne savait s’il devait s’en réjouir ou la fuir.

La villa Volindra était aussi élégante et opulente que lors de sa dernière visite. Ojas reconnaissait ici la peinture, là les gravures dans les lambris en chêne. Pourtant l’air lui parut plus lourd que la dernière fois, les couloirs moins vivants. Les serviteurs qui coulaient entre les portes et aux détours des escaliers murmuraient plus qu’ils ne parlaient.

Le flot ininterrompu de gens en coton noir et aux broderies dorées dardait ses cent yeux sur lui et lui ployait la nuque. En se forçant, il pouvait imaginer que ce n’était pas là des personnes mais plutôt les rochers de la baie, noirs d’eau froide et couverts de lichens couleur soleil brûlé. Si leurs pieds se glissaient non loin des siens, frôlaient sa hanche, alors ils devenaient lézards de son enfance fuyant les doigts curieux des apprentis-charpentiers récupérant le bois de l’entrepôt. Bientôt les chuchotements disparurent, ne laissant derrière eux qu’un souffle chaud qui lui collait aux poumons.

Ils atteignirent le troisième étage. Dès lors, ils ne rencontrèrent plus que des servantes : elles devenaient plus pressées, leurs bras se chargeaient de boîtes, d’onguents et de bobines de fils. Elles échangeaient à voix basse et trottinaient d’une pièce à l’autre. Le garde chuchota quelque chose à l’oreille d’une matrone aux boucles noires et grises et aux bras chargés de carrés de soie chatoyants. Le garde fit alors demi-tour, non sans leur avoir glissé un sarcastique :

— Bon courage.

Et la servante les guida jusqu’aux appartements de Chidera.

Ceux-ci étaient grand ouverts : s’en échappaient des voix de femmes, pluie d’ordres, d’assentiments et de questions. De là où il se trouvait, Ojas apercevait un essaim de servantes et une figure, enveloppée de bleu pâle, au milieu d’elles.

— Dame, vos visiteurs sont là, annonça la femme qui les avait guidés.

Le silence se fit. Toutes les femmes tournèrent la tête d’un même geste, dévisageant les intrus. Ojas se rappela ses sœurs et les nombreux moments où elles l’avaient chassé de leurs jeux, une fois qu’elles s’étaient déclarées trop grandes pour être surveillées.

— Ah, fit Chidera au milieu de ce chœur. Entrez !

Une petite estrade ronde avait été installée au milieu de la pièce, et Chidera, dans une impressionnante robe bleue et blanche, s’y tenait. Le tissu miroitait sous le soleil des larges fenêtres ; ses plissés remontaient de sa hanche pour se jeter sur son épaule et retombaient dans son dos comme une vague. La mousseline et les perles jouaient l’écume qui, dégringolant jusqu’à ses pieds, dévoilaient le tracé de ses longues jambes, révélaient un pied brun dans une sandale beige.

À l’invitation de leur maîtresse, les servantes se remirent à piquer l’étoffe de leurs épingles, ajustant l’ourlet, rabattant un pan d’étoffe pour lui donner plus de volume. Toutes ces mains dansant sur le tissu rappelèrent à Ojas les femmes qu’il connaissait depuis toujours, tantes, voisines, amies, creusant le sable à la recherche de palourdes et de petits poissons. Elles aussi plongeaient leurs doigts dans la mer – mais ce n’était pas la mer ici, ce n’était que du satin bleu qui coulait de leurs aiguilles, et leurs mains n’étaient pas craquelées comme celles de sa mère.

Elle était belle ainsi, Chidera, sous cette lumière de mi-journée qui transperçait les diamants à ses oreilles, tellement qu’il en oublia presque la tristesse confuse qui l’étouffait. Vraiment, elle rayonnait, l’héritière des Volindra. Elle était à la hauteur des espérances de Galatéa. Ojas la voyait déjà glissant un regard complice à un ami, dansant gracieusement avec l’ambassadeur des Landes sous les regards admiratifs de l’assistance. Elle serait le joyau de la soirée.

D’où alors venait cette tension qu’il sentait ? Pourquoi cette lueur fixe dans son regard, comme si elle était sur ses gardes ?

— Eh bien, Ojas ? lui lança-t-elle en se retournant vers le miroir. Qu’y a-t-il de si urgent ?

— C’est-à-dire que… commença-t-il, les mots disparaissant sous ses pensées.

— Nous avons fait comme tu nous l’avais ordonné, fit soudain Mirage. Comme prévu, il n’y avait aucune trace récente de nos amis.

Bien sûr que Mirage savait comment se débrouiller dans ce genre de situation. Il était capable de mentir, lui, de faire passer des messages subtilement. Ojas s’en sentit reconnaissant. Agacé, aussi.

— Rien de surprenant, répondit Chidera d’un air désintéressé.

— Mais, ajouta-t-il, l’air de rien, ils ont eu la bonté de nous laisser un petit mot.

Le visage de Chidera resta impassible ; ses yeux, en revanche, se détachèrent de son reflet pour se poser sur le jeune homme encapuchonné. Instinctivement, Ojas se rapprocha de lui. Il y avait dans le regard de Chidera un feu nouveau qu’il ne reconnaissait pas. Ce n’était pas l’excitation d’avoir fait un progrès, ni la crainte de ce qu’elle s’apprêtait à entendre. Il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus, mais une chose était sure : quelque chose n’allait pas.

— Et ? reprit la Volindra en laissant une couturière ajuster son bras comme celui d’une poupée. Que disent-ils ?

— Qu’une partie d’entre eux sont retournés chez eux, de peur de ce qui allait leur arriver s’ils restaient. Il faut dire que les rues de Galatéa ne sont pas sûres, ces temps-ci…

Chidera fronça légèrement les sourcils.

— Est-ce vrai, Ojas ?

— Oui, acquiesça-t-il aussitôt. Je l’ai lu, moi aussi.

À quoi pensait-elle ? Ojas était incapable de le deviner. Il y avait encore ce froid dans son attitude qu’il n’arrivait pas à placer. Elle eut un geste, et les mains des couturières s’arrêtèrent en plein vol.

— Laissez-nous.

La pièce se vida sans un mot. Enfin, ils furent seuls.

Chidera, les surplombant de son estrade, prit le temps de pincer son jupon et le souleva précautionneusement. Elle descendit les trois petites marches dans un frisson de soie.

— C’était bien la peine de les garder ici aussi longtemps, si c’était pour les chasser comme ça, persifla Mirage en retirant sa capuche d’un coup sec.

— Je suis extrêmement occupée ces temps-ci ; je n’ai pas le temps de tenir des audiences privées pour n’importe qui et à n’importe quelle occasion. Navrée de t’avoir déçu… Mirage, c’est ça ? fit Chidera en rangeant une boucle derrière son oreille.

Le jeune homme plissa les yeux. Ojas intervint aussitôt :

— Pardon de vous déranger. Je sais que ce n’était pas très… poli, de venir ainsi. Mais vous voyez bien la gravité de la situation.

Il déglutit, chercha ses mots. Il finit par dire :

— Je vous ai envoyé des lettres, pour vous prévenir. Vous ne les avez pas reçues ?

— Si, je les ai reçues, soupira la jeune femme.

— Alors pourquoi… ?

— Parce que je n’exagère pas quand je dis que je suis débordée, répliqua-t-elle sèchement.

Un éclair de culpabilité traversa aussitôt son visage, écho de la surprise sur celui d’Ojas. Mirage en profita pour lâcher :

— Les négociations se passent donc aussi mal que ça.

Le silence de la jeune femme était toute la réponse qu’il leur fallait. Elle voulut passer une main lasse sur ses paupières, mais sembla se rappeler au dernier moment qu’ils étaient cernés de khôl. Elle finit par masser ses tempes avec ses phalanges, et reprit d’un ton volontairement maîtrisé :

— J’ai bien lu tes messages, Ojas. Je me doutais qu’il s’agissait de quelque chose d’important, mais je n’avais aucune opportunité pour te faire venir. J’ai des raisons de croire que la villa est surveillée.

— Par qui ?

— La délégation, bien sûr, mais je n’exclue pas les autres grandes familles.

— Quelle ambiance ! s’exclama Mirage en se laissant tomber dans un fauteuil. C’est un miracle que cette cité soit parvenue à garder un secret pareil avec de telles animosités.

— Oui, concéda Chidera en dévisageant froidement le jeune homme. Il faut dire qu’il est toujours difficile de savoir ce que veulent vraiment les uns et les autres.

— L’Empire refuse de signer le traité ? demanda Ojas, la gorge serrée.

— L’Empire refuse toute proposition qui ait un tant soit peu de sens ! Ils nous font perdre notre temps, probablement pour nous forcer à céder à leurs exigences…

— Que dit dame Léonide ?

Chidera haussa les épaules, les yeux perdus sur les livres de sa bibliothèque. Ojas n’osa pas aller plus loin. Alors il demanda :

— Et le carnet… ?

— Quel carnet ? répéta Mirage.

— Rien, répondit Chidera en secouant la tête. Aucun élément utilisable pour l’instant.

Mirage lança un coup d’œil interrogateur à Ojas, qui aurait bien expliqué si Chidera ne s’était pas exclamée :

— Pour l’heure, la seule solution que je vois est de débloquer les négociations avec l’Empire d’une manière ou d’une autre. Surtout si les dieux sont… Ils sont partis de leur plein gré, parce qu’ils craignaient quelque chose ?

— Perlez et Ashtar, au moins, confirma le charpentier. Ils ont dit qu’ils « rentraient chez eux ».

Chidera s’assit gracieusement sur une banquette en velours, songeuse.

— Peut-être que Maen, Andon et Heol sont encore dans les parages. Mais de toute manière, le temps joue contre nous ici.

— Tu vas abandonner ? lança Mirage du fond de son fauteuil.

Ojas ne comprenait pas comment il parvenait à paraître aussi à l’aise dans un tel endroit et de telles circonstances. Chidera, elle, n’en paraissait pas surprise, bien que visiblement contrariée par son attitude.

— Non, lui dit-elle avec calme. Seulement il faut, nous aussi, que nous trouvions d’autres pistes. J’ai peut-être une idée pour faire avancer les discussions avec la délégation, mais je doute que le bal de ce soir me laisse une chance.

— Comment ça ?

— Vu l’état des choses, tout le monde sera aux aguets, et il sera impossible de vraiment parler avec qui que ce soit.

— Dans ce cas, suggéra Mirage en glissant son poing sous son menton, il faudrait peut-être une diversion.

La Volindra et le jeune homme se fixèrent en silence. Ojas les observa tout à tour, perdu, conscient qu’il se passait là quelque dialogue secret qu’il ne saisissait pas. Il n’osa pas parler, de peur de rompre cet échange muet auquel il n’avait pas droit de prendre part. « Qu’est-ce qui se passe ? » voulait-il hurler. Sa langue était de plomb, un peu plus lourde au fur et à mesure que le silence s'étirait. « Pourquoi est-ce que personne ne veut me dire ce qui se passe ? »

La voix de Chidera s’éleva soudainement :

— Dis-moi Ojas, que dirais-tu de te joindre à moi ce soir ?

Ojas crut avoir mal entendu.

— Ce soir… ?

— Oui, ce soir, répéta l’héritière en se tournant vers lui. Accompagne-moi au bal.

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