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La tortue prise dans un éboulement

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article 278
Par Ewen

Au pied d’une montagne vivait une tortue serpentine, une de ces tortues que l’on dit « hargneuses ». Celle-ci, comme beaucoup de ses congénères, avait un bon fond (très certainement), mais il ne paraissait que rarement tant son caractère était exécrable. Cette tortue avait par ailleurs choisi de vivre en ermite et évitait à tout prix le moindre contact social.

Un jour cependant eut lieu un grand éboulement sur le flanc de la montagne. La tortue, en train de chercher un endroit où nidifier, fût emportée et recouverte de pierres. Par miracle, elle n’eût que quelques blessures superficielles ; l’ennui, c’est qu’elle était coincée : seule sa tête dépassait de l’amas de roches qui la recouvrait.

Les animaux alentour, ayant vu ou entendu l’éboulement, accoururent pour aider les rescapés. La tortue, les voyant venir, chercha à s’extirper par tous les moyens avant qu’on n’arrive à son niveau. En vain. Lorsque des pattes amicales cherchèrent à la dégager, elle les mordit tour à tour. Impossible de l’approcher sans craindre d’y laisser un doigt. On tenta de la convaincre de se laisser aider, mais la tortue grondait au point de faire résonner la cavité dont elle était captive :

— Je ne veux pas de votre aide ! Je n’ai jamais eu besoin de l’aide de personne ! Je me sortirai de là toute seule !

Les animaux la laissèrent donc se débrouiller seule, puisqu’il ne pouvait en être autrement.

Cette fable peut se réduire

À quatre vers, que je vais dire :

La tortue coincée, mais bornée,

Mord qui s’approche, attend, bougonne.

Rien ne nous sert de raisonner

Ceusses-là qui déjà résonnent.

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