Deux chats sans domicile s’étaient liés d’amitié. Le premier était un Tiffany blanc qui avait longtemps vécu en appartement, le second un chat de gouttière, tout gris. Le premier suivait l’autre et apprenait grâce à lui à chasser sa nourriture.
Un soir, en périphérie de la ville, les deux compères trouvèrent un bistrot de bord de route et décidèrent de fouiller ses poubelles. Le chat de gouttière, en s’approchant, vit un rat mort au pied des conteneurs. Le Tiffany s’apprêtait à bondir dessus, mais le chat gris l’en empêcha :
— Ce rat ne m’inspire pas confiance. Il pourrait être empoisonné, dit-il à son compagnon.
— Mais nous n’avons pas mangé depuis des heures ! Tu as une meilleure idée ?
— Oui : si nous passons ce talus et fouillons la ronceraie, nous devrions à coup sûr trouver d’autres rongeurs.
— Traverser ces orties et chasser à travers les ronces ? Très peu pour moi, répliqua le chat blanc.
— Alors garde ton rat, conclut le chat gris. Je préfère la piqûre d’une ortie ou d’une ronce à celle du hasard.
Comme le montre cette fable, il existe parmi nous des gens qui, entre la peste et l’eczéma, choisiraient vraisemblablement la peste, parce qu’elle ne donne pas de boutons.
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