Salut Anatole,
Finalement, on n'aura pas eu le temps de reparler de ce qu'il s'est passé la dernière fois. Ça me semble si loin déjà ! Je n'ai pas trop compté les jours, surtout les premiers. Tout semble tellement irréel et, en même temps, bien trop précis pour l'être. Je ne sais pas, ça fait une semaine que je suis ici ? Peut-être plus ? C'est bientôt mon anniversaire, non ? Ou alors le temps ne passe pas pareil chez nous et dans ce monde ?
Tu imagines ça, j'ai voyagé dans un autre monde. Incroyable, non ? En vrai, ce n'est pas aussi bien que dans les livres. Ou, en tout cas, pas aussi confortable que quand on lit bien au chaud sous un plaid pendant que les personnages se démènent. Ce n'est pas que j'ai mille choses à faire, ici, mais je suis complètement perdue. Et puis vous me manquez. Et puis il n'y a pas de pâte de speculoos (bon d'accord c'est pas le plus important, mais quand même).
J'ai essayé quelques trucs pour rentrer : aller dans les spires pour faire un pas sur le côté (échec cuisant, je me juste fait mal à la tête à force de concentration), trouver une ouverture dans toutes les armoires que j'ai rencontré (il m'en reste une à essayer, mais c'est le buffet à vaisselle, j'ai peur de tout casser), piquer un couteau pour essayer d'ouvrir un passage (échec, je suis juste passée pour une folle. Tu crois que ça marche seulement avec le couteau de Lyra ?). Il me reste à essayer de me faire foudroyer. Tu penses que c'est une bonne idée ?
Ou alors c’est le vent, et ça a un rapport avec ce qu’il s’est passé au collège. Je me dis que ça peut être ça comme c'est LE truc bizarre qui est arrivé avant que je débarque ici. Mais même si ça a un rapport, je ne comprends pas du tout lequel. Et, forcément, depuis, plus rien. Il y a bien quelques rafales de temps en temps qui agitent les bateaux du port, mais c’est tout.
Ah oui, quand même une bonne nouvelle parmi tout ça : je suis proche de la mer. Sur une île, même. Je sais que tu sais que c’est important (en y pensant, si ça fait plus d’une semaine que je suis ici, je suis désolée pour la régate, tu as sûrement dû trouver quelqu’un d’autre pour barrer). La mer m’apporte un peu de réconfort. D'ailleurs je vais te laisser, Aénuo a dit qu'il m'emmenait pêcher cet après-midi. Aénuo aussi m'apporte un peu de réconfort. Mais bref, je t'en parlerai une autre fois.
A bientôt Toto, tu me manques,
Sioba