side_navigation keyboard_arrow_up

Chapitre 6 - Un autre monde

visibility 1
article 3,1k
Par Seol

À la barre du petit voilier d’Aénuo qu’une légère houle faisait dodeliner, Sioba soupira. La brise déposait du sel sur ses lèvres ; les oiseaux de mer s’envolaient de récifs en récifs en criant. Cette douce journée de printemps la berçait, l’enfonçait toujours plus profondément dans ses pensées.

Après plusieurs jours passés à Pfoubalibi, elle s’était faite une raison : elle avait bel et bien voyagé dans un autre monde. Comment ? Elle n’en avait aucune idée.

Sioba en avait parlé avec Aénuo et Di. Mais, à chaque fois, cette dernière répondait avec, dans cet ordre, un air contrit, une tape sur l’épaule et une tasse de niniuuu, Elle ne la croyait pas et, par conséquent, Aénuo non plus. Agacée, Sioba avait cessé d’aborder le sujet (mais continué à boire les infusions). Pourtant, elle saisissait régulièrement les regards interrogateurs que Di lui jetait et la façon qu’elle avait de les dissimuler derrière un sourire chaleureux quand elle se savait surprise.

Sioba ne comprenait pas, mais ne se plaignait pas. Di était bienveillante, prévenante. C’était toujours mieux que la méfiance flagrante, voire parfois l’hostilité dont faisait preuve tous les marins qui passaient par le phare. Aénuo et sa mère étaient les seuls à accepter de lui parler. Ils s’évertuaient même à lui apprendre leur étrange alphabet et mettaient un point d’honneur à l’aider à développer son nubouiu (bien qu’elle n’en voie pas l’intérêt : après tout, elle ne devrait pas tarder à trouver un moyen pour rentrer chez elle) en plus de lui offrir de quoi se loger, se nourrir et se vêtir. C’était déjà beaucoup.

D’un geste machinal, le regard toujours dans le vide, Sioba rajusta autour de ses épaules le châle en tricot coincé dans sa ceinture de cordes.

— Sioba ?

Cet accent dans mon prénom, quand Aénuo ou Di m’appellent ... continua de songer Sioba. Elle avait mis du temps à le reconnaître, mais c'était le même que celui de son père. Connaissait-il ce monde ? Était-ce de cela dont il allait lui parler avant l'incident du compas ? Compas qui devait clairement venir d'ici : Sioba se souvenait à présent très clairement des points, arc et traits gravés sur son couvercle, tournoyant les uns autour des autres. Il ne s’agissait ni plus ni moins que du système d’écriture concentrique utilisé dans ce monde. De plus, Aénuo lui avait appris que, parmi les Ouktl, le peuple des mers auquel il appartenait, Siobalibhashuodènéou était un prénom très répandu. Il signifiait "Enfant de l'océan". C'était trop gros pour être une coïncidence. Ah, que ne donnerait-elle pour rentrer chez elle au plus vite et obtenir des réponses !

— Sioba, attention.

La voix d'Aénuo souffla un air doux sur sa nuque ; il s’était approché d’elle, près, très près. Il se penchait par-dessus son dos pour atteindre la barre qu’elle tenait. Son torse appuya contre son épaule. Sa grande main chaude frôla la sienne, plus fraiche. Un frisson glissa le long du bras de Sioba, se propagea dans son crâne et son ventre. Elle sursauta.

Son mouvement brusque entraîna la barre vers elle. Aénuo se déplia vivement pour l'éviter. Le safran écarta le bateau du lit du vent. La grand-voile, écoute choquée, se gonfla à bloc et déborda du bastingage, au-dessus de l’eau. Le foc, qu’aucun souffle n’enfla plus, tomba. Sioba voulut rectifier sa manœuvre ; trop tard. Le bateau allait virer par vent arrière.

— On empanne ! s'écria-t-elle.

La bôme qui soutenait la grand-voile grinça, d'abord lente puis clac ! balaya brutalement le dessus du pont pour passer d’un bord à l’autre. Sur son chemin, elle heurta la tête d'Aénuo. Les mains enveloppées autour de son crâne, il s’affaissa.

— Aénuo !

Sioba se força à respirer lentement pour mieux assurer ses gestes : il fallait avant tout stabiliser le voilier. Elle lui fit effectuer un demi-tour pour le placer face au vent et l'arrêter. Puis, en gardant la barre du bout des doigts, elle s’agenouilla auprès d'Aénuo.

— Ça va, ça va, la rassura le garçon.

Il avait recroquevillé son long corps en tailleur au fond de la coque et parvenait miraculeusement à étirer ses lèvres dans un sourire crispé, bien que ses yeux parlaient de douleur.

— Non ça ne va pas, déplora Sioba, je viens de t'envoyer la bôme dans la figure !

Comme elle avait été bête ! Elle savait pourtant que le moindre moment d'inattention sur la mer pouvait être fatal. Et elle blessait une des seules personnes à la traiter avec gentillesse dans ce monde inconnu. Une grosse boule obstrua sa gorge.

— Je te promets que je vais bien, souffla-t-il.

Mais quand il observa ses paumes, elles étaient ensanglantées.

— Tu saignes ! couina Sioba. Je vais chercher la trousse de secours. Tu te sens capable de tenir la barre ?

Le nœud de culpabilité et de désespoir qui bloquait la respiration de Sioba menaçait de faire déborder des larmes. Elle attrapa une poche rouge à bouton dans la cabine et s’installa près du garçon pour le soigner.

Du sang tâchait ses longs cheveux retenus par un ruban. Quelques gouttes rubis perlaient sur sa vareuse jaune élimée aux reflets étrangement chatoyants. Sioba renifla en imbibant sa compresse de désinfectant.

— Alors comme ça, tu m'envoies délibérément la bôme sur la tête ? demanda Aénuo d’une voix légèrement pâteuse. Tu voulais me jeter par-dessus bord pour me voler mon bateau ?

— Non ! Je n'ai pas fait exprès, je ...

Elle remarqua son sourire en coin.

— Tu me fais marcher, s'offusqua-t-elle en gloussant, et le nœud dans sa gorge se détendit un peu. Je te signale que c'est toi qui m’as d'abord surprise en arrivant comme un fantôme !

— C’est parce qu’on fonçait vers un écueil. Ah, j’ai compris : tu voulais nous faire couler ? Aïe !

Sioba avait appuyé la compresse avec une rudesse calculée. Elle s’en voulut immédiatement et, plus délicatement, fit glisser les mèches d’Aénuo pour mieux découvrir la plaie. Il cessa complètement de bouger. Sioba put terminer son nettoyage et constata avec soulagement que la blessure était assez superficielle.

— Je suis désolée, chuchota-t-elle en rangeant la compresse, adoptant sans le vouloir le même ton calme que lui. Je n'ai pas fait attention alors que tu m’emmènes pêcher. Résultat, je te blesse. Je comprendrais si toi aussi tu décidais de mettre de la distance avec moi.

— Qu'est-ce que tu racontes ?

— Je veux dire que tu n’es pas obligé de te forcer à passer du temps avec moi. Je ne serais pas vexée si tu te contentais de m’ignorer, comme les autres.

Aénuo garda le silence tandis que Sioba entreprit de lui bander le crâne.

— Il ne faut pas leur en vouloir, finit-il par murmurer. Être méfiant est devenu comme une seconde nature pour nous.

— Mais je ne comprends pas pourquoi ils se méfient de moi.

— Ils ont peur que tu sois une espionne.

— Une espionne ? J’ai l’air d’une espionne ?

Aénuo égrena son rire doux.

— Non mais vraiment, insista Sioba, qu’est-ce qui leur fait croire ça ?

— Je ne sais pas, avoua Aénuo, le fantôme de son sourire accroché aux lèvres, avant de poursuivre : c’est ce que je te dis, juste de la méfiance. Ils pensent que tu pourrais être envoyée par les Omèl pour fouiner et leur raconter tout ce que tu as vu. Cette île est notre repère, elle accueille les Ouktl recherchés pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Tu es une inconnue et, pour autant qu’ils sachent, tu représentes une menace.

— Mais je ne connais rien aux Omèl, et tout ce que je sais des Ouktl c’est ce que vous m’avez expliqué… Comment je pourrais être une menace ?

Aénuo l’observa remettre en ordre le matériel de premiers soins dans la trousse rouge, ses grands yeux noirs légèrement plissés. Sioba n'avait jusqu’alors jamais vraiment remarqué les cernes qui les alanguissaient.

— Quoi ? se défendit-elle. Toi aussi, c’est ce que tu crois ?

— Non, bien sûr que non. Maman ne se trompe jamais dans son jugement. Et puis je me rappelle très bien de ton air affolé quand je t’ai trouvé sur la falaise.

— Pourquoi tu me regardes comme ça alors ?

— Tu ne te souviens vraiment de rien ? Tu ne savais même pas ce qu’était un Oukt avant qu’on ne t’en parle.

— Ben non, et c’est normal puisque je ne viens pas de ce monde !

Aénuo sourit :

— Quand tu parles comme ça, on dirait une des légendes d’avant la Rupture. Celles qu’on se raconte pendant les veillées.

La tête basse, Sioba s’acharna sur les boutons de la trousse. Si Aénuo aussi pensait qu’elle divaguait, elle n’avait vraiment personne. Et cela l’affectait bien plus qu’elle n’osait se l’avouer. Finalement, elle avait menti en affirmant qu’elle ne serait pas vexée s’il se mettait à l’ignorer. Et c’était même bien pire que ça. Un puissant sentiment de solitude s’abattit sur elle.

— Eh, l'interpella doucement Aénuo.

Elle leva les yeux. Le sourire qui illuminait le visage du garçon répandit une onde de chaleur dans son torse.

— Je te crois.

En un instant, une petite phrase, il dissipa l’angoisse de Sioba. Une part d’elle s’étonna du don qu’il avait pour l’apaiser alors qu’elle le connaissait à peine. C’était comme si près de lui, elle n’avait plus rien à prouver à personne.

— C’est vrai ? bafouilla-t-elle. Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir ?

— Bien sûr que non. J’ai confiance en toi. Et puis, je n’avais jamais vu des vêtements comme ceux que tu portais en arrivant. Ils étaient assez bizarres pour venir d’un autre monde.

Sioba sentit une nouvelle onde de chaleur inonder ses joues mais, cette fois, elle n’avait rien à voir avec du bien-être.

— Aaaah non, oublie-ça ! C’est mon pyjama, il n’est censé être vu que par moi et patate ! s’écria-t-elle en agitant inutilement ses mains. Tiens, au lieu de rigoler bêtement, rend-moi la barre et va border l’écoute ! Di nous a demandé de rapporter du poisson et on a toujours rien pêché.

Hilare, Aénuo se leva pour retomber aussitôt.

— Ça ne va pas ? s’inquiéta Sioba.

— Ne t’en fais pas, c’est juste un petit étourdissement.

— On ferait peut-être mieux de rentrer pour montrer ta blessure à Di ?

Aénuo réfléchit un instant puis acquiesça. Il tenta de nouveau de se lever mais Sioba l’en empêcha. Après une négociation houleuse, il consentit à la laisser s’occuper seule des manœuvres. Elle régla les voiles au près et fit jouer la barre pour repartir vers le port.

Le vent sifflait dans leurs oreilles, faisait danser leurs cheveux. Aénuo offrit un sourire à Sioba. Elle le lui rendit avant de se concentrer de nouveau sur son cap.

Malgré la singularité de sa situation, elle se surprit à être heureuse.

Son cocon de sérénité s’étiola cependant à peine le voilier amarré.

Sioba terminait d'affaler la grand-voile tandis qu’Aénuo testait la solidité de son nœud de taquet, quand un jeune marin jusque- là affairé sur le quai voisin les approcha d'un pas balancé. Sous des cheveux blonds coupés en brosse, il portait lui aussi aux oreilles des anneaux de bois qui, comme Sioba l’avait appris, était traditionnels chez le peuple marin des Ouktl. Ses petits yeux noirs brillaient sur sa peau blanche tannée par le sel et le soleil.

— Tôkt To(u)dô, le salua Aénuo.

— C'est un plaisir aussi de te rencontrer, Aé. Beaucoup moins la bernacle qui s'accroche à Di et toi. C’est à cause de ton parasite que tu ressembles à un tonneau enrubanné ou tu t’es mis à naviguer avec ton pied ?

Il pointa Sioba de son menton aussi carré qu’une brique, et sa tirade eut l’effet d’un parpaing dans son estomac. Savait-il qu’elle pouvait l’entendre de là où elle se trouvait ? Elle fit mine de rien, mais ses mains tremblantes peinèrent à nouer les sangles du taud avec lequel elle enveloppait la grand-voile.

La voix douce d’Aénuo souffla une réponse qu’elle ne perçut pas. Le jeune marin, Tôkt, partit dans un grand rire qui pinça le cœur de Sioba. Elle savait, pour avoir saisi des moments de complicités entre eux deux, qu’il s’agissait d’un ami d’Aénuo. Toutefois, elle aurait aimé qu’il le rembarre franchement. Et, au fond d’elle, elle aurait aimé être la seule à bénéficier de la quiétude que le garçon savait créer en quelques mots et un sourire.

— En même temps, qui peut résister à la cuisine de Di ? tonitrua Tôkt. Enfin, quoiqu’il en soit tu seras bientôt débarrassé de ton pou du poisson. En attendant avec ta tête de paquet cadeau, tu seras prêt à lever l’ancre demain ?

Nouveau parpaing, très lourd, tout au fond de l’estomac de Sioba. Aénuo partait ? Elle secoua la tête, se sentant plus idiote que jamais. Qu’avait-elle cru ? Que le garçon resterait avec elle le temps qu’elle trouve un moyen de rentrer ?  Qu’il prendrait la défense d’une fille qu’il connaissait à peine contre son ami de longue date ? Qu’elle partageait avec lui un lien spécial et que c’était cela qui la faisait se sentir si bien avec lui ? Il était gentil avec tout le monde et il avait une vie bien remplie sans elle. Elle aurait aimé être capable de se ressaisir mais n’osa même pas les rejoindre sur le quai alors qu’elle avait terminé de ranger le gréement. Elle fit plusieurs tours du voilier à la recherche d’excuses pour y rester.

— Excellent. On se retrouve à l’aube sur le pont, déclara Tôkt. Zassg !

Il s’éclipsa après une tape amicale sur l’épaule d’Aénuo et un regard mauvais pour Sioba qu’elle capta malgré ses efforts pour l’ignorer.

Elle attendit qu’il se soit éloigné pour descendre sur le quai.

— Tu prends la mer demain ? demanda-t-elle en s’appliquant pour ne pas s’étrangler dans ses paroles.

— Oui, j’accompagne la goélette de marchandise sur laquelle travaille Tôkt jusqu’aux îles de Dôsiôla, glissa Aénuo comme s’il avait peur de la brusquer.

— Mais vous avez le droit de vous déplacer ? Tout à l’heure, tu disais que cette île était un repère secret pour les Ouktl qui fuyaient les Omèl ?

— C’est le cas, mais plusieurs d’entre nous prenons de gros risques pour faire la navette jusqu’à Pfoubalibi. Ça permet de débarquer des fugitifs et de ravitailler l’île. Sans ça, on manquerait vite de tout, ici. Avec des papiers officiels, on est en règles tant que les Omèl ne nous contrôlent pas sur la mauvaise route.

— Et toi, tu as des papiers qui te permettent de naviguer alors ?

Aénuo marqua un silence, comme s’il réfléchissait à ce qu’il allait dire.

— Oui, finit-il par souffler. J’ai le droit de naviguer parce que je suis apprenti Passeur de mémoire. Demain, je pars retrouver ma Guide-Âme à Dôsiôla.

— Ta quoi ?

— Ma Guide-âme, c’est elle qui me forme.

— Ah oui, tu m’en avais parlé. C’est pour devenir une sorte de gardien de votre culture ?

À pas lents, ils avaient quitté le petit port et traversaient la baie sableuse. Aénuo acquiesça. Quand il reprit la parole, sa voix s’était enrichie d’une harmonique exaltée.

— Les Passeurs permettent aux traditions Ouktl de traverser le temps. Nous les faisons vivre et perdurer. Les Omèl nous le permettent parce qu’ils ne croient pas que nous soyons plus que des amuseurs. Ils pensent mieux nous soumettre en nous octroyant une petite latitude de divertissement. Mais ils ne se rendent pas compte de la liberté que notre culture nous apporte.

Il souriait franchement à présent, et arborait une expression conquérante que Sioba ne lui avait jamais connue. Elle détesta la boule qui revint obstruer sa gorge : elle aurait dû se réjouir pour Aénuo, pour son voyage qui avait l’air de l’exalter. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher de se sentir abandonnée. La passion avec laquelle il parlait lui rappelait qu’elle était en sursis, seule dans un monde inconnu. Elle se concentra sur ses pas trébuchants dans le sable pour mieux cacher sa peine.

— Je suis contente pour toi, se força-t-elle à articuler. Tu sais quand tu rentreras ?

— Le temps que la goélette récupère de la marchandise à Krininupfoubalil puis fasse escale à Dôsiôla ; que je reste un peu avec ma Guide-Âme puis que je trouve un navire pour me ramener, je serai bien parti deux à trois semaines.

Cette fois, le nœud dans la gorge de Sioba ne lui permit pas de répondre. Heureusement, ils étaient arrivés au pied du vertigineux escalier zigzagant dans la falaise qui menait jusqu’au phare. L’effort que nécessiterait son ascension offrirait une excuse à son silence. Elle marmotta un « merci » quand Aénuo la laissa passer et ne vit pas le regard inquiet qu’il lui coula. Elle n’entendait plus ni le bruit du ressac, ni les cris des goélands ; seulement son cœur battre dans ses oreilles et sa respiration hachée tandis qu’elle gravissait les marches aussi vite qu’elle le pouvait. Elle voulut se précipiter vers le phare, mais sentit Aénuo lui effleurer le bras, comme pour la retenir.

— Sioba, murmura-t-il.

Elle se tourna vers lui. Il baissa sur elle ses grands yeux noirs alourdis de cernes.

— Je suis désolé.

Elle déglutit difficilement, tenta un sourire qui se transforma en rictus.

— Oh ne t’en fais pas, tu as plein de choses à faire, c’est normal. En plus, je vais sûrement être très occupée aussi : je dois chercher comment retourner dans mon monde.

Aénuo tenta lui aussi un sourire, un peu plus réussi que celui de Sioba.

— Qui sait, dit-il, tu seras peut-être déjà partie quand je reviendrais.

Sioba gloussa piteusement.

Ils poussèrent la porte d’entrée, créant un courant d’air qui glissa dans la masse de boucles emmêlées de Sioba. Presque pour la narguer.

Dans la taverne aménagée au rez-de-chaussée du phare, Aénuo la quitta sur un salut amical. Oubliant sa blessure, il rejoint un groupe de musiciens qui s’installaient sur une estrade. Ce soir, il y aurait de la musique pour fêter le départ de la goélette. Sioba aurait adoré participer aux réjouissances, mais savait qu’elle n’y serait pas bienvenue.

Elle allait être plus seule que jamais. Elle devait absolument rentrer chez elle.

Commentaires

forum Fond et forme exigeant
Seuls les membres peuvent accéder aux commentaires.