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Chapitre 8 : Elian - Folie

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Par Nathalie

Elle se leva d’un bond, vacilla… et s’écroula. Le sol tangua. Un vertige violent lui broyait les tempes.

- Et si tu prenais soin de toi ? proposa Theorlingas en entrant.

Elian tourna la tête. L’image qu’elle percevait du nilmocelva était floue, vaporeuse. Elle se sentait nauséeuse. Son épaule, blessée par le métal noir, brûlait. Ses lèvres fendillées, sa langue râpeuse : elle n’avait pas bu depuis trop longtemps. Des crampes lui traversaient les cuisses, et son estomac hurlait. Elle s’oublia pour lui.

- Ceïlan ? souffla-t-elle, haletante.

- Toujours inconscient. Les guérisseurs t’en parleront mieux que moi.

Theorlingas évitait la question. Elian s’en fichait. Un mot suffisait : inconscient, donc vivant. Cette douleur, cette fatigue, n’étaient pas vaines.

- Les jumelles ?

- Les nourriciers s’en occupent. Ils ronchonnent, mais ils font leur devoir. Ceci dit… il y a plus urgent.

- Plus urgent ? répéta Elian, incrédule.

Plus urgent que son frère, que les filles du roi de Falathon, que ce royaume fragilisé par un assassinat ?

Theorlingas lui tendit la main. Elle la saisit - de la gauche - et se redressa. Il la soutint un instant, jusqu’à ce que les vertiges se calment, puis la guida dehors.

La fraîcheur d’Irin l’enveloppa. Le vent léger, les insectes bourdonnants mais jamais intrusifs. Une paix étrange. Le bonheur, peut-être. Mais pour Elian, c’était un monde inconnu. Dangereux.

Theorlingas grimpa dans un arbre, souple et rapide, puis désigna le sol depuis une haute branche. Un elfe noir s’y tenait à genoux, mains sur la tête, encerclé par des flèches tendues.

Elian plissa les yeux. Elle connaissait ce visage. Où l’avait-elle vu ? Dans l’escorte qui l’avait ramenée de Dalak ? L’image surgit alors, brutale : Saelim. Le roi des elfes noirs. Celui à qui elle avait cédé le trône.

- Que fait-il ici ? murmura-t-elle. Il est resté… comme ça… tout ce temps ?

- Il était là quand nous sommes arrivés, répondit Theorlingas. Et il n’a pas bougé.

Il haussa les épaules, comme si ce détail ne méritait pas qu’on s’y attarde. Elian ne partageait pas cet avis… mais garda ses pensées pour elle.

- Il veut te parler, ajouta-t-il.

- Aide-moi à descendre, demanda Elian dont le bras droit ne répondait plus. Où est Dolandar ?

- Toujours à côté de toi, Majesté, répondit Dolandar en faisant sursauter Elian.

- Tu es parfait, indiqua-t-elle malgré les battements erratiques de son cœur.Il a l’air sous bonne garde mais méfie-toi, c’est un excellent combattant et je ne sais plus reconnaître mes alliés de mes ennemis.

- Tu me tournes le dos alors que je suis armé, dit Dolandar. Merci de me mettre dans le cercle des alliés.

Elian grimaça. Confier son dos la brûlait comme une plaie ouverte, mais elle n’avait guère le choix.

Avec l’aide de Theorlingas, elle se retrouva au sol. Elian s’accroupit devant Saelim qui leva les yeux sur elle sans changer de position et elle ne lui proposa pas de le faire.

- Que tes nuits soient sombres, Saelim, salua-t-elle en amhric.

- Que tes nuits soient sombres, Elian, répondit-il dans la même langue.

- Que fais-tu là ?

Il baissa les yeux puis le releva, les pupilles humides :

- J’ai essayé… Je ne comprends pas. J’aurais tant aimé être un bon roi. Ils refusaient de m’obéir.

- Qui ça ?

- Tout le monde, souffla Saelim, les épaules voûtées, comme si le poids de son échec s’écrasait d’un coup sur sa nuque. Les anciens, les jeunes, les experts, les Tewagi.

- Qui commande à Dalak ?

- Je ne sais pas, bafouilla Saelim. Je croyais… La coutume veut qu’un homme devienne roi en tuant le précédent ou au premier sang. Sauf que ça ne s’est jamais produit depuis que nous vivons à Dalak. Khala portait le titre parce que le roi précédent avait disparu. Il était le chef des Tewagi alors il a paru à tout le monde normal qu’il commande.

Mais il n’était pas officiellement roi, pas selon la coutume, comprit Elian. Elle soupira. Tout ça, pour rien. Elle transperça Saelim des yeux. Pas forcément pour rien. Elle ne pouvait pas se rendre à Dalak pour obtenir ses réponses mais Dalak venait de venir à elle. Autant en profiter…

- Qui était l’archer au bout de la flèche de métal noir qui m’a blessée ?

- Je ne sais pas, maugréa Saelim. C’est le plus troublant. Depuis quand un meurtrier se cache-t-il de honte ? Ça ne ressemble pas à notre code d’honneur ! L’auteur aurait dû se vanter, au contraire. Le meurtre est la base de notre société. Pourquoi taire un tel acte ? Ça n’a pas de sens. Rien n’a de sens.

Elian fronça les sourcils avant de grimacer. Saelim venait chercher des réponses alors qu’Elian espérait en obtenir de lui.

- Qui murmurait à l’oreille de Khala ? demanda-t-elle.

- Quoi ? gronda Saelim.

Sur son visage, Elian ne lut qu’une profonde incrédulité. Soit il mentait bien, soit il était sincère.

- L’allié de Khala et Beïlan, celui qui avait promis les orcs en renfort, voulait ma mort. De qui s’agit-il ?

- Je n’ai pas le moindre idée de ce dont tu parles, assura Saelim. Tout ce que je sais, c’est que les anciens, ceux ayant connu L’Jor, galvanisent le peuple pour revenir vers Falathon, répètent que je suis un faible, que nous aurions dû aller jusqu’au bout, que la victoire est à portée de main. Ils sont fous !

De nouveau, Saelim changeait de sujet. Elian gronda. L’elfe noir frémit puis lança :

- T’as qu’à demander à Beïlan !

Elian secoua la tête.

- Je ne peux pas me rendre à Dalak !

Sa dernière visite ne lui apportait que des cauchemars.

- Il n’est pas ici ?

Saelim écarquilla les yeux.

- Il n’est pas à Dalak non plus ! assura-t-il.

Elian ricana. Pendant que les elfes noirs le croyaient à Irin, les elfes des bois le pensaient à Dalak. Où donc se trouvait Beïlan ?

Elian s’assit en tailleur devant Saelim, fit un signe à ses gardes qui relâchèrent un peu leur attention. D’un geste, elle indiqua à Saelim qu’il pouvait prendre une position plus confortable. Il obtempéra en soupirant d’aise. Elian poursuivit, toujours en amhric :

- Qui que soit cet allié mystérieux, il est drôlement doué. Un marionnettiste de talent. Je ne comprends pas pourquoi Khala et Beïlan s’allieraient à un humain.

- Humain ? Cet allié ne peut pas l’être.

- Et pourtant il l’est.

Un homme banal. C’était ainsi que Narco, chef de la guilde des voleurs de Lienne, et Arnaud, chef des assassins, l’avaient décrit. Ses deux uniques témoins. Bien maigres indices. Les seuls à sa disposition.

- Impossible, insista Saelim. Tu dis que cette alliance est liée à l’invasion de Falathon ?

Elian hocha la tête. Les orcs étaient censés aider.

- Cette invasion, Khala la prévoit depuis des siècles. Beïlan a été crée pour cette raison.

- Crée ? Comment ça ?

- Khala s’en foutait de la reine des elfes des bois. Il ne l’a baisée que dans l’espoir d’obtenir un enfant… une porte d’entrée vers Irin.

Elian en eut la nausée. Un chagrin immense la parcourut. Son frère, un instrument, rien de plus. Khala avait joué l’homme blessé par l’attitude d’Ariane à l’égard de Beïlan. Il ne valait pas mieux. Quel hypocrite !

- Aucun homme ne peut vivre aussi longtemps, asséna Saelim. C’est forcément un elfe noir.

Sauf qu’Elian savait qu’il n’en était rien. Cela ne pouvait signifier qu’une chose : il n’y en avait pas qu’un. Khala était allié non pas à un être humain, mais à un groupe. Des occidentaux, désireux de profiter du chaos pour prendre le pouvoir à Falathon ? Cela puait le complot à plein nez. Les chevaliers de l’Ouest arrivant juste à temps pour sauver la capitale. Comme par hasard… Elian serra les dents. Elle avait bien fait de ramener les jumelles ici. Armand Thorolf, le neveu du roi, un occidental, allait monter sur le trône. Tout se déroulait à merveille pour eux.

Elian vacilla. L’ennemi prenait mille visages. Pluriel. Impalpable. Partout.

- Elian ? Ça va ? demanda Dolandar qui, ne parlant pas l’amhric, ne comprenait pas un traître mot à l’échange.

- Je parle le lambë, précisa Saelim.

- Grand bien te fasse, on continue en amhric, indiqua Elian qui demanda d’un geste à Dolandar de ne pas intervenir. Ce n’est pas un homme isolé. C’est un groupe, un clan, une famille. Les occidentaux, probablement. Qui d’autre posséderait de telles richesses ?

- Je ne crois pas, insista Saelim.

Il ne s’opposait pas avec agressivité. Il exposait son point de vue, avec le calme et l’honneur habituel des elfes noirs.

- Où les falathens occidentaux auraient-ils obtenu des armes de métal noir ?

- Des armes de métal noir ? Je ne comprends pas, admit Elian.

- Nous ne possédons pas d’armes en métal. Du bois, des arêtes de poisson, quelques rares ossements. Il n’y a pas de mine à Dalak. Non pas que nos montagnes soient exemptes de métal ! Il y en a sûrement. Nous n’avons simplement ni le matériel ni les compétences pour l’extraire. Nous sommes montés vers Falathon à vide, sans rien, avec juste une carte et une croix. À l’emplacement indiqué, il y avait une cache remplie d’armes de métal noir : épées, dagues, couteaux, pointes de flèches.

Elian frissonna à cette mention.

- Où se trouvait cette cache ?

- À l’est de Falathon, non loin du lac Lynia.

Des occidentaux qui possèdent du métal noir ? Elian ne comprenait plus rien.

- D’où vient le métal noir à l’origine ?

- De L’Jor, annonça Saelim.

- C’est la deuxième fois que tu prononces ce mot. C’est quoi, L’Jor ?

- Chez nous, répondit Saelim, avant que les humains ne nous en chassent, nous obligeant à nous réfugier au fond des terres sombres. Des mines dans le nord offraient le précieux minerai contre mille précautions. Des experts forgerons le transformaient en lames. Cela demandait un savoir faire perdu aujourd’hui.

- Les occidentaux les auraient achetés aux troliens ? proposa Elian.

- Ces armes ne se trouvent plus à L’Jor, précisa Saelim. Les Tewagi les ont emmenées avec eux dans la recherche des femmes.

Elian dut admettre ne rien comprendre au discours de Saelim. Il parlait d’événements dont elle ignorait tout.

- Après la Grande Honte, les Tewagi sont partis à la recherche des femmes… Il s’avère que ce sont elles qui nous ont trouvés et sauvés des terres sombres en nous guidant vers Dalak. Quand je dis « nous », je n’y étais pas. Je suis né à Dalak.

Elian enregistra les bribes d’informations, tentant de compléter le puzzle, en vain.

- Si les Tewagi portaient des armes de métal noir, pourquoi ne les avez-vous plus ? interrogea Elian, interloquée.

- La plupart d’entre nous ont déserté, admit Saelim en grimaçant. Les terres sombres… Combien d’entre nous ont succombé ? Les survivants ayant entendu l’appel des femmes ont été rares. Ceux-là avaient abandonné leurs armes pour s’alléger.

- Ces armes-là sont indisponibles, asséna Elian. Il en restait à L’Jor, devenu Trolie. Les roches falathens de l’Ouest les ont achetés aux troliens. C’est l’hypothèse la plus plausible.

- Tu as dit que les renforts promis étaient censés être des orcs.

Elian confirma, abasourdie que Saelim l’ignore.

- Alors c’est forcément un elfe noir, affirma Saelim. Aucun humain ne peut dresser un orc. Probablement un ancien Tewagi rongé par la honte, désireux de retrouver son honneur.

Cette conversation amenait plus de questions que de réponses. Elian avait tant misé sur Dalak pour en obtenir. Voilà que le schéma se complexifiait. Où trouver des réponses ? Auprès de qui ? Interroger les Falathens occidentaux ? Hors de question. Trop risqué. Alors qui ? Et où ?

Pas de réponse. Son esprit moulinait dans le vide. Elle avait besoin de temps pour y réfléchir. Elian se tourna vers les elfes autour d’elle.

- Continuez de le surveiller. Qu’il ne s’éloigne pas. Donnez-lui à manger. De la viande.

Grimaces dans les rangs.

- Et il peut faire du feu.

Les visages se crispèrent.

- Merci, Elian, lança Saelim, amusé.

- De rien.

Elian se leva et se tourna vers Dolandar.

- Je veux voir Ceïlan, annonça-t-elle en lambë.

Il la mena au maître botaniste. Ceïlan reposait sur un lit de feuilles. La mine sereine, il semblait se reposer. Son souffle échappa à Elian, comme frappé dans sa poitrine. Son cœur s’emballa, son regard s’embua. Elle aurait tout donné pour entendre ne serait-ce qu’un soupir, un murmure, un mot.

Six elfes des bois l’entouraient, une main posée sur un bras, une épaule, un mollet, le front, un pied et le torse.

- Comment va-t-il ?

- Il est stable, annonça un guérisseur. Ça n’empire pas, ça ne s’améliore pas.

- Nous craignons de ne jamais pouvoir le sortir de cette transe, précisa un autre guérisseur tandis que les autres grondèrent. Quoi ? s’exclama-t-il. Au moins, je suis honnête.

- Un peu de tact, de diplomatie ? proposa un autre.

- Je préfère que vous alliez droit au but, précisa Elian. Merci de votre franchise. Pouvons-nous faire quoi que ce soit pour aider ?

- Malheureusement, non, dit le premier.

- Sans savoir ce qu’il a ingéré, nous sommes aveugles, précisa le second.

- Avoir la formule du poison aiderait ? demanda Elian.

- Sans aucun doute, confirma le premier, sauf que nul ne sait de quoi il était constitué. Il nous faudrait la liste des ingrédients, les quantités exactes, le mode de mélange, de distillation…

- La formule, répéta Elian avant de s’éloigner.

Les guérisseurs restèrent un instant figés devant le départ aussi brutal de la reine puis reprirent leur soutien envers leur confrère. Elian savait quoi faire, où aller. Avoir un but lui donna des ailes. Elle retourna auprès de Saelim. Il se sustentait d’un lapin près d’un feu, sous le regard furieux des gardes. Pourtant, l’elfe noir avait très bien protégé sa création, s’assurant qu’aucune braise ne causerait d’incendie.

L’elfe noir leva les yeux vers elle. Il lui tendit un morceau de lapin qu’elle refusa d’un geste poli.

- Theorlingas ? appela Elian.

- Ma reine ? répondit le nilmocelva en apparaissant.

Il ne devait pas être bien loin pour arriver aussi vite.

- Le rapace qui portait le message pour Guero… t’a-t-il dit où il allait ? demanda-t-elle en lambë.

- Dans le nord. Au-delà des montagnes.

- Le royaume maudit ? s’écria Elian.

- Le royaume maudit ? répéta Theorlingas, intrigué.

- C’est comme ça que les Falathens l’appellent. Et vous, quel nom lui donnez-vous ?

- Chez nous. Enfin, ça l’était. Avant que les humains ne nous en chassent. Avant les massacres.

Elle le fixa. Ceïlan lui avait déjà parlé d’un exode, mais elle ignorait que les elfes des bois venaient du nord.

Elle tourna la tête vers Saelim. Les Tewagi avaient été chassés de L’Jor, qui était devenue "La Trolie". Les elfes des bois, eux, avaient perdu le nord.

Elian se redressa. Elle parlait comme une humaine. Pensait comme une humaine. Marchait, respirait, commandait… comme une humaine. Pas étonnant que les siens la rejettent. Elle incarnait l’ennemi.

- C’est vaste, là-bas ?

- Immense. Du moins, c’est ce qu’on dit. Peu de survivants peuvent encore en parler.

- Il doit y avoir un pouvoir, un système, des influences…

- Évidemment, dit Saelim dans un lambë parfait. Des humains, avec leurs hiérarchies habituelles : roi, nobles, marchands, manants…

- Et tu sais ça… comment ? demanda Elian, surprise.

- On est passés par là. Les anciens en parlent parfois.

- Passés par là ?

- Quand les Tewagi, depuis L’Jor, traquaient les femmes, ils ont commencé par là-haut… avant de les retrouver au sud.

- Notre groupe pourrait venir de là-bas ?

- L’allié de Khala est un elfe noir, répondit Saelim, toujours en lambë.

Elian réfléchit. Puis changea de langue :

- Si je vais là-bas, viendras-tu avec moi ?

Elle avait besoin de lui. Son instinct lui soufflait que Saelim ne la laisserait pas tomber. L’elfe noir leva les yeux vers Theorlingas. Elle avait basculé en amhric, délibérément. Il l’avait compris.

- Pourquoi veux-tu aller dans le nord ?

- Parce que Guero y est. C’est un allié de l’allié de Khala. Il pourra nous donner des réponses.

- Pourquoi veux-tu aller dans le nord, Elian ? répéta Saelim.

Son regard la transperça. Elian se sentit mise à nue. Elle grimaça puis souffla :

- Parce que Guero est un alchimiste. Il a crée un poison qui est en train de tuer mon frère. Les guérisseurs ont besoin de la formule pour le sauver.

Saelim pencha la tête.

- Frère ? répéta Saelim.

- J’ai mal utilisé ce terme ? supposa Elian dont l’amhric n’était pas parfait.

- J’ai compris parce que je parle le ruyem et que j’ai traduis mais chez nous, il désigne deux membres d’une même caste. Je suis Tewagi, combattant. Tous les Tewagi sont mes frères.

Elian frissonna.

- J’ai tué ton frère, comprit-elle.

Après tout, Khala aussi était un Tewagi. Le chef des Tewagi. Saelim haussa les épaules.

- Tuer quelqu’un permet d’obtenir son poste. C’est un acte courant chez nous.

Elian ferma les yeux. Elle se demanda, entre les manières des humains, celles des elfes des bois et celles des elfes noirs, laquelle était la pire ? Elle secoua la tête, incapable de choisir.

- Bref, tu viens avec moi ? insista-t-elle une fois l’esprit revenu au moment présent.

- Pourquoi irai-je avec toi ?

- Parce qu’après qu’il m’ait donné la formule, tu pourras extirper à Guero les informations dont tu as besoin.

Il fronça les sourcils.

- Tu préfères retourner à Dalak ? Voir les anciens envoyer ton peuple se faire massacrer sous les murs de Tur-Anion ? Ma piste est fine, oui. Mais c’est la seule qu’on ait. Tu proposes mieux ?

Saelim grogna.

- Qui vient ?

- Dolandar et Theorlingas.

- Pourquoi ces deux-là ?

- Dolandar parce qu’il me protège.

- Tu lui fais confiance.

- Non, mais il est capable de me protéger et la blessure au métal noir diminue mes capacités. C’est regrettable mais j’ai besoin d’une escorte.

- Et Theorlingas ?

- Parce que j’ai besoin de lui. Il sera notre boussole.

- D’accord. Je viens. On part quand ?

- Maintenant, dit Elian. Qui sait combien de temps mon frère tiendra le coup ? Le temps nous est compté.

Saelim soupira, se leva etjeta de la terre sur le feu pour l’éteindre.

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