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Chapitre 61 : Bintou - Aveu

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Par Nathalie

La corruption s’étendait. Lorsqu’elle atteignit la première plante, celle-ci se flétrit et se brisa comme du verre sec. Les arbres s’affaissèrent, leurs branches craquant dans l’air étouffant, tandis que Bintou et Faïza reculaient d’un même mouvement. Nazir signalait une progression identique autour des trois autres lacs. La Mtawala serra les poings en voyant le mal grignoter le vivant comme une faim insatiable.

- Va-t-il s’arrêter de grandir ? souffla Faïza. Puisqu’il est né de l’eau, peut-être que la sécheresse du désert le retiendra ? Et s’il se nourrit du vivant, peut-être s’éteindra-t-il aux portes de l’oasis ?

- Je ne sais pas, dit Bintou, la voix basse.

- Tu sembles… atteinte. Je le suis aussi, mais toi, tu… tu le prends comme si…

- C’est ma faute, chuchota Bintou.

Faïza se tourna vers elle, surprise.

- Ta faute ? En quoi pourrais-tu en porter la responsabilité ?

Bintou inspira, rompit la toile de ses doutes et se reconnecta à l’autre.

« Quoi que vous fassiez. Où que vous soyez. Venez. Immédiatement. Je suis à K’Ronak. »

Elle quitta la toile, refusant d’affronter d’avance le flot de questions et de protestations.

- Avant qu’ils arrivent… c’est quoi, la maîtrise de la nature ? demanda Faïza.

Le visage de Bintou se crispa. Elle avait prononcé ces mots sans s’en rendre compte, au moment d’imiter l’ancrage de Mouffassa.

- C’était… la compétence qui me manquait quand je suis revenue à M’Sumbiji, admit-elle.

La confidence l’étonnait elle-même. Avec Faïza, elle pouvait lâcher un peu. Mais bientôt, il faudrait composer avec les kwanzas - leurs regards durs, leurs jugements tranchants.

- Il t’a laissée repartir alors que tu ne la maîtrisais pas ? devina Faïza.

Le cœur de Bintou se serra.

- Il ne t’a pas laissée… Tu es partie malgré lui ?

Les souvenirs remontèrent, acides. Ses injonctions contradictoires : rester au foyer, mais libre d’aller au village tant qu’elle ne maniait pas le shen. Ses phrases répétées, comme des refrains : Tu peux rentrer chez toi quand tu veux. Elle n’était qu’un poids, une nuisance dont tous se seraient bien passés. Son départ n’avait pas dû gêner grand monde.

Il aurait pu la retrouver. Il lisait ses pensées, savait où elle vivait. Rien ne l’aurait empêché. À moins qu’il n’ait pas eu le droit de franchir L’Jor. À moins que l’océan estival ait dressé une barrière de temps qu’il n’avait pas pu franchir avant qu’elle disparaisse.

Avait-il voulu la retenir ? Ou l’avait-il laissée partir ?

- Je ne sais pas, murmura-t-elle.

- Qu’est-ce qu’il a dit quand tu es partie ? s’exclama Faïza, agacée de ce qu’elle croyait être une esquive.

- Rien, répondit Bintou. Rien.

- Il a forcément…

- Je n’étais pas avec lui à ce moment-là, coupa Bintou. Et il n’a pas cherché à me contacter par l’esprit. Alors… rien. Depuis mon départ, je n’ai eu droit qu’à un immense silence.

Le shen disparut. Trop de tumulte l’agitait. Elle essayait de repousser les vagues, mais chaque rejet en appelait une autre. Une larme finit par s’échapper, roula sur sa joue et s’écrasa sur le sable brûlant, absorbée en un souffle.

Faïza pâlit.

- Je suis désolée. Je voulais comprendre, pas te blesser. Pardonne-moi… je suis maladroite.

Bintou resta muette. Sa gorge était trop serrée pour articuler la moindre parole. Nazir surgit, venant d’un oasis voisin. Son arrivée coupa court à l’échange. Le silence ne pesait plus entre deux confidences mais offrait à Bintou une échappatoire. Elle inspira et reprit contenance.

Elle contacta le shen et observa les assemblages de Faïza et Nazir. Tous deux avaient eux aussi copié l’ancrage de Mouffassa. Leur filet resplendissait : souple, sans nœuds, traversé de reflets mouvants, comme une toile de lumière qui dansait librement autour d’eux

Ils lui parurent plus beaux qu’avant, justes, complets. Bintou pinça les lèvres. Elle ignorait tout de cette compétence. Au foyer, aucun cours, aucune leçon, rien. Elle se rappelait seulement la voix du maître de cérémonie annonçant une épreuve qu’elle n’avait pas écoutée. C’était si lointain qu’elle doutait de ne l’avoir jamais vraiment vécu. Les souvenirs s’effilochaient, brume d’un autre âge.

Un seul restait vif : lui. Son corps, son odeur, la gravité de sa voix, l’éclat de son assemblage - soie pure. Elle revit ses mains sur cette soie, la chaleur diffuse qui se répandait quand elle le massait, et l’explosion en milliards de particules lumineuses la traversant, petites perles de chaleur, de douceur, lui offrant…

- Reviens au présent, dit Faïza. Les premiers arrivent.

Bintou tressaillit. Depuis combien de temps s’était-elle laissée happer ? Elle referma la porte de ses souvenirs. Les premiers kwanzas franchissaient l’entrée de l’oasis déserté. Ils se saluaient, échangeaient à voix basse. Bintou refusa de donner la moindre explication. Pas maintenant. Elle n’allait pas se répéter.

Les kwanzas prirent possession du village déserté. Des rires éclatèrent çà et là, les gestes se multiplièrent : on s’aidait à dénouer des assemblages, on comparait des fils, on touchait du doigt ce qu’on n’avait vu jusque-là qu’à travers la toile. Le virtuel s’effaçait, remplacé par la présence vivante, par des visages et des voix qui résonnaient enfin ensemble.

- Il faudrait le faire plus souvent, souffla Faïza, un sourire aux lèvres. Pas seulement en cas de crise. Certains se rencontrent aujourd’hui pour la toute première fois.

- La plupart, rectifia Nazir. Moi-même, j’en découvre un nombre impressionnant.

Bintou les observait, cette ruche vibrante qui s’animait autour d’elle. Une chaleur lui serra la poitrine, aussitôt balayée par le poids de sa charge. Elle inspira, reprit son rôle.

- Quand ils seront tous là, je leur parlerai. Restez près de moi, tous les deux.

Ils hochèrent la tête, sérieux cette fois. Bintou, Faïza et Nazir restèrent en retrait, observant la marée des kwanzas se gonfler puis se fixer, comme une respiration arrivée à son terme.

- Tout le monde est là, souffla Faïza.

- Non, répliqua Bintou. Il manque Mamou. Et Amadou.

- Mamou ? s’étrangla Faïza. Tu sais bien qu’il n’a pas accès à la toile sur laquelle tu as lancé ton appel.

Bintou serra les dents et laissa échapper une insulte. Elle avait oublié.

« Mamou, quoi que tu sois en train de faire, rejoins-moi. Je suis à K’Ronak. Voici ma position exacte. »

Elle projeta l’ordre directement dans l’esprit du seigneur des shamans.

- C’est fait, annonça-t-elle. Amadou ?

- En chemin, mais Eoxit est loin… et le roi n’a pas apprécié qu’il s’éloigne de lui.

Bintou claqua la langue, lasse.

- Je ne veux pas attendre davantage. Nous leur expliquerons la situation plus tard.

Faïza hocha la tête. Nazir resta silencieux. Tous deux savaient : le moment qui approchait risquait de basculer dans la tempête.

- Bonjour à tous, lança Bintou, amplifiant sa voix grâce au shen.

Le ciel restait clair, pas un souffle d’air. On entendait tout. Les kwanzas s’étaient tournés vers elle, le regard fixé, attendant.

- Vous avez peut-être vu… enfin, remarqué… que Nazir, Faïza et moi, on a un… un ancrage de plus. Là, dit-elle en désignant son corps.

Elle ne le voyait pas, mais elle savait où il se trouvait. Elle l’avait vu sur Mouffassa, Nazir et Faïza.

- Cet ancrage… il correspond à une compétence. Basique, oui. Basique, répéta-t-elle en détachant les syllabes, comme pour s’assurer d’être comprise.

Un brouhaha parcourut la foule, chacun se penchant vers son voisin.

- Depuis que je l’ai, mon assemblage… il chante… il vibre de plaisir, il… c’est agréable. Vous aussi ?

Nazir et Faïza acquiescèrent.

- Écoutez bien… je vous interdis, oui, je vous interdis de rajouter cet ancrage-là à vos assemblages.

Le silence tomba net. Ceux qui s’étaient déjà lancés suspendirent leur geste, comme coupables.

- Nazir, Faïza et moi… on ne s’en servira pas. Compris, tous les deux ? dit-elle en plantant ses yeux dans les leurs.

Ils hochèrent à nouveau, l’air un peu raide.

- La situation… bon, la situation, c’est comme ça : avec cet ancrage… des marabouts… ils ont créé le lac derrière vous. Celui-là et sept autres, un peu partout dans le désert. Quatre… sont pourris maintenant. Corrompus. Y a un mal dedans, un mal qui bouffe… tout. Tout ce qui vit.

Un silence glacé tomba. Les visages se fermèrent, figés.

- Donc… votre mission… enfin, ce que j’attends de vous, dit-elle en balayant la foule du regard. C’est de trouver comment combattre ce mal. Et si, en plus, vous prouvez que l’ancrage n’y est pour rien, alors l’interdiction sera levée.

Personne ne bougea. Le vide pesait. Pour une fois, Bintou avait coupé court à tous les bavardages.

- Bon. Je sens que je vais le regretter, mais… je vous écoute. Des questions ?

Rien. Pas une main. Pas un mot.

- Très bien. Alors, au travail. Nazir, Faïza, vous montrez les emplacements des oasis. Bonnes recherches.

Déjà, des petits groupes se formaient. Beaucoup se dirigèrent vers l’eau, comme aimantés.

- Ils le nourrissent, pesta Nazir en voyant des silhouettes entrer dans le lac.

- Pour comprendre, il faut regarder de près, répondit Faïza.

Bassma s’approcha, ses yeux plantés dans ceux de Bintou.

- Un ancrage basique, vraiment ? Tu n’en savais rien ? Un marabout t’a devancée. Pas très brillante, ton éducation, hein ?

- Bassma… prévint Faïza, la mâchoire serrée.

- Laisse, Faïza, dit Bintou sans hausser le ton. Bassma, j’ai appris en regardant les magiciens. Juste ça. Je sais ce que j’ai vu, rien de plus. Et je n’ai jamais vu quelqu’un créer de l’eau comme ça. Jamais.

Faïza fronça les sourcils.

- Attends… tu veux dire… que tu n’as pas eu d’enseignement ? Ton maître…

- Ces magiciens, dit Bintou en coupant court, ils sont puissants. Vous ne pouvez pas imaginer. Moi, je suis petite à côté, ridicule. Si vous trouvez mon assemblage beau… le leur, il n’y a pas de mot.

Bassma plissa les yeux.

- Tu n’étais pas leur apprentie.

- Non. Je les ai côtoyés. C’est tout.

- Mais ton maître ? répéta Faïza, incrédule.

- Quand on s’est quittés, j’avais assez observé pour bricoler la magie. Pas bien. Pas comme eux. Et j’ai choisi de partager. Pas de garder pour moi. J’ai eu tort ? demanda Bintou en fixant Bassma. Tort de t’avoir appris ? De t’avoir donné ça ? L’immortalité ?

La kwanza baissa les yeux, les joues rouges, incapable de renier ce don. Atumane, surgissant avec un sourire trop large, lança :

- Ben alors, si tes super-magiciens sont si costauds, eux, ils doivent savoir quoi faire ! L’ancrage, la corruption, tout ça.

- Ce n’est pas l’ancrage, répondit Bintou. C’est ce qu’on en fait.

- Alors pourquoi l’interdire ? lança Bassma, pas encore vaincue.

- Parce que… dit Bintou en cherchant ses mots, parce que c’est… c’est dur de ne pas l’utiliser. Comme s’il… appelait. Tout le temps. On lutte. On lutte sans arrêt.

Nazir et Faïza approuvèrent d’un signe ferme.

- Vous, vous pourriez tenir… peut-être. Mais pourquoi vous imposer ça ? Pourquoi souffrir ? Il vaut mieux ne pas l’avoir.

Cette fois, Bassma se calma, presque touchée par la franchise de la Mtawala.

- Ils savaient que tu manipulais la magie, non ? demanda Bassma, incrédule. Pour des « mages surpuissants », ils sont un peu stupides, non ?

Bintou serra les lèvres. Son regard chercha le sol, puis le ciel, puis un point fixe ; elle n’aimait pas répondre à des évidences qui la dépassaient.

- Ils savaient que je la maniais, dit-elle. Mais ils n’avaient pas prévu que je parviendrais à m’enfuir.

- Tu étais leur prisonnière ? souffla Faïza, la colère et la peur se mêlant dans la voix.

- C’est… compliqué, admit Bintou.

- Pourquoi es-tu partie ? pressa Bassma. Pourquoi ne pas attendre d’avoir tout appris ?

Faïza répliqua avant que Bintou n’ait à se justifier.

- Peut-être qu’elle n’avait pas le choix.

À voix plus basse, comme pour elle seule, Bintou raconta :

- J’avais prévu d’apprendre, oui. Mais ma route a croisé des gens malveillants. Ils étaient nombreux. Ils voulaient me faire du mal. J’étais seule.

- Seule ? s’étonna Faïza. Ils laissaient leur prisonnière sans surveillance ?

Bintou prit une longue inspiration ; les mots la brûlaient encore.

- Je n’avais pas envie de partir, dit-elle enfin. Je voulais rester. J’ai tué. Avec mes pouvoirs. Je n’avais pas d’autre choix.

Faïza pâlit. Atumane hocha la tête comme pour assimiler la gravité du geste. Bassma plissa les sourcils, partagée entre curiosité et trouble.

- Leur règlement, expliqua Bintou, est sans pitié. Le meurtre magique est interdit. Si je n’étais pas partie, ils m’auraient tuée.

- Le meurtre magique est interdit… répéta Bassma, un sourire ironique se dessinant malgré elle. Eh bien, si ces types débarquent par ici, ils auront du boulot avec tous les marabouts d’Eoxit. Enfin, comme je n’ai jamais tué personne, tu veux bien me dire où les trouver ? Je leur demanderai… peut-être qu’ils accepteront de me former.

Faïza la coupa d’un ton sec :

- Bassma.

Bintou écarta la remarque d’un geste las.

- Tu as dépassé les deux générations, dit-elle.

- Et alors ? cingla Bassma.

- Si un apprenti n’acquière pas les notions de base en deux générations, il est considéré comme une perte de temps et est exécuté, expliqua Bintou.

Le silence tomba comme une pierre. Bassma pâlit à ces mots ; sa gueule se ferma.

- C’est rude, annonça Atumane. Merci de ta bienveillance à notre égard.

Bintou ne répondit pas. Elle marchait sur des œufs, consciente que chaque mot la rendait plus fragile aux yeux de ceux qu’elle dirigeait. Elle cherchait ses appuis, mais ne trouvait qu’un vide : son maître, absent, muet dans son esprit.

- Le fait est que leur plus grande peur était que je puisse révéler leur existence, dit Bintou après un silence. Alors non, je ne vous dirai pas où les trouver. Ni qui ils sont. Je ne tiens pas à aggraver mon cas. Au moins, ils n’auront pas ça à me reprocher.

- Tu es déjà condamnée à mort, rappela Atumane. C’est quoi, pire que ça ?

Bintou leva sur lui un regard fatigué.

- Tu manques d’imagination.

Un frisson passa dans le dos du kwanza.

Faïza reprit, comme si elle venait de mettre bout à bout des pièces éparses :

- Si je comprends bien, tu as appris par imitation. C’est pour ça que tu ne sais pas si cet ancrage a causé ce mal. Tu n’as jamais appris la magie. Tu n’en as été qu’un témoin.

- Je suis un marabout face à un kwanza, souffla Bintou.

- C’est impossible, objecta Atumane. Les marabouts ne sont rien comparés à nous. Ta comparaison ne tient pas.

- Elle est en deçà de la réalité, coupa Bintou. Le fossé est bien plus vaste. Entre eux et nous, il y a un gouffre… bien plus grand que celui qui sépare un marabout d’un kwanza.

Atumane secoua la tête. Non. Il refusait. Son esprit ne pouvait pas l’accepter. Faïza fixa Bintou avec intensité.

- Qui est-il ?

- Qui ça ? fit Bassma, interloquée.

- Qui est-il pour toi ? répéta Faïza, ses yeux plantés dans ceux de la Mtawala.

Bintou détourna le regard.

- Qui ça ? insista Bassma.

Atumane soupira.

- Son maître. Bintou pense sans cesse à lui. Son esprit revient toujours vers lui. On ne peut pas le manquer.

- Je n’ai jamais rien remarqué, protesta Bassma.

- C’est parce que tu ne vois que ta gueule, lâcha son frère. Si tu ouvrais un peu les yeux, tu verrais mille choses autour de toi.

Bassma lui tira la langue comme une gamine.

- Maître… répéta Faïza, le mot pesant différemment dans sa bouche. Tu…

Elle s’interrompit, serrant les dents. Elle venait de comprendre quelque chose, mais quoi exactement ? Bintou n’en savait rien, et franchement, elle s’en fichait. Qu’elle pense ce qu’elle veut, pourvu qu’elle lui foute la paix.

- Il est le meilleur d’entre eux, lâcha Bintou.

- Ton maître est le chef de la confrérie ? s’étrangla Bassma.

Si seulement… pensa Bintou en levant les yeux au ciel.

- Appelle-le ! Demande-lui de l’aide ! Il voudra bien, lui ! s’exclama Bassma, incapable de contenir son agitation.

- Non ! gronda Faïza, la voix étranglée par la peur.

Bintou la regarda, immobile. La jeune kwanza venait de comprendre le lien entre elle et son maître, et la terreur vibrait dans chaque mot de Faïza. Elle comprenait enfin pourquoi Bintou refusait de les contacter.

- Nous allons devoir trouver la solution par nous-mêmes, dit Faïza, la voix plus basse, plus ferme.

Faïza poursuivit en pensée, dans cette zone réservée, entre la Mtawala et elle.

« Tu sais, c’est souvent que des personnes maltraitées finissent par éprouver des sentiments positifs envers leur ravisseur. »

La pensée flotta un instant. Puis Bintou répliqua, neutre :

« Il ne m’a pas maltraitée. Mais merci pour ta prévenance. »

Faïza fronça les sourcils, piquée. Bintou grimaça. Elle savait qu’elle n’en aurait pas fini avec la kwanza.

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