Des bruits, là-haut. Des lames, des cris. Narhem dressa la tête. Avait-il rêvé ? Il hurla, le cœur battant comme au premier jour de son enfermement. Une voix. Du mouvement. Une pierre bascula. La lumière inonda le puits.
- Aidez-moi, cria-t-il avec la force du désespoir.
Une corde siffla jusqu’à lui. Il l’agrippa, tremblant. Ses muscles agirent d’instinct, comme si les saisons passées au fond de ce trou n’avaient pas existé. Il monta, sans effort, mais l’estomac noué.
Chaque pouce gagné sur la paroi résonnait dans ses tempes. Un souffle de peur et de joie.
En haut, un jeune homme tendit la main.
- Tu es l’ennemi de notre ennemi. C’est tout ce qu’il me faut.
Narhem se laissa tirer sans répondre. Ses yeux clignaient vite, cherchant à s’accoutumer à la lumière vive. Il était nu. Il le savait. La gêne ne vint pas. La honte… Il l’avait laissée bien loin, peut-être au tout début de l’enfermement. Ou chez les elfes noirs, plus loin encore.
- Je suis Narhem Ibn Saïd, dit-il enfin.
Ce nom lui arracha un frisson. Il ne savait plus très bien ce qu’il signifiait.
- Moi, c’est Galois. Banneret de Brenn Ibn Hombras. On se bat pour son trône. Tu nous rejoins ?
Narhem ne répondit pas tout de suite. Il regarda autour de lui. Le soleil. Le ciel. L’odeur du sang. Tout était trop. Trop vrai. Trop fort.
- Je vais d’abord m’habiller, murmura-t-il. Ensuite… on verra.
Il désigna les cadavres. Galois haussa les épaules et s’éloigna. Narhem s’approcha des corps. Il s’accroupit. Tenta d’arracher une botte. L’odeur le frappa. Il recula.
- Non, gronda-t-il, dégoûté, une nausée le saisissant.
Un rire bref s’échappa de ses lèvres. Sec, sans joie. Il tourna les talons et marcha au hasard dans les couloirs. Des cris, des ordres. Des sabots. Il s’en moquait.
Au troisième étage, une chambre dévastée. Des coffres éventrés. Il chercha. Des robes qu’il délaissa. Dans une malle couchée, une chemise. Une ceinture. Une paire de bottes. Il s’habilla. Chaque pièce ajoutée était un fragment d’identité retrouvée.
Sa main tâta son menton. Les poils avaient poussé. Ses yeux s’écarquillèrent. Il tira sa dague de métal noir pur. La lame vibrait, luisante, saturée de mort. Un mortel aurait hésité à l’approcher de sa peau. Pas lui.
Il s’assit sur le lit éventré, fit glisser le fil contre sa joue. Une mince coupure traça un sillon écarlate, qui se referma aussitôt. Un sourire léger naquit, flotta, resta.
Quand son menton retrouva sa netteté, il soupira comme un homme repu. Il essuya la lame sur sa manche, la rangea avec soin, puis enfila des gants. Le cuir grinça sous ses doigts.
- Je suis vivant.
Le soleil sur sa peau, les plaines vertes à perte de vue, l’odeur salée de l’océan, le bêlement des moutons, les nuages aux formes multiples, la pluie froide, la neige, le sable, le hennissement d’un cheval. Vivant.
Il erra tandis que le soleil se couchait et se levait, s’arrêtant seulement pour se raser, profitant d’un ruisseau pour se rafraîchir, les pieds guidés par rien d’autre que le souffle du vent. Où aller ? Que faire ? Qui devenir ? Il avait l’éternité devant lui. Un gouffre. Il pouvait être qui il voulait, faire ce qu’il voulait. Était-ce une bénédiction ou un piège ?
Redevenir tonnelier ? Épouser une autre femme ? Recommencer, mais en mieux cette fois ?
Narhem fronça les sourcils. Dans un village, il reconnut la misère. Des enfants au ventre vide, des artisans amers qui pestaient contre l’impôt, des caravanes attaquées en plein jour. Le royaume l’écœurait. Il laissait ses enfants crever dans la boue.
Les elfes noirs avaient réduit des peuples entiers en esclavage, mais jamais ils n’auraient toléré une telle déchéance. Leur système de caste était brutal, rigide, mais nul n’y mourait de faim, nul n’était abandonné. Ils se soutenaient, à leur façon.
Narhem plongea dans ses souvenirs. Roi d’Eoxit, il l’avait déjà été. Une année entière à se gaver. À boire, baiser, parader, changer de chemise cinq fois par jour, chevaucher pour le plaisir, hurler au bord des lices, pleurer devant des tragédies qu’il oubliait aussitôt. Pas une pièce vers un affamé, pas une nuit à écouter les plaintes d’un fermier, pas un geste vers un membre de son peuple.
La honte lui remonta dans la gorge. Il pouvait faire mieux. Il le devait. Il suffisait qu’il le décide.
Autour de lui, les plaines s’étendaient, parsemées d’arbres solitaires, de lacs clairs et de collines pelées. Il ne savait même pas où il était, quels fruits poussaient ici, quels dangers s’y cachaient. Eoxit était vaste. Inconnu. Et il avait prétendu le gouverner.
Narhem hocha la tête. Pour régner, il fallait connaître. Il foulerait chaque sentier, traverserait chaque hameau. Il parlerait aux chefs, aux anciens, aux femmes édentées et aux hommes usés. Il découvrirait le cœur du royaume, et quand il retournerait à la capitale, il saurait. Il serait prêt.
Il ne savait pas encore comment reprendre le pouvoir. Mais ce ne serait pas en tranchant une tête de plus. Il refusait de redevenir ce genre d’homme. Il trouverait un autre chemin. Plus lent. Plus exigeant.
Un sourire effleura ses lèvres.
Il avait le temps. Grâce à elle. La femme à la robe blanche, qui lui avait donné plus que la liberté - la possibilité de renaître. Et dont le regard le hantait encore, entre ombre et lumière.
L’accueil fut hétérogène. Si certains villages se réjouirent de partager leur quotidien avec lui, d’autres se montrèrent réticents. Quelques gouverneurs l’accueillirent avec une méfiance compréhensible, d’autres au contraire palabrèrent longuement, ravis qu’enfin quelqu’un s’intéresse à eux. Peu leur importait qu’il soit un inconnu. Il parlait bien, écoutait avec attention, posait des questions justes. Narhem gagnait leur confiance, apprenant de chaque rencontre. Il lisait les livres qu’on lui recommandait, explorant les bibliothèques privées avec une avidité enfantine. Il se mesurait à des jeux de stratégie, étudiait des méthodes d’irrigation, d’organisation sociale, des récits d’échecs et de réformes. La politique lui apparaissait comme un prisme : chaque région en révélait une facette.
Il s’émerveillait de tout, du goût d’une carotte cultivée sur sol pierreux à la finesse d’un discours entre deux chefs de clans rivaux. Un jour, il découvrit la fabrication du papier, de l’encre, des plumes. Le sujet l’absorba des jours entiers. Il avait appris à lire et à écrire lors de son année sur le trône, sans jamais se demander comment naissaient les supports sur lesquels il couchait ses mots.
Il entra dans un monde nouveau : celui des textures, des grains, des encres ferrogalliques ou végétales, des liants et pigments, des parchemins de qualité variable, plus ou moins rugueux, plus ou moins souples. Il apprit à reconnaître l’odeur sèche et mordante de la poudre d’alun, celle plus douce des colles animales. Il découvrit la finesse du tracé qu’offrait une plume d’oie bien taillée, le crissement particulier du métal sur un vélin mal poli, le bruissement apaisant du papier qu’on déroule, la lente absorption de l’encre dans un support trop poreux. Il apprit à lisser les fibres, à estimer l’humidité de l’air, à tenir sa main pour que l'encre ne fuse pas.
Ce voyage initiatique le mena jusqu’à un cartographe.
Narhem découvrit une carte pour la première fois. Une vraie carte. Une projection patiemment tracée, à l’échelle, avec ses courbes de niveau, ses lignes de crête, ses noms de lieux calligraphiés à l’encre sépia, ses symboles normés : petits triangles pour les montagnes, traits ondulés pour les rivières, hachures pour les pentes, petits carrés pour les bâtis. Il en resta muet.
Jusqu’ici, le monde se dessinait pour lui à travers les souvenirs de ses pas. Un monde sensoriel, flou, changeant. La carte fixait l’espace. Elle nommait, ordonnait, reliait. Le cartographe, ravi d’avoir trouvé un auditeur passionné, lui transmit les bases : la triangulation, la toise, la boussole, le compas, le relèvement d’azimut, les proportions à respecter, la légende à construire. Il lui enseigna même la peinture miniature pour ajouter les couleurs : les verts pour les forêts, l’ocre pour les champs, le bleu lavé des cours d’eau.
Narhem se prit de passion pour cet art. La cartographie ne l’occupait pas : elle l’habitait. Il y plongea tout entier, perdant la notion du temps. Contrairement à la musique ou au théâtre, la carte n’était pas un spectacle : c’était une quête.
Quand il se sépara du cartographe, il emportait dans son aumônière des rouleaux de papier vierge, des fioles d’encre, des plumes d’oie affûtées, des petits flacons de sable pour sécher l’écriture. Il traça sa première carte comme on grave un serment. Les premières furent hésitantes, trop chargées ou imprécises. Les montagnes ressemblaient à des vagues et les rivières à des serpents, mais à chaque nouvelle tentative, ses tracés gagnèrent en finesse.
Son œil s’exerça à chaque détail, apprenant à estimer une distance, une altitude, une pente. Il commençait à lire le paysage autrement, comme s’il était un texte ancien à déchiffrer, un puzzle à assembler. Ses doigts glissèrent sur les formes, en suivant des chemins invisibles, comme si chaque ligne tracée sur le papier avait toujours existé dans son esprit, prête à être révélée.
Le souffle du vent venu du nord lui fit lever les yeux au ciel. Un marchand ambulant lui apprit à lire les étoiles, bien utile pour ne pas se perdre et mieux orienter ses cartes. Une vieille femme au visage voilé lui raconta les signes visibles dans le vol des oiseaux ou le frémissement d’une feuille.
Narhem papillonna ainsi de villages en forêts, d’énigmes d’enfants en chants de troubadours, de certitudes établies en légendes murmurées.
Une région se distingua de toutes les autres. Des terres arides, inhospitalières, dont Narhem ignorait jusqu’à l’existence. Il crut un instant s’être perdu, revenu par erreur à L’Jor, au cœur du désert. Mais les étoiles, constantes et fidèles, lui confirmaient sa position : il se trouvait bien au nord-est d’Eoxit. Non loin de L’Jor, certes, mais de hautes montagnes séparaient les deux contrées, leurs cimes enneigées crevant les nuages, rendant toute traversée périlleuse.
Le vent brûlait la peau. La poussière collait à la gorge. Aucun point d’eau depuis plusieurs jours. Et pourtant, au milieu de ce silence minéral, Narhem aperçut des silhouettes. De loin, leur peau sombre et leurs mouvements précis lui évoquèrent des elfes noirs. Pourtant, il s’agissait d’humains, comme l’attestaient leurs oreilles arrondies.
Ils vivaient dans des tentes grossières, tendues de peaux tannées au soleil. Leurs outils, taillés dans l’os ou sculptés dans le bois, semblaient venir d’un autre âge. Aucun métal. Aucune étoffe tissée. Intrigué, Narhem s’approcha.
Les hommes se figèrent. Des regards craintifs, des mains qui se crispent sur des pieux ou des pierres. Il tenta de parler, de rassurer. En vain. Aucun ne comprenait le ruyem. À Eoxit, les patois se multipliaient à chaque village, mais le chef parlait toujours la langue commune. Ici, personne. Pas un mot. Pas une syllabe.
Un défi. Une énigme à élucider. Narhem s’engouffra dedans.
Narhem s’adapta. Il aida un vieil homme à hisser un tronc pour caler une hutte. Il ralluma un feu sous le regard inquiet d’une mère grelottant avec son enfant dans la nuit glaciale. Il s’imposa dans les gestes, pas dans les mots.
À force de patience, de présence, les regards changèrent. On lui adressa la parole. Les sons prirent forme. Les phrases se dessinèrent. Ses années d’oubliettes n’avaient pas éteint cette capacité à capter les rythmes, les accents, les structures.
Un matin, juste après son rasage rituel, il tenta :
- Je m’appelle Narhem Ibn Saïd.
Une femme lui répondit :
- Merci de nous aider.
- Je t’en prie. J’aimerais comprendre… Qui êtes-vous ? Pourquoi vivre ici, dans ce sol sec, quand il existe tant de terres fertiles ailleurs ?
Elle baissa les yeux. La poussière soulevée par le vent dessina une brume ocre autour de son visage, couvrant sa voix d’un voile aride.
- C’est notre punition, dit-elle.
Un homme ajouta, ses lèvres fendillées par la soif :
- On nous chasse. On nous tue si l’on quitte la Landrya.
Narhem ancra ce mot, se promit de l’écrire, plus tard, sur la carte qu’il ne manquerait pas de tracer.
- Pourquoi ?
Le silence s’épaissit. Même le vent sembla se retenir, ne laissant que le craquement des pierres chauffées au soleil. Puis la femme répondit, grave :
- Nous avons accueilli les magiciens. Nous les avons nourris. Nous leur avons donné asile, pouvoir, confiance. Nous n’avons pas écouté les voix prudentes.
Narhem sentit sa nuque se tendre. Son ventre se noua. La vision de la sorcière noire en robe blanche envahit son esprit. Il crut l’entendre le maudire. Lui offrir la vie éternelle, l’amenant à devoir subir la solitude, l’obscurité, le désespoir infini au fond de son trou.
- La magie a tout détruit. Nos terres d’abord, puis celles de nos voisins. Alors, on nous a bannis. Ici, là où rien ne pousse. Là où personne ne veut venir. C’est notre fardeau. Et notre rappel.
Narhem hocha la tête. Cette peine lui semblait juste. Nécessaire. Il fallait des exemples, des cicatrices visibles pour que le monde n’oublie pas. Ce peuple portait la faute comme un manteau brûlant. Pourtant, un doute le frôla. Qui, aujourd’hui, se souvenait encore de leur histoire ? Quelle mémoire avait conservé leur bannissement ? Après tout, il avait discuté avec tant de gens, dévoré tant de livres, sans jamais entendre parler d’eux.
Un peuple puni dans l’ombre, oublié du reste du monde, ne prévient plus personne.
Narhem quitta la tribu. Il marcha vers d’autres terres, traversa les bourgs et les vallées, s’assit sous les auvents, partagea la soupe des anciens. Il écouta sans fin : le clapotis des filets tirés des marais, les chants graves des éleveurs nomades autour du feu, le frottement sec des doigts des tisserandes de l’est, le souffle des bergers appelant leurs chèvres sur les crêtes. Chaque peuple lui offrait une facette d’un royaume bien plus vaste, riche et contrasté qu’il ne l’avait imaginé.
Il en avait le tournis, grisé et accablé tout à la fois. Plus il apprenait, plus il mesurait l’ampleur de la tâche. Qui pouvait prétendre gouverner un pays aussi hétéroclite, aux attentes si opposées et pourtant, parfois, si étrangement semblables ?
Après de longues lunes d’errance, il revint à la capitale. Il se sentait prêt.
Il entra au palais royal comme maître d’armes. Il parlait peu, observait beaucoup. Parfois, entre deux passes d’escrime ou au détour d’un couloir, il glissait un mot au roi. Un conseil, une remarque. Rien d’officiel. Des bavardages, à la manière de deux amis.
Ses paroles faisaient mouche. Le roi s’en souvint, revint, écouta plus attentivement. Il l’invita aux conseils, d’abord les secondaires, puis ceux où tout se décidait. Peu à peu, la voix de Narhem pesa. Ses idées circulaient. Ses jugements orientaient. Son silence intriguait.
Il aurait voulu offrir davantage. Il avait des projets, une vision. Il avait appris la patience. Aller trop vite, trop fort, il risquait de se brûler. Il le savait. On l’exclurait, on le repousserait. Alors il avançait ses pions l’un après l’autre. Lentement. Stratégiquement. Un mot par ici. Une alliance par là. Il acceptait de reculer. Pour mieux encercler.
Un soir, le roi, allongé dans ses draps, brisa le silence :
- Je suis vieux. Et toi ? Tu n’as pas vieilli.
- Je ne vieillis pas, répondit Narhem.
- Tu n’as pas besoin de manger. Ni de boire. Tu le fais par politesse. Par habitude peut-être. Mais je sais.
- Je ne t’ai jamais menti.
- Non, admit le roi. Le temps. Le poison. Les lames. Les maladies. Rien ne t’atteint.
- Tu es bien sûr ? fit Narhem, méfiant. Comment peux-tu en être certain ?
Le roi sourit.
- Il y a longtemps… quelqu’un t’a visé. Ton verre. Du poison. Je l’ai su trop tard. Je suis arrivé, prêt à te pleurer. Mais toi… tu souriais. Tu disais que le vin avait un arrière-goût d’herbes. J’ai compris. Depuis, je ne cherche plus à empêcher les tentatives d’assassinat contre toi. C’est de l’énergie perdue.
Narhem ricana. Quel gaspillage, en effet.
- Et les lames ? demanda le roi. Combien t’ont transpercé ?
- Je ne les compte plus, grogna Narhem.
Le roi voulut rire, mais cela déclencha une quinte de toux. Il se redressa à peine, le souffle court.
- Tu seras le prochain roi.
- J’en doute. Mes idées…
- Sont admirables, le coupa le roi. Tu veux enlever du pouvoir aux nobles. Évidemment qu’ils te haïssent. Mais tu as raison. Notre système prétend que n’importe qui peut devenir roi. Pourtant, ils n’élisent qu’entre eux.
- Mettre un paysan inculte sur le trône, ce serait folie.
- Il y a des gens très bien parmi le peuple, murmura le roi, le regard fixé sur son conseiller.
Narhem détourna les yeux.
- Moi… c’est différent.
- Ah bon ? Pourquoi ? Tu n’étais pas… tonnelier ?
Narhem eut un rictus. Il s’était confié. Trop peut-être.
- Dans une autre vie… Il y a très longtemps.
Le souvenir le heurta. Il secoua la tête. Il ne voulait pas s’y replonger. La vie était simple, à l’époque. Il aurait voulu qu’elle le reste. Les elfes noirs avaient brisé cette route, l’avaient plongé dans l’arène, l’enfer, l’oubli. Il ne voulait plus être tonnelier. Ni esclave. Ni bête de foire. Ni roi de guerre. Il voulait laisser une autre trace. Faire plus. Faire mieux. Rendre ce royaume libre. Équitable. Juste. Grand. Il y parviendrait.
- Il n’empêche que tu viens du peuple, dit le roi. Et dans quelques jours, tu seras roi.
- Non, murmura Narhem.
- Si, souffla le roi.
Il ferma les yeux, un sourire paisible sur les lèvres.