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Chapitre 44 : Bintou – Massage

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Par Nathalie

Bintou discutait avec un client tandis que deux autres examinaient les produits, quand la porte s’ouvrit. Elle leva brièvement les yeux. L’eoshen. Déjà ? Une lune à peine s’était écoulée depuis son départ. Jamais aucun d’entre eux n’était revenu si tôt.

- Excuse-moi, lança-t-elle au client avant de faire face au nouveau venu. Que tes nuits soient sombres, eoshen. Un problème avec mes produits ?

- Dehors, ordonna-t-il d’une voix sèche.

Un claquement de doigts. La boutique se vida. Bintou contacta le shen et, d’un geste discret, fit glisser le panneau fermé devant la porte. Il voulait être seul avec elle. Elle s’empressa d’obéir.

Son regard capta l’éclat naissant d’une Nech’i kwasi dans sa main droite. Elle frissonna et recula d’un pas.

- Qu’est-ce qu’il y a ? s’étrangla-t-elle.

- Qu’est-ce que tu m’as fait ? grogna-t-il.

- Comment ça ? bredouilla Bintou.

- Qu’est-ce que tu m’as fait, répéta-t-il, glacé.

La boule blanche grossissait, palpitante. Le temps pressait.

- Je ne comprends pas !

- Quand j’étais endormi. Qu’est-ce que tu as fait ?

Il avançait. Sous ses yeux, Bintou voyait son tissage d’énergie - ce chef-d’œuvre invisible - danser autour de lui. À l’endroit du nœud, il n’y avait plus rien : les fils, mieux répartis, s’harmonisaient avec force. Elle se sentit rassurée.

- Je ne t’ai rien fait, mentit-elle.

La main armée s’éleva, menaçante.

- J’ai… dénoué un nœud, avoua Bintou, tremblante.

Le geste suspendit sa course. La Nech’i kwasi resta captive de sa paume.

- Tu as… quoi ?

- Un nœud. Là, sur ton épaule. Et il y en a un autre, ajouta-t-elle en désignant la hanche gauche.

Il se tut, clignant des yeux comme s’il cherchait à comprendre.

- Débarrasse-moi de celui-là aussi.

Bintou hésita, ne comprenant pas.

- Refais ce que tu as fait, insista-t-il.

Comme elle restait figée, la boule blanche se rapprocha. Bintou sursauta, gémit, puis balbutia :

- D’accord ! D’accord !

Elle s’agenouilla, tendit la main vers les fils. Dès le premier contact, une brûlure vrilla ses doigts, s'étendant à son bras. Elle lâcha prise. L’eoshen tressaillit.

- Ce n’était pas pareil la dernière fois, dit-il en fronçant les sourcils. C’était... étrange. Pas désagréable.

Il ne s’adressait pas à elle, mais à ses collègues, via le lien télépathique. Il parlait à voix haute, sans conscience de sa présence.

- Tu l’as défait ?

- Non… gémit-elle.

- Alors, bouge-toi.

- Ça fait mal ! protesta Bintou.

- Tu préfères ça ? rétorqua-t-il en agitant la Nech’i kwasi sous son nez.

Bintou secoua la tête, les larmes aux yeux. Elle serra les dents, inspira profondément, puis, malgré la douleur qui lui lacérait les muscles et rongeait ses os, elle s’attela à défaire le nœud. Quand les fils cédèrent, l’intensité explosa. Elle s’écroula, transpercée de part en part.

- Oh, c’est merveilleux ! s’exclama l’eoshen. Comme après une méditation profonde… Quelle jouissance ! Et ça s’amplifie encore !

Il rayonnait, exalté. Puis il posa la main sur l’épaule de Bintou. Elle retrouva le contrôle de son corps et se redressa en vacillant. La Nech’i kwasi brillait toujours dans sa main droite.

- Bon… reprit-il, la voix redevenue glacée. Tu as profité que je dorme pour me faire quelque chose…

- D’agréable, tenta-t-elle en tremblant.

Il leva les yeux vers le plafond, sembla écouter.

- Il me le permet.

Et, sans prévenir, la Nech’i kwasi fila. Bintou tomba, brisée en mille éclats.

Lorsqu’elle s’éveilla, elle était de nouveau au foyer, dans l’une des nombreuses pièces vides. Son tourmenteur se tenait devant elle. Bintou chercha son moi intérieur, trouva son écho. Elle hésita à se lever.

- Je suis désolée, dit-elle.

- Je m’en fous. T'as fait une erreur. T'as été punie. Point. Est-ce que j'ai d'autres nœuds ?

Bintou gémit.

- T'en veux une autre ?

Elle secoua la tête, appela le shen, se leva et s'approcha, scrutant l’assemblage.

- Qu'est-ce que tu vois ?

- Quoi ?

- Tu sembles utiliser tes yeux, fit-il remarquer. Alors… qu’est-ce que tu vois ?

- Vous… ne le voyez pas ? demanda-t-elle en insistant sur le « vous », consciente que toute la communauté écoutait.

Il la transperça du regard.

- C’est toi qui poses les questions, poursuivit-elle.

Il hocha la tête, grave.

- D'accord… Euh… Tu me demandes ce que je vois en te regardant toi, spécifiquement ?

- Tu ne vois pas la même chose chez tout le monde ?

- Non…

- D’accord. Commence par le premier que tu as vu.

- Le professeur qui m’a appris à cesser de me répandre.

- Et alors ?

Bintou décrivit les fils épais et rugueux, le filet grossier, les gros nœuds.

- Les fils, gros ou petits, flottent librement autour de nous ?

- Non. Ils sont attachés par endroits… par des ancrages… plus ou moins gros.

Elle ferma le poing.

- Chez les apprentis, ils sont gros… Chez le professeur, c’était… le poing d’un nourrisson.

- Et chez moi ?

Bintou étudia l’assemblage. Les tissus, par endroits, effleuraient la peau, reliés par d’infimes attaches.

- Un grain de sésame.

- Un grain de sésame ? répéta-t-il, incrédule.

Il se regarda, surpris. Puis leva la tête. Bintou comprit : il écoutait les autres.

- Est-ce que les non-eoshen ont un assemblage ?

- Oui, répondit Bintou, repensant à Yarhi.

- C’est pareil que nous ?

- Non. Pas d’ancrages. Les fils flottent librement, verticaux. Aucun maillage. Juste des chemins droits, le long du corps.

- Tu as un assemblage ?

- Moi ? Je… Je ne sais pas.

- Tu ne vois rien en te regardant ?

- Non. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas.

- Tu ne peux peut-être pas voir le tien… Et donc, dans mon tissu ancré par des grains de sésame, il y a des nœuds qui rompent l’harmonie ?

Bintou grimaça.

- Oui. J’en vois trois.

- Très bien, fit-il en la félicitant. Sortons.

Bintou soupira d’aise. Il ne lui avait pas demandé de retirer les nœuds. Il lui épargnait, pour cette fois, la douleur.

Dehors l’attendait le professeur sadique.

- Il paraît que tu vas essayer de me dénouer et que ça risque de te faire mal. Tu penses bien que je me suis immédiatement porté volontaire ! indiqua-t-il en souriant.

- Que vois-tu ? demanda l’eoshen nomade.

- Comme la dernière fois. Le maillage est grossier, rugueux, emmêlé. C’est moche.

- Très aimable, merci, dit le professeur.

- Essaye de démêler un de ses nœuds.

Bintou lui lança un regard suppliant qui ne reçut en retour que de la fermeté. Bintou s’approcha, avant de hurler, le bras en feu.

- Que ressens-tu ? demanda l’eoshen.

- D’après vous ? J’ai mal, putain de connards.

L’eoshen sourit en retour avant de préciser :

- C’est la même douleur ? De la même nature ? De la même intensité ?

- Non, c’est bien pire avec lui.

- Ah bon ? s’exclama l’eoshen qui, visiblement, s’attendait à l’inverse.

Il leva les yeux au ciel et Bintou s’attendit au pire.

- Touche un fil non emmêlé, ordonna-t-il.

Bintou tendit la main et le professeur ne l’en empêcha pas. Elle choisit le fil principal, un des rares à être lisse et doux. Elle le saisit avec une infinie douceur et le caressa, tandis que le professeur grimaçait.

- Tu as mal ? demanda l’eoshen à son collègue.

- Non, précisa-t-il. Je n’arrive pas à mettre de mots sur ce que je ressens. Ça crisse, ça sursaute, ça glisse, ça se tend, ça a peur, ça veut que je fuis, ça veut rester pour en avoir encore. C’est agréable. C’est atroce. Je ressens trop de choses en même temps.

- Bintou ?

- Je ne ressens aucune douleur. Je caresse juste sa ligne principale.

- Comment sais-tu qu’il s’agit de sa ligne principale ?

Elle haussa les épaules. Elle n’en avait aucune idée.

- Tu peux arrêter, indiqua-t-il et Bintou retira sa main avant de faire un pas en arrière.

Le professeur soupira d’aise tout en grimaçant de dépit.

- C’est agréable quand elle délie un nœud ? demanda-t-il à son collègue.

- Extrêmement ! annonça-t-il. En revanche, elle en souffre atrocement. Il faudrait trouver un moyen pour qu’elle puisse…

- Il suffit de vous endormir, le coupa-t-elle.

- Et se retrouver inconscient à la merci de n’importe quel danger ? Aucun de nous ne voudra.

- Tu as dit que tu ressentais la même chose parfois quand tu méditais. Ça veut dire que vous êtes capable de retirer vous-même vos nœuds, quand vous méditez. C’est peut-être ça, la solution.

- Non. Cela requiert une méditation profonde, auquel les eoshen du foyer n’ont pas accès. Quant à moi, il me faut une lune entière pour parvenir à cet état. C’est trop long.

Bintou observa l’eoshen intensément.

- Quoi ? demanda-t-il.

- La méditation, je la ressens comme un immense moment de détente, de bien-être.

- Comme tout le monde, précisa-t-il.

- Vous devez juste vous détendre ?

- Juste, oui, grinça-t-il sur un ton « plus facile à dire qu’à faire ».

- Je vais avoir besoin de matériel.

- De matériel ? T’as besoin de quoi ?

- Une table haute molletonnée, une baignoire et le matériel complet de parfumeur, alambic, distillateur… Il me faut une pièce proche d’une source d’eau et de feu.

- Rien d’autre ? demanda-t-il en souriant avant de répondre gravement : Tu auras tout ça, pas de problème.

Bintou sourit.

- Tu vas me dénouer ? demanda le professeur sadique.

- Pourquoi pas…

- Je t’en serais extrêmement reconnaissant, précisa-t-il.

- J’essayerai de ne pas te faire mal… ou pas, finit-elle en s’éloignant en sifflotant.

Le matériel arriva, pièce par pièce. Bintou s’était réservé deux salles attenantes, au rez-de-chaussée. Proches de la fontaine et du feu des herboristes, l’emplacement était idéal.

Dans la pièce du fond, la baignoire fut livrée en premier, un grand ovoïde de bois couvert d’un linge blanc. L’autre salle se meubla d’étagères et d’un vaste plan de travail. La table molletonnée arriva en dernier. Le menuisier s’était surpassé : l’ouvrage était magnifique.

Seul manquait l’alambic. L’objet, commandé de loin, exigeait des soins particuliers : les eoshen avaient fait appel aux meilleurs artisans du pays pour garantir sa qualité.

- Peux-tu faire sans ? demanda l’eoshen nomade.

- Il y a ce qu’il faut chez Yarhi, répondit-elle.

- Va chercher ce dont tu as besoin et reviens, l’autorisa-t-il.

Bintou sourit et fila. Elle trouva la boutique ouverte.

- Bintou ! Où étais-tu passée ? s’écria Yarhi.

- Yarhi ! Tu es revenu ! dit-elle en le serrant contre elle. J’ai besoin de…

Elle s’interrompit : il venait de brandir les bourses cachées derrière le meuble.

- C’est quoi tout cet argent ?! hurla-t-il en secouant les recettes des dernières lunes.

- Les revenus de ta boutique en ton absence, expliqua-t-elle. Yarhi, je…

- Tu plaisantes ! Tu sais combien il y a là-dedans ?!

- Non. Je ne sais pas compter, rappela Bintou.

La réplique le cloua sur place.

- Les eoshen m’attendent, ajouta-t-elle. J’ai besoin de produits.

- Sers-toi, répondit-il d’une voix étranglée. Prends tout ce que tu veux.

Déchiré entre l’envie de s’énerver et celle d’exploser de joie, il la regarda piocher quelques flacons. Bintou repartit en courant vers le foyer.

- Tu veux commencer ? comprit Bintou.

- Commencer et finir, répondit le professeur, un sourire sadique aux lèvres. Je suis le seul eoshen volontaire.

Bintou hocha la tête et lui ouvrit la porte. Dans son dos, elle la referma d’un geste sec, coupant net l’élan de l’eoshen nomade qui avait tenté de s’inviter.

- Tu vas faire quoi ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.

- T’obliger à te détendre, répondit-elle. Déshabille-toi.

- Non, répliqua-t-il aussitôt.

Elle arqua un sourcil.

- Quelque chose dont tu aies honte ? lança-t-elle d’un ton acerbe.

Il gronda, fronça encore davantage les sourcils.

- Non, répéta-t-il. Le sexe n’est pas…

- Je ne compte pas faire ça avec toi, coupa-t-elle.

- Je suis laid ? s’amusa-t-il.

Bintou fut heureuse que ses pensées ne s'échappent plus en tous sens. Non, il ne l’était pas. Aucun eoshen ne l'était. À ses yeux, ils étaient tous beaux. Pas une once de graisse superflue, pas de cicatrice, pas la moindre difformité. Pas même une ride.

Le professeur ne faisait pas exception. Il n’était pas simplement beau : son corps frôlait la perfection. Mais Bintou ne ressentait aucun désir pour lui. Son esprit n’en voulait qu’un seul, lointain, inaccessible.

- Je t’ai rendue triste. Pardonne-moi, souffla-t-il. Ce n’était pas mon intention.

Elle secoua la tête, tentant de chasser ses pensées parasites.

- Non, tu n’es pas laid, répondit-elle. Mais il ne s’agit pas de sexe.

- Pourtant, je dois être nu ?

- Oui, confirma-t-elle. Ton assemblage couvre tout ton corps. Pour tout dénouer, je dois pouvoir accéder à chaque point.

Elle sourit avec une once de provocation :

- À moins que le seul nœud que tu veuilles conserver soit celui sur ta bite.

Il grimaça en souriant, puis commença à se déshabiller. Bintou détourna les yeux et inspira profondément, captant sa fragrance. Emplie de son odeur, elle composa une huile unique, pensée pour lui seul.

- Je m’allonge ? demanda-t-il.

Elle devina, aux bruissements, qu’il avait terminé de se dévêtir.

- Oui, sur le ventre, s’il te plaît.

Un mouvement d’étoffe et un souffle plus lourd confirmèrent qu’il s'était installé.

- C’est prêt, annonça-t-elle. Je commence.

Quand elle se retourna, ses yeux se posèrent, malgré elle, sur des fesses d’une perfection insupportable. D'un effort de volonté, elle rejeta toute pensée déplacée et activa le shen. Aussitôt, l'assemblage inharmonieux du professeur se révéla.

- Tu vas faire quoi ? demanda-t-il, inquiet.

- Chut, souffla-t-elle.

Elle débuta par sa main gauche, celle vers laquelle il avait tourné la tête, pour qu’il puisse suivre ses gestes et se rassurer. Tant qu’il resterait crispé, elle n'obtiendrait rien.

- C’est agréable, mais ça…

- Silence, murmura-t-elle, posant un doigt léger sur son poignet.

Il se tut, ferma les yeux. Sa respiration se fit plus lente. Bintou fit glisser ses doigts huilés le long de son bras, patientant, attentive au moindre frémissement. Lorsqu’elle atteignit l’épaule, elle sentit sous ses doigts un ancrage dense, gros comme une grenade. Elle y concentra ses efforts. Le professeur, peu à peu, se détendit.

Bintou massa les épaules du patient avant de descendre lentement sur un autre ancrage, en plein milieu du dos. Son client sombra en méditation, état qu’elle reconnut au premier frémissement de son souffle. Elle effleura un nœud et se prit une décharge : il n’était pas encore assez détendu.

Elle glissa plus bas, jusqu’aux lombaires. Le troisième ancrage l’enfonça plus profondément dans l’assemblage. À cet instant, la porte grinça, laissant entrer un courant d’air froid. L’eoshen nomade surgit.

- Sors, ordonna-t-elle sans lever les yeux. Tu me déconcentres. Et tu fais entrer de l’air odorant.

Il referma la porte… sans ressortir.

- Je t’ai demandé de sortir, répéta-t-elle, plus sèche.

- Il ne répond plus, dit-il en s’accroupissant près du professeur.

- Il médite, c’est tout, répliqua Bintou.

- Il médite, oui… mais profondément ! s’exclama l’eoshen en effleurant son collègue du bout des doigts. C’est impossible pour un sédentaire !

- Apparemment pas, lâcha Bintou. Maintenant que tu es rassuré, s’il te plaît, laisse-nous.

L’eoshen recula, le front plissé, avant de refermer derrière lui. Bintou reprit son travail. Elle effleura le nœud : cette fois, aucun choc. Les fils se détendaient. Elle sourit. Enfin, elle pourrait réaligner tout ça.

Défaire les nœuds, repositionner les fils, les laisser se ressouder d’eux-mêmes, caresser pour retendre l’assemblage… Nœud après nœud, Bintou s’appliqua, heureuse de voir le filet retrouver justesse et harmonie.

Un bâillement la trahit. Ses yeux la brûlaient, ses bras la tiraient. Pourtant, tant restait à faire… Elle décida de s’arrêter malgré tout. D’une caresse du shen, elle invita son patient à émerger.

Le temps de se laver les mains et de ranger, il bougeait enfin. Il tenta de se lever, chancela. Bintou bondit pour le soutenir.

- Ça va ? demanda-t-elle.

- J’ai… du mal… à trouver l’équilibre.

- Prends ton temps.

Il hocha la tête, resta assis. Peu à peu, son teint reprit des couleurs.

- De l’eau chaude et du savon t’attendent dans la baignoire, à côté, proposa Bintou. Tu pourras retirer l’huile.

Il remercia d’un signe et disparut. Bintou en profita pour aérer la pièce, rendre à l’air sa neutralité. Quand il revint, une serviette autour des hanches, elle ne put s’empêcher d’admirer la beauté sobre de son torse.

- Je ne sais pas ce que tu as fait, mais… je ne me suis jamais senti aussi bien, dit-il en se rhabillant. Je préfère ta méthode à la mienne.

Bintou se contenta d’un sourire, vaincue par la fatigue.

- Tu as une mine affreuse ! lança-t-il en riant.

- Je suis fatiguée, admit-elle.

- Appelle ton moi intérieur.

- Ça ne changerait rien. C’est… une autre fatigue.

- Alors dors. La table est confortable.

- J’aurais trop peur de tomber. Une natte à même le sol suffira.

- Bonne nuit, alors, dit-il en franchissant la porte.

Nul doute qu’il allait raconter tout cela à ses collègues.

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