Bintou avançait à pas comptés, attentive au moindre indice. Chaque trace dans la boue détrempée, chaque brindille cassée sous la pluie battante lui parlait. Par une nuit aussi sombre, suivre une piste relevait du prodige. Mais ce genre de miracle, elle en était capable.
Aînée de sa famille, elle avait endossé très tôt le rôle de protectrice. Tandis que son frère ramenait des impalas ou des oiseaux, elle écartait les léopards qui rôdaient aux abords du village, repoussait les lions d’un cri, d’un feu, d’un leurre. On lui avait appris les armes, oui, mais surtout l’art de traquer : une science plus silencieuse, plus précise, plus exigeante.
Pourtant, les bêtes sauvages n’étaient rien face aux hommes venus du nord. Ces pillards ne cherchaient ni chair ni territoire, mais les rubis, éclats de sang pétrifiés dans la roche, qui parsemaient la région comme des graines de guerre. Ici, on les cueillait comme des fruits. Là-bas, au-delà des forêts millénaires, ils valaient des fortunes.
Bintou n’était pas venue tuer. Pas ce soir. Ils étaient trop nombreux, bien trop armés. Son arc, sa dague, ne pesaient rien contre leurs lames. Elle était là pour apprendre. Observer. Suivre. Trouver leur tanière, puis rentrer. Et cette fois, le village les attendrait.
Elle rabattit sa capuche sur son front. L’eau dégoulinait déjà dans son cou, mais la toile plaquée contre ses tempes lui laissait au moins la vue dégagée. Les empreintes l’amenèrent jusqu’au bord d’un lac immense, vaste comme une mer figée. Elle ne connaissait pas cet endroit. Trop loin. Elle avait franchi la frontière entre son pays, Msumbiji, et Eoxit, leur voisin du nord. Peu importait. Les frontières n’arrêtaient pas la colère.
Elle scruta la rive. Les brigands avaient pris des barques. Elle grinça des dents. Un plan parfait pour effacer leurs traces. Tout ça pour une impasse ? Non.
Si elle avait été l’un d’eux, où aurait-elle fui ? Pas vers les marécages : trop traîtres, trop vivants. Il suffisait de frôler la mauvaise grenouille pour y laisser la peau. Le nord ? Trop proche de Falathon. Les soldats là-bas étaient mieux entraînés. L’est… L’est était un territoire de légendes et de cauchemars. On disait que les elfes noirs y vivaient. Parfait. Personne n’irait les chercher là.
Son père la tuerait s’il apprenait qu’elle avait traversé seule. Encore plus si elle franchissait cette limite-là. Elle ferma les yeux. Envoya des excuses silencieuses à son père, très loin, au village.
Elle plongea, toute habillée. La pluie l’avait déjà trempée jusqu’aux os. Autant aller au bout. Elle choisit un bras d’eau étroit, calme, presque invisible dans la nuit.
Le froid la saisit à peine. Elle se laissa porter. Mieux valait économiser ses forces. Le courant fit le travail, l’emmenant bien plus au sud qu’elle ne l’aurait imaginé.
Elle émergea en silence et se faufila dans les marécages, en prenant soin de ne rien effleurer d’inconnu. L’averse avait au moins un avantage : les moustiques l’avaient abandonnée.
Plus loin, elle retrouva le lac. Elle ajusta à nouveau sa capuche, dérisoire rempart contre le déluge. Elle s’engagea sur la plage, les yeux fixés au sol. Un sourire fendit son visage. Les barques. Elles étaient là. Elle avait visé juste.
Elle se pencha sur les empreintes, ses doigts effleurant une marque encore nette. Ils étaient proches. Terriblement proches.
Sans cette pluie incessante, elle les entendrait peut-être rire. Chanter. Parler. Leur feu crépiter.
Un sac s’abattit sur sa tête. On l’allégea de sa dague, de son arc, de son carquois. Des mains fermes, silencieuses, la fouillèrent à la ceinture. Avant même qu’elle n’ait pu songer à réagir, ses poignets étaient liés derrière son dos, une corde glissée autour de son cou l’obligea à marcher. Une lame froide contre ses côtes la dissuada de toute tentative.
Tout s’était passé sans un mot. En un souffle.
Bintou comprit : ce n’étaient pas les voleurs qu’elle traquait. Ceux-là faisaient trop de bruit, se croyaient à l’abri, riaient fort autour de leur feu. Ces nouveaux-là ne voulaient surtout pas qu’on les entende. Comme elle.
Ils marchèrent. Longtemps. Sous la pluie d’abord, puis sous un ciel lavé d’orage. À l’aveugle, Bintou posait ses pieds avec prudence, se guidant au souffle du vent, aux changements d’odeur, aux variations du sol sous ses pas.
Ils s’éloignaient. Elle le sentait. Ce n’était plus le camp des hors-la-loi qu’ils fuyaient : c’était autre chose. Un autre but. Une autre direction.
Elle finit par rompre le silence.
- Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
Rien. Pas un mot. Pas même un soupir. Le mutisme de ses ravisseurs lui glaça la nuque plus sûrement que la pluie. Elle serra les dents. Ce silence n’avait rien de bon.
Pourquoi l’avoir enlevée ? Pourquoi elle ? Si c’était pour la vendre, il y avait plus simple. Des filles, seules, sans armes, il y en avait d’autres. Pourquoi l’arracher à la forêt, la nuit, sous l’averse, avec tant de précautions ?
Des pensées affluaient, se heurtaient, tourbillonnaient. Elle les garda pour elle. Cela ne changerait rien.
Le plus étrange, pourtant, n’était pas le silence de ses ravisseurs. Ni la durée du trajet. C’était son propre corps.
Elle aurait dû avoir mal aux pieds, froid aux mains, faim, soif, envie d’uriner. Mais rien. Comme si le temps glissait sur elle sans l’atteindre. Comme si son corps dormait, tandis que son esprit luttait pour comprendre.
C’était bien là le plus inquiétant : elle ne comprenait pas. Ce qu’on voulait d’elle, ce qu’elle représentait, où on l’emmenait.
Elle marcha, sans plus compter les pas. Sans plus savoir depuis combien de temps. Juste guidée par la corde autour de son cou, et cette étrange absence de douleur.
Des sons flous, comme assourdis par de l’eau ou de la ouate, commencèrent à émerger. Des voix. Des bruits de pas sur de la pierre. Des portes. De la vie.
Le sac lui fut ôté. Ses paupières papillonnèrent, mais la lumière ne l’agressa pas. Pas de soleil. Pas de ciel. Elle n’était pas dehors. Le sol sous ses pieds était sec, régulier. Les murs, de pierre. Au-dessus d’elle, un toit de chaume. Une odeur de mousse séchée et de poussière.
La capuche de toile trempée collait encore à son crâne, glissant jusque devant ses yeux. Elle tenta de la secouer, sans succès. Une main s’approcha. La retira. Un souffle de surprise s’échappa. Pas d’elle. De l’autre.
Elle se tourna. Resta figée.
Grand. Mince. La peau violacée, veinée de reflets sombres comme la nacre d’un coquillage. Des cheveux noirs, lisses et tressés, encadrant un visage dur. Des oreilles longues, effilées. Des vêtements chamarrés, à la mode d’un autre monde.
Un elfe noir.
Bintou cligna des yeux, sans oser détourner le regard. Depuis quand ces créatures s’intéressaient-elles aux humains ? Au point de les enlever ?
Elle n’en avait jamais vu, seulement entendu parler. Des pêcheurs du lac Lynia, disait-on. Silencieux. Lointains. Peu nombreux. Ni hostiles, ni amicaux. Un peuple neutre. Reclus. Inaccessible.
Et pourtant, les histoires les entouraient comme une brume épaisse : romances tragiques, sortilèges, pactes oubliés. Mais tout cela n’était que folklore. Aucune trace, aucun témoin. Juste des mots pour bercer les veillées.
Bintou n’avait jamais cru à ces fantasmes. Les elfes noirs, si tant est qu’ils existaient, devaient être comme tout le monde : des êtres faits de chair, de fatigue, de besoins. Elle les imaginait paisibles, peut-être rustres. Pas menaçants.
Alors pourquoi ce regard sombre sur elle ? Pourquoi ce silence tendu, cette posture droite, cette immobilité cérémonieuse ?
Elle tenta de comprendre. Un regard circulaire l’aida à prendre la mesure du lieu. Une vaste pièce, percée d’arcades ouvertes sur d’autres espaces. Une bâtisse de plain-pied, solide, bien conçue.
À droite, deux cellules. Massives. Métalliques. Parois, plafond, sol, tout était d’acier. Un bloc sans faille, comme enfoncé dans les fondations.
Dans la cellule de gauche, deux hommes. Humains. Nus. Assis à même la dalle. Le dos voûté, le regard terne. Ils la fixaient sans réel intérêt, comme si plus rien ne pouvait les surprendre.
Un second elfe noir se tenait près des cellules, aussi drapé que le premier dans des étoffes longues et chamarrées.
À peine leurs regards croisés que la discussion éclata. Pas un échange feutré, mais une querelle animée, théâtrale. Les voix fusaient, graves, rythmées, gutturales. Leurs bras s’agitaient comme des branches dans le vent, et plusieurs fois, l’un d’eux la désigna du doigt.
Bintou resta figée, incapable d’interpréter les sons, mais saisie par le ton. On criait à propos d’elle.
Son estomac se serra. Était-ce sa peau ?
Elle jeta un œil vers les deux prisonniers. Peau pâle. Cheveux clairs. Elle, au contraire, noire d’ébène, venue du Sud. Le sac sur sa tête, ses gants, sa capuche avaient dû masquer sa couleur jusqu’ici. S’étaient-ils trompés ? Se faisait-il gronder pour cette erreur de... pigmentation ?
Les deux elfes continuaient leur joute verbale. Les intonations montaient, redescendaient, claquaient comme des tambours. Chez des humains, on en serait déjà venu aux mains. Eux, non. Pas un geste hostile, pas une menace, juste une tension contenue.
Puis celui posté à la porte dégaina une dague. Le souffle de Bintou se coupa.
Il s’approcha. Elle recula, dos au mur, cœur affolé. Le visage de son vis-à-vis ne trahissait ni colère ni haine. De sa lame, il trancha. Bouton après bouton, couture après couture. Le tissu céda sans brutalité, méthodiquement, jusqu’à ce que le corps de Bintou soit offert à la lumière.
Les ricanements vinrent des cellules. Les deux hommes s’étaient redressés, soudain captivés.
L’elfe, impassible, abaissa sa dague. La pointe effleura le pubis de Bintou, l’effleura, comme pour désigner, confirmer, déclarer. Un mot suivit, adressé à son comparse. Ce dernier grogna, tapa du pied, et quitta la pièce en maugréant.
Bintou comprit. Ce n’était pas sa couleur. C’était son sexe. Elle n’était pas l’homme qu’ils croyaient avoir capturé. Elle n’était pas la proie attendue.
Ses vêtements les avaient trompés. Habits amples, couverts jusqu’au cou, poitrine bandée pour tirer sans gêne, bottes d’homme pour la marche.
Dans sa tribu, cela n’avait rien d’étrange. On s’habillait comme on voulait. Le sexe n’avait pas d’importance. Seul le rang dans la fratrie définissait le rôle : protecteur, chasseur, nourricier… ou tout à la fois si les enfants étaient peu nombreux. Aucun n’était exclu d’une tâche pour des raisons de genre. On lavait les latrines comme on maniait l’arc, sans distinction.
Ici, tout semblait différent. Les elfes noirs avaient sans doute d’autres repères. D’autres codes. Peut-être que, chez eux, les femmes ne portaient pas d’armes. Peut-être qu’on n’enlevait que des hommes pour ce qu’ils avaient à offrir.
Et elle, dans tout ça ? Inutile. Une erreur de livraison. Son cœur s’alourdit. Ils n’allaient pas la garder. Elle ne servait à rien. Ils allaient la tuer. Elle en était persuadée.
L’elfe noir s’approcha, sans hâte. Bintou ne bougea pas. Ses mains restaient liées dans le dos, son souffle court, sa gorge nouée. Il la toisa longuement. Elle baissa les yeux. Sa peur devait se lire à des lieues.
Il soupira. Un soupir las, ennuyé. Il secoua la tête, fronça les sourcils. Il semblait chercher quoi faire d’elle, comme on hésite entre deux objets défectueux.
- Je peux être utile, souffla-t-elle.
La gifle la prit de plein fouet. Sa joue explosa de douleur. Elle s’écrasa au sol, incapable d’amortir sa chute. Ses bras, entravés dans son dos, tirèrent sur ses épaules. Le choc la sonna.
L’elfe lui parla. Une langue rugueuse, rapide, étrangère. Aucun mot ne lui parvint. Rien qu’un flot de sons qui la dépassaient.
Elle resta là, prostrée, figée comme un animal traqué. Peut-être allait-il l’égorger maintenant. Juste là, comme ça. Parce qu’il s’était trompé de marchandise.
Il s’accroupit, l’attrapa par la gorge et la souleva comme un poids mort. Elle hurla, un cri bref, arraché à la douleur. Il n’en eut cure. Il sortit sa dague.
- Je vous en prie, je…
Nouvelle gifle. Nouvelle chute.
Cette fois, il parla peu. Quelques mots. Puis la lame glissa contre sa peau. Elle ferma les yeux. Mais la pression ne mordit pas sa chair : elle trancha ses liens. Les cordes tombèrent.
Quand elle se retourna, l’elfe s’éloignait déjà, indifférent. Il disparut dans un couloir, comme s’il l’avait oubliée.
Derrière les barreaux, les prisonniers avaient assisté à toute la scène.
- Viens par là, chérie, lança l’un d’eux. On s’ennuie un peu ici. Tu danses, non ? Allez, fais-nous plaisir.
- Elle est trop maigre, grogna l’autre. Regarde-moi ça. On voit ses côtes. Même pas un vrai cul. Pas de seins.
- Bah, c’est qu’elle est jeune. C’est bien comme ça. Ça me fera plus pour moi. Viens, beauté, t’as rien d’autre à faire.
Bintou serra les mâchoires. Ses vêtements n’étaient plus que des loques pendantes. Ils ne cachaient rien, et entravaient ses mouvements. D’un geste sec, elle les arracha entièrement. Pas pour répondre à leurs attentes. Pour se libérer.
Elle jeta un regard autour d’elle, à la recherche de quoi que ce soit pour se couvrir. Rien. Juste ces voix gluantes qui l’interpellaient encore.
- Regarde, fit le premier. Les clefs sont là, sur le mur. Ouvre. Viens jouer un peu.
Elle tourna la tête vers lui. Ils avaient l’air sérieux. Ils préféraient l’inviter à "jouer" plutôt que tenter de fuir. Alors qu’ils voyaient les clefs. Qu’ils la voyaient, libre.
Elle eut un rictus amer. Au point de choisir la baise plutôt que la fuite ? Elle trouvait cela… profondément étrange.
L’elfe noir revint.
Une bête le suivait, massive et couverte de poils noirs. Sa gueule baveuse, sa mâchoire inférieure proéminente, son allure mi-homme mi-ours lui donnaient un air d’épouvantail. Et pourtant, elle portait, sans effort, deux lourdes outres pleines.
L’elfe plaça un tissu rêche au fond d’un grand baquet de bois. La créature versa le contenu des outres dedans. Un parfum âcre, minéral, monta dans l’air : de l’eau chaude. Bintou n’avait jamais vu de baignoire. Chez elle, on se trempait parfois dans la rivière, en riant, pour jouer plus que se laver. Et la pluie suffisait, la plupart du temps, à ôter la poussière du jour.
La créature repartit. L’elfe prit une clef sur le mur, ouvrit une des cellules, désigna un homme. Celui-ci sortit sans mot dire. L’elfe pointa le baquet. Le prisonnier s’exécuta, grimpa dans l’eau.
L’elfe attrapa un grattoir, du savon noir, et commença à frotter l’homme.
Bintou observa la scène, attentive. Il ne lui fallut qu’un battement de cils pour comprendre. Chaque geste de l’elfe trahissait son dégoût. Il s’acquittait de la tâche sans soin, sans plaisir, sans conviction. Il trouvait cela indigne.
Elle se leva. Avança, prudente. Sans attendre d’ordre, elle prit le grattoir de ses mains. Il la laissa faire. Le savon glissa entre ses doigts, visqueux. Elle frotta l’homme, sans un mot. L’elfe recula, l’observa. Puis il s’adossa au mur. Bras croisés, les paupières mi-closes, il semblait soulagé. Satisfait, même.
Le prisonnier ne dit rien. Aucun mot obscène. Aucun regard lourd. Bintou en conclut que la présence de l’elfe suffisait à imposer le silence. Ils n’avaient osé parler que lorsqu’il avait disparu.
Quand l’homme fut propre, l’elfe l’attacha avec une corde autour du cou et l’emmena à l’extérieur. Bintou, intriguée, le suivit.
Dehors, le soleil brillait. Il chauffait sans brûler. Une brise fraîche passait sur sa peau nue, sur ses bras, ses jambes, ses épaules. La rue bourdonnait de vie : elfes noirs, enfants plus vieux que l’âge de raison, bêtes. Des moutons bêlaient. Des chèvres sautaient d’un pas léger entre les jambes des passants. Et il y avait d’autres créatures poilues, semblables à celle qui avait porté l’eau. Elles avançaient droites, chargées de marchandises, aux côtés de leurs maîtres.
Bintou s’arrêta. L’une des bêtes, énorme, s’agenouillait pour qu’un enfant grimpe sur son dos. Elle semblait douce. Le petit riait aux éclats. C’était donc cela : une question d’habitude. Ici, ces créatures étaient apprivoisées, respectées. Les enfants ne les craignaient pas. Pourquoi l’auraient-ils fait ?
Elle continua à marcher. Personne ne l’arrêta. On la regardait parfois, d’un œil curieux, puis on détournait le regard. Jamais de façon insistante. Jamais de moquerie. Ni désir, ni rejet. Elle n’était personne. Invisible, ou presque.
Sur la place, l’elfe venait d’attacher son prisonnier à un poteau, sur une estrade face à la demeure. Il ne lui accordait aucune attention. Et si elle s’en allait, tout simplement ?
Elle prit la rue, descendit. Elle glissa entre les passants, sans bruit, jusqu’aux portes de la ville. Là, des champs ocre s’étendaient, piqués de verts et de bruns. Moulins aux ailes lentes, moutons paissant en silence, terres labourées à perte de vue.
Elle resta plantée là, indécise.
Partir vers l’ouest serait facile. Le soleil pouvait lui indiquer le chemin. Mais partir… sans eau, sans nourriture, sans arme, sans vêtement… sur une terre inconnue…
Elle recula d’un pas. Trop dangereux. Il lui fallait de l’équipement.