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Chap 1 Le retour de la petite soeur

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Par Anna.Lyse

ALEC

La chaleur est infernale en ce moment, le moindre geste et j’ai l’impression de suer comme un bœuf. Alors, voir Harry courir à droite à gauche comme ça me donne chaud, trop chaud et pas dans le bon sens du terme. Depuis qu’il a appris le retour d’Elena, il est dans tous ses états le pauvre, pire que si c’était son premier amour. Enfin, peut-être que d’une certaine façon c’est un peu le cas. C’est la seule nana dont il s’est jamais soucié et à qui il adresse un sourire aussi doux. Depuis qu’elle a débarqué dans sa vie, alors qu’elle n’était pas plus haute que trois pommes, mon meilleur ami s’est pris d’affection pour elle et son absence lui a beaucoup pesé. Dix ans que nous ne l’avons pas revu. Ouais, je dis on parce que, par la force des choses, j’ai aussi grandi avec elle : avec ce petit gnome qui nous collait aux basques jusqu’à devenir une préadolescente à la langue acerbe et aux allures de garçon manqué. Je sais que son départ n’était pas son choix, mais son silence, c’est de sa responsabilité et mon pote en a beaucoup souffert alors aujourd’hui, je n’accueille pas son retour avec le même enthousiasme que mon frère de cœur. Depuis une semaine, Harry s'est transformé en véritable fée du logis, frottant, nettoyant, rangeant, tout cela pour l'arrivée de sa presque sœur Elena. Non pas qu’on soit habituellement crade. L’appart a toujours été relativement ordonné et propre mais je crois que Harry a besoin que tout soit parfait. Il stress de ouf depuis que son père lui a appris la nouvelle.

— T'es sûr que tu t'es pas transformé en Cendrillon dans la nuit ? Où est mon pote ? Rendez-moi mon frère.

— Cendrillon t’emmerde ! Répliqua-t-il un sourire en coin. — Elena va pas tarder à arriver ! J'veux que tout soit parfait, mais je t'en prie… Prend tes aises et ne m’aide pas surtout.

L’aider ? Et l’aider à quoi en fait ?! Tout est déjà parfait. Je sais qu’il stress, mais je comprend pas pourquoi il se prend autant la tête. Elena était du genre bordélique, même une chatte n’aurait pas retrouvé ses p’tits dans sa piaule. Et puis, c’est elle qui a fait silence radio et qui réapparaît dans nos vies, sa vie comme si de rien n’était. Moi, rancunier ? Pas du tout, c’est juste que je m’inquiète pour mon pote.

— T'es vraiment relou avec ça, tu sais ? ! Je suis sûr qu'elle s'en cogne de l'état de l'appart... Arrête de stresser, mec, c'est pas bon pour toi, et encore moins pour moi ! Tu me donnes chaud à courir partout alors qu'il fait une chaleur d'enfer en ce moment.

Harry me jette un regard agacé. D’habitude, mon caractère désinvolte le fait marrer, mais là je sens qu’il n’est pas à prendre avec des pincettes alors je me retiens d’en rajouter.

— Normal que je stresse, Alec, c'est Elena ! C'est ma petite sœur après tout, j'ai hâte de voir à quoi elle ressemble maintenant. Elle était tellement mignonne…

— Mignonne ? Si je me rappelle bien, elle ressemblait à un gars... cheveux courts, vêtements de mec, aucune forme. Ça, c'est pas ce que j'appelle mignonne, même avec beaucoup d'imagination.

Harry haussa les épaules, comme s'il s'était attendu à ce genre de commentaire.

— La beauté, mon cher Alec, c'est à l'intérieur, sauf que toi c’est pas le genre de beauté à laquelle tu t’intéresses.

J’éclate de rire devant son hypocrisie. Lui et moi, on est comme deux doigts de la main, toujours fourrés ensemble alors je sais que dans le fond il ne vaut pas mieux que moi. À quoi ça sert de s’intéresser à l’intérieur d’une nana quand tout ce qu’on veut c’est juste passer un bon moment entre adultes consentant ? Enfin, sans doute qu’un jour lui pensera à se caser mais pas moi, ce n’est pas prêt d’arriver. Une petite amie très peu pour moi, et de toute façon avec la voix professionnelle que j’espère embrasser je n’aurais certainement pas le temps pour une petite amie.

— Ah ouais ? Ça, c'est pas ce que tu dis en soirée, à ce que je sache !

— Peut-être bien, consent Harry avant de s’exclamer avec un air malin, enfin au moins, si elle est vraiment restée comme avant, j'aurais pas à m'inquiéter des vautours dans ton genre.

— Des gros cons comme toi et moi, tu veux dire ? Qui ne pensons qu'à nous envoyer en l'air avec les filles ?

— Ouais, c'est exactement ce que je veux dire.

Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu Harry le grand frère en action. Il a toujours été surprotecteur avec elle et si elle avait su pour la moitié des choses qu’il avait fait derrière son dos, je crois bien qu’elle l’aurait pourrit pour toute une vie. Bon, j’étais pas en reste. De une, Harry est mon pote et je le suis toujours, quelque soit le plan foireux dans lequel il m’entraîne, et puis, j’ai toujours adoré taquiner Elena, "chaton", comme je l’appelle, a toujours réagi au quart de tour pour mon plus grand plaisir.

— Au moins, t'es honnête avec toi-même. J'ai failli croire que t'allais te faire passer pour un saint, rétorquais-je en me marrant.

— Ta gueule, marmonna Harry avant de se remettre à astiquer une table déjà impeccable. Faute de nécessité, cela lui permettait au moins de gérer son stress grandissant.

L'heure tourne et je commence à avoir un peu la dalle. Malgré la chaleur, je décide donc de me lever du canap’ pour rejoindre le frigo et voir ce que je pourrais grailler. À peine ais-je ouvert la porte que j’ai envie de la claquer. L'intérieur est rempli de laitues, carottes, plats diététiques, bref, tout ce que je déteste, ce qu’on déteste !!!

— C'est quoi ce bordel, Harry ?!

— Hein ?

— Le frigo, Harry ! Depuis quand on mange végétarien ici ?

Harry hausse les épaules, l'air un peu gêné.

— J'me suis dit que les filles mangeaient plus sainement que nous et j'veux qu'elle se sente bien ici, tu vois. Et puis, tu vas pas en faire tout un plat, ça nous fera pas de mal à nous aussi de manger un peu moins de protéines.

— Sérieusement, Harry... on s'était dit, pas de nana, pas de prise de tête et pas d'emmerdes. Et là… C’est pas vraiment ce que j’appelle pas de prise de tête ! On va vraiment s'taper ta sœur pendant un an ?! Je suis pas sûre de survivre à l’ouragan Elena.

J’ai pas besoin de regarder Harry pour savoir que je l’ai piqué, son silence en dit long.

— C'est ma sœur, Alec. Mon père m'a pas dit pourquoi elle devait venir vivre ici, mais j'm'en fous. J'suis juste trop content de la retrouver. J'croyais que toi aussi tu le serais. Après tout c’était ta pote à toi aussi.

Touché, « c’était » est le terme exacte. C’était un peu ma pote, moi aussi je m’étais attaché à elle même si je ne l’ai jamais avoué à voix haute. Il n’empêche, dix ans sont passé et on a refait nos vies chacun de notre côté.

— Ouais, ouais, moi aussi j'suis content de la retrouver, j't'assure... Sauf que là, ça va être pire que de me mettre en couple !

— Oh, ça va ! C'est pas pareil quand même, répliqua Harry en se marrant. Ce con est pas objectif sur ce coup-là, mais je peux pas vraiment lui en vouloir. Je sais combien son départ a été dur à encaissé. Ils ont gardé contacte au début, puis avec le temps ils ont finis par plus s’écrire. Pour Harry, je sais que ça a été dure, plus encore que le départ de sa mère.

— Oh non, c'est sûr que c'est pas pareil. Là on peut même pas baiser, murmurais-je pour moi--même conscient que cette blague ne ferait sans doute pas rire Harry.

— T'as dit un truc Alec ?

Alors que je réfléchissais à la manière dont je pourrait me sortir de cette situation, je fus sauvé par le gong. Harry se précipita sur l’interphone, les yeux brillant comme un gamin un matin de noël.

— C'est elle ! lança-t-il avant de me regarder avec un regard réprobateur.

— Quoi ? Demandais-je incrédule, y a un truc qui cloche ?

— Alec, sérieux mec ! Va mettre un T-shirt.

— Encore une preuve que cette colocation va devenir un enfer si on peut même plus se trimbaler comme on veut chez soi.

— Alec ! S’te plaît. Ça fait dix ans qu’elle ne nous a pas vu, laisse-lui au moins le temps de prendre ses marques.

— Quoi, t'as peur qu'elle bave sur moi ?

Je vois le regard d’Harry s’assombrir ? Heureusement que je suis son meilleur pote et surtout que les regards ne tue pas, sinon à cet instant je me retrouverais au sol criblé de balles.

— Ça, j'te l'interdis ! Personne ne touche à Elena !

Mouais. Sa sœur est plus une gamine et m’est avis que même si elle a le sex-appeal d’un garçon manqué, à son âge elle a déjà dû voir le loup. Je vais toutefois me passer de le lui faire remarquer, ça ne sert à rien de lui faire du mal.

Je me décide à retourner vers ma chambre pour enfiler un T-shirt quand soudain une idée bien plus intéressante me traverse l’esprit. Elena me chambrait tout le temps à l’époque en m’appelant "niño", me faisant passé pour un gosse immature. Peut-être bien qu’elle avait pas tout à fait tord, mais à présent j’ai bien changé et j’aimerai bien voir la tête qu’elle fera en voyant ce corps qui en fait fantasmer plus d’une. Non pas pas que je sois du genre prétentieux mais il n’y a pas de mal à savoir ce qu’on vaut et au regard que me lance la gente féminine je n’ai pas vraiment à m’inquiéter. Ce corps qui plus est je l’entretiens en faisant beaucoup de sport, on a rien sans rien. Je décide alors de laisser tomber l’idée de couvrir mon torse et je retourne discrètement dans le couloir afin d’accueillir "chaton" comme il se doit. Je sais qua ça va pas trop plaire à Harry mais l’envie de faire ravaler ce surnom débile à cette petite peste insolente est plus forte. Je parviendrais bien à me faire pardonné auprès de mon meilleur pote.

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