12 Janvier, 7h21.
Semant ses graines de doute.
Le temps se mit en route,
Ariane avait toujours vécu une vie simple.
La jeune fille aimait imaginer qu’elle avait la vie que n’importe qui aurait pu avoir.
Rythmée par les réveils, la marche, les cours.
Rythmée par les anniversaires, les fêtes, le nouvel an.
— Tu pourrais au moins faire des efforts !
Ariane mangeait son petit déjeuner, ignorant les grondements qui fusaient tout proche de ses oreilles. Deux tranches de brioche chaque matin, ni trop, ni pas assez.
— Ne me dit pas ce que je dois faire ! vociféra son père. Tu sais que le marché est difficile en ce moment !
— Si au moins tu sortais de la maison pour l’observer le marché !
La brioche, c’était bon, doux, ça lui rappelait le soleil. Elle avait un don magique d’éclipser les conversations foudroyantes de bon matin. Une main vint se poser sur son épaule, Ariane regarda sa mère qui prenait un air compatissant.
— Tu ne passes même plus de temps avec tes enfants ! Tu n’es plus qu’un parasite.
Les insultes. Déjà ? Elles étaient de plus en plus fréquentes ces temps-ci. Ariane s’écarta du bruit, terminant son dernier bout de brioche, et s’éclipsa vers la porte d’entrée. Son frère était parti depuis très tôt déjà, il n’avait pas à subir les orages.
— A ce soir… marmonna Ariane entre deux éclairs.
Son sac de cours sur le dos, la jeune fille pris marche. Le vent claquait ses cheveux blonds, ternis par le manque de soleil. Elle avait dû faire bonne figure aux fêtes de famille, ses parents jouant au parfait petit couple, heureux comme avant l’accident. Pourtant, Ariane avait surpris sa tante miser sur la date de leur séparation, d’après elle, c’était pour la fin de l’année scolaire.
Au fond d’elle.
Ariane espérait que ce sera plus tôt.
7h30
Ariane stoppa sa marche devant une maison verdoyante, ornée de fleurs et encadrée d’une haie verte taillée au millimètre près. En comparaison, le jardin de la maison d’Ariane était une jungle. Ses yeux bleus étaient fixés sur le cadre de sa montre, tandis que la grande aiguille courrait le long des douze chiffres.
7h31
Elle trouvait peu à peu des solutions pour rentrer chez elle le plus tard possible, être en contact le plus restreints avec ceux qui prétendaient s’occuper d’elle. Si ses parents grondaient trop tard le soir, elle n’avait qu’à revenir ici-même, devant cette maison, revoir son soleil.
7h32
Deux minutes de retard. Une boule d’anxiété se forma discrètement au creux de son estomac.
Si elle restait ici, elle risquait d’être en retard pour son cours de 8h.
Si elle partait, elle abandonnerait son soleil à être en retard seule.
— Ariane !
Une jeune fille aux cheveux court l’interpella, passant sa main sur son bras. Son sourire éclatait autant que son unique boucle d’oreille gauche en forme de soleil.
— Tu es en retard…
— Vraiment désolée ! Pouur… commença-t-elle en prenant le poignet de son amie. Deux minutes tu peux éviter d’en venir en main, pas vrai ? Allez ! On rattrapera ça en marchant vite !
Sans attendre plus de réponse, elle s’élança dans les rues de leur petite ville de campagne. Là où le trottoir cohabitait avec nombre de plantes plus ou moins coopératives avec le bitume. Sa camarade entreprit de lui raconter une nouvelle série qu’elle venait de commencer pour écourter le trajet du collège.
Maï Rose était sa meilleure amie.
Les deux jeunes filles s’étaient rencontrées en 5e, au détour d’un couloir de l’hôpital de la grande ville la plus proche. Elles ne s’étaient jamais remarquées mutuellement dans la cour ou les couloirs, n’ayant jamais été dans la même classe. Rien n’aurait laissé présager qu’un lien aussi fort se serait créé dans un lieu pareil.
Maintenant, elles ne se quittaient plus, et le chemin vers le collège n’a jamais été silencieux depuis. Une semaine qu’elles avaient repris les cours après les vacances de Noël, et il ne faisait plus assez froid pour que la mère de Maï Rose les prend en pitié et les emmènent en voiture sur leur petit trajet de 14 minutes à pied. C’était une femme douce et gentille, comme sa fille, elles avaient toutes les deux des cheveux noirs et lisses qui encadraient leur visage et presque la même taille, on les confondrait le dos tourné.
Les deux meilleures amies, au contraire, n’avait rien en commun.
Ariane était si grande que Maï Rose lui arrivait à peine à l’épaule.
Maï Rose brillante alors qu’Ariane peinait à garder sa moyenne.
Ariane avait de grands yeux bleus froids pendant que Maï Rose les yeux bridés gris pétillants.
Maï Rose, une peau douce et immaculée tandis que le sourcil d’Ariane était barré d’une cicatrice.
— Tu as vu ? s’interrompit Maï Rose au milieu de son monologue sur sa série romance. Ils sont nombreux aujourd’hui.
D’un seul coup d’œil, Ariane identifia de grands individus vêtus de noir et blanc postés autour de deux camions à leur sortie de forêt.
Les agents.
Ils se parlaient entre eux avec de grands airs et ignoraient totalement les deux collégiennes qui passèrent à côté d’eux sans s’en préoccuper. Ces inconnus à casquette noire étaient apparus de nulle part la rentrée dernière, et semblaient envahir leur ville. La mairie, craignant une secte, a pris la décision de les relocaliser sur des terrains vagues en dehors du centre-ville, mais rien n’y faisait. Les agents emmenaient leurs camions où ils le voulaient et se contentaient d’observer chaque passant disponible dans leur champ de vision.
Les primaires en étaient terrorisés et des histoires affreuses ont fait écho jusqu’aux oreilles de leurs parents qui avaient prié la mairie de bien vouloir les expulser de la ville. Mais tous les agents avaient leur visage à découvert, leurs papiers et permis de conduire en règles, il n’y avait aucune raison pour laquelle ils pourraient se faire expulser.
Des groupes de parents se sont montés pour accompagner les enfants à la sortie des écoles, tandis que d’autres pestaient à la discrimination.
Ces agents créaient toute sorte de théories farfelues. Au début, Ariane avait horreur de croiser tous ces visages inconnus avec leurs voix lentes et robotiques. De plus, ils étaient tous vêtus de la même manière, uniforme sombre et casquette qui couvrait leurs yeux. Maintenant, elle s’y était habituée, et cette animation lui permettait de réfléchir à autre chose que les orages qui se déroulaient sous son toit.
— Ils sont quatre… nota Ariane. Seulement deux de plus que d’habitude.
— C’est vrai ! Viens on va être en retard !
— La faute à qui ?
Maï Rose la regarda avec des grands yeux, visiblement choquée.
— Mmmm… Je ne sais paas. rit-elle finalement en lui tenant la porte du collège sous le regard protecteur des surveillants.
Une fois la porte passée, les cris et les rires emplirent la tête d’Ariane. Un brouhaha où l’on ne pouvait pas distinguer un seul mot. Les deux filles se dirigèrent vers leur groupe d’amis, ou plus précisément, le groupe d’amis de Maï Rose. Ariane n’avait définitivement aucun point commun avec le moindre de ses camarades de classe et elle n’essayait pas non plus de discuter avec eux pour en savoir davantage. Alors, elle se contentait d’écouter les discussions assez fades qu’ils s’échangeaient.
– Ce sont les services secrets !
Une voix péniblement aiguë rythmait les conversations depuis la rentrée des fêtes. Béatrice, un peu trop proche de Maï Rose, presque affalée sur elle, avait le monopole de la conversation de ce matin.
— Ils sont venus enquêter sur un tueur en série dans la ville ! Mon père dit que c’est pour ça qu’il n’y a plus de crimes en ce moment ! Pas vrai Maï ?
— C’est possible. répondit la vietnamienne après un instant d’hésitation. Comme ils sont partout, il y aurait des témoins pour tout, même les petits vols. Ce n’est pas plus mal comme ça !
— Tu as raison !
Les jeunes filles se mirent à rire ensemble, imaginant les théories les plus folles. Ariane avait cessé de chercher une logique à leur présence. Ils existaient, et c’était tout ce qu’il y avait besoin de savoir.
— Et toi, Ariane ? T’en penses quoi ?
La jeune fille se contenta de hausser les épaules sans daigner adresser un regard à Béatrice.
— Allez, t’as bien une idée ! Alors ? Agents secrets ou agents du mal ?
— Ça ne m’intéresse pas.
Les agents appartenaient du décor maintenant. Ils sont devenus la nouvelle normalité.
— Allez Béatrice ! Ariane est fatiguée aujourd’hui on va la laisser tranquille.
— Elle est tout le temps fatiguée ! pesta la jeune blonde.
— Eh bien rien ne l’empêche de l’être touuus les jours ! plaisanta Maï Rose, plaçant un bras protecteur devant sa meilleure amie. On ne force personne à parler quand même !
Son silence en perturbait souvent plus d’un, lorsque malheureusement Maï Rose était malade, aucun de ces amis ne savaient quoi lui dire. Bien qu’ils l’impliquassent dans les conversations, son comportement distant les décourageait.
Ils ne sont pas intéressants, ça ne sert à rien de leur parler.
Une sonnerie retentit à travers le bâtiment, certains élèves commençaient déjà à se diriger vers leurs places respectives dans la cour de l’école. Parmi eux, une longue et grande figure vêtue d’un costume noir glissait vers la salle des profs. C’était sûrement un inspecteur académique, mais quelque chose chez lui la perturbait. Pourquoi portait-il des lunettes de soleil en intérieur ?
— Ariane ? On doit y aller ! Tu ne veux pas rater notre super cours de math quand même ? s’amusa Maï Rose.
Ariane ne répondait pas, fixée sur la porte.
— Il y a un problème ? répéta son amie en lui tirant la manche.
— Aucun. déclara-t-elle sans attendre. Allons-y.
* * *
Tic Tac
Leurs cours se déroulèrent normalement. Le même ennui. Les mêmes élèves perturbateurs, les mêmes catastrophiquement longs discours du prof de math sur leurs notes toutes aussi catastrophiques. 11/20 sans avoir ouvert le cours une seule fois, elle trouvait ça plutôt correct, mais le professeur n’était pas du même avis. Peut-être que le 20/20 de sa voisine de bureau ne faisait que ternir sa note médiocre.
Ariane ne lui en voulait pas, de grandes choses attendaient Maï Rose avec sa moyenne vertigineuse. Certains camarades de classe disaient même qu’elle avait une moyenne parfaite. Elle savait que ce n’était pas le cas, mais Maï Rose semblait apprécier ce genre de rumeurs et les laissaient passer sans essayer de les corriger.
Sa meilleure amie était la personne la plus rigoureuse qu’elle connaissait, et Ariane aimait bien l’avoir à côté d’elle en classe. Les professeurs espéraient sûrement qu’une élève modèle relèverait ses notes. Le seul problème, c’était que cela condamnait Ariane à se trouver au premier rang dans la plupart des cours. Et elle passait le plus clair de son temps à admirer les murs dénudés, ou bien compter les minutes sur sa montre.
15h46
Tic Tac
Le cliquetis de sa montre la rassurait, leur cours de physique-chimie était interminable. Le professeur faisait pourtant de nombreux gestes pour attirer leur attention sur l’erlenmeyer qu’il avait en main. Malheureusement, si c’était encore pour leur démontrer qu’un liquide bleu peut devenir vert, les expériences de l’homme ne l’intéressaient pas. Maï Rose prenait assidûment note de tous les mots du prof, pendant qu’Ariane avait à peine écrit une ligne avant d’abandonner.
Tic Tac
Rien n’est plus doux que le son de ma montre… songea Ariane en posant sa tête dans ses bras, observant sa meilleure amie, avant de lui tapoter le bras avec douceur. Maï Rose l’ignora. Alors Ariane recommença. Maï Rose restait à regarder le tableau. Ariane prit donc des mesures extrêmes, et décida alors de…. tapoter son bras à nouveau.
Maï Rose tourna la tête vers elle, levant un sourcil.
– Ce samedi, tu viens à mon duel ? demanda silencieusement Ariane en langue des signes française, ses gestes lents et précis pour que son amie puisse comprendre.
– Oui. répondit simplement la concernée d’une main avant de retourner sur son travail.
Un petit sourire se dessina sur le visage de la jeune fille. Ariane avait toujours voulu montrer ses capacités d’escrime à sa meilleure amie, mais elle n’avait jamais eu l’occasion de se retrouver libres toutes les deux pour un tournoi. La jeune tireuse avait hâte de l’épater, et de lui montrer le petit imbécile qui lui servait de rival. Ariane ne ratait pas une occasion de se plaindre de son comportement quand elle rentrait de ses entraînements. Ses parents faisaient bien l’effort de venir pour ses compétitions, mais semblaient toujours trouver l’instant parfait pour s’engueuler et se faire virer des gradins. La dernière fois, elle n’avait même pas commencé sa deuxième rencontre. Son frère, lui, faisait tout pour éviter de venir, prétextant que le lycée lui prenait trop de temps pour venir voir sa petite sœur battre des nouveaux. Donc, il y avait de la place dans la voiture.
La tireuse espérait simplement qu’ils se retiendraient de crier tant que Maï Rose sera là.
Un chahut s’éleva parmi ses camarades de classe. Maï Rose lui tapotait le bras, ses yeux quittèrent alors l’horloge pour constater ce qui perturbait son calme.
— On dirait que le prof a raté son coup. lui glissa son amie à l’oreille.
Effectivement, une fumée bleue envahissait progressivement la pièce, couvrant déjà l’entièreté du sol. Le professeur se hâta de déposer ses diverses fioles, riant en demandant aux élèves agités d’ouvrir les fenêtres et :
— Ariane, va ouvrir la porte.
Pourquoi moi ? se retint de marmonner la jeune fille en se levant péniblement de sa chaise. Et puis, les salles de chimie sont sensées être ventilées, ce n’est pas une catastrophe non plus. Ariane ouvrit la porte sans se presser. Mais à la place de voir la brume bleue s’échapper, le couloir en était également rempli.
Tic Tac
Le son de sa montre.
Était.
Étrangement fort.
— Ariane !
La voix paniquée de son amie s’éleva au-dessus du silence.
— Il y a un problème !
En se retournant, elle put constater deux choses.
La première : C’était que les élèves n’avaient pas ouverts les fenêtres.
La deuxième : C’était que toute la classe s’était évanouie, à l’exception des deux amies.
Maï Rose tentait déjà de réveiller leur voisin de paillasse avachit sur la table. Le professeur était quant à lui par terre allongé contre la porte menant vers la cour extérieure, il n’avait pas réussi à l’ouvrir. Le gaz, lui, continuait de grimper sur les murs à une vitesse fulgurante.
16h00
Le doux son de la sonnerie retenti dans l’école.
— Ariane !
Le gaz vient du couloir. songea rapidement la jeune fille en retenant sa respiration. Il faut ouvrir les fenêtres. La collégienne se précipita près du professeur pour essayer d’ouvrir la porte, fermée. On est rentrés en cours par cette porte ! Alors, elle essaya d’ouvrir la fenêtre à côté, sans succès.
— Oui, allô ? commença Maï Rose, téléphone en main. Nous sommes dans le collège Victor Hugo. Toute notre classe s’est évanouie. Oui, c’est au village Le Pellerin.
— Tout est fermé ! parvint à articuler Ariane.
Le gaz gelé engloutissait leurs genoux, comme un océan à leurs pieds. Pourtant elle ne se sentait ni malade, ni fatiguée, et encore moins sur le point de s’évanouir. Toute cette panique la réveillait. Ariane brandit une chaise vide et la propulsa contre la grande fenêtre de la classe qui se fissura de toutes parts, sans exploser. Le verre sécurisé s’affaissa dehors dans un fracas strident. De la grande ouverture, le gaz s’échappa enfin.
— Ariane ! Qu’est-ce que tu fais ?!
— J’aère ! s’exclama-t-elle au comble de l’évidence.
Il y a une porte dans le couloir, et elle n’est jamais fermée. réfléchit rapidement Ariane en repensant au plan d’évacuation collège. Son regard se déposa sur son amie toujours concentrée au téléphone. Maï Rose doit sortir.
Ariane se précipita sur son amie et lui agrippa le bras.
— Attend on doit-
— Tu vas sortir par la fenêtre et je vais-
Au milieu de sa phrase, Maï Rose avait lâché son téléphone, ses yeux grands ouverts.
— Ariane !
La voix tremblante de son amie remplis son estomac de glace. D’un geste brusque, elle se retourna et brandit son poing qui se fit immédiatement arrêter par une main.
Une grande figure, entièrement vêtue de noir.
Un uniforme inconnu, une casquette sombre.
Des cheveux de jais, des yeux jaunes.
Un agent.
— Cours !! hurla Ariane à Maï Rose.
Un cri aigu s’échappa de son amie, sans qu’elle ne bouge. Ariane tira sur son propre bras pour que l’agent la lâche, sans succès. Alors elle se mit à hurler, le frapper, mais les coups d’une collégienne ne semblaient pas l’atteindre. L’homme tendit une main derrière elle, menaçant d’attraper son soleil.
— Maï Rose !
Puis, sans prévenir, une décharge parcouru son corps, ses jambes lâchant sous le coup. En une seconde, seulement un clignement de ses yeux et elle était dans le couloir.
Maï Rose…
Ariane était portée sur l’épaule de l’agent, elle ne voyait pas son amie, elle s’était échappée.
Bien…
Maï Rose était en sécurité. La statique commençait à envahir son champ de vision.
Je suis…
Fatiguée…
Un cri.
Maï Rose ?
Ariane prit tout ce qu’il lui restait pour se redresser, se battre. S’agitant pour s’échapper de son assaillant.
— Maï Rose !!
Une autre décharge parcouru son corps, ses muscles se contractant douloureusement. Une trace la brûlant entre sa jambe et son visage. Elle ne pouvait plus bouger. Ses yeux grands ouverts sur le portail vert de son collège qui s’éloignait. Avec des dizaines d’autres agents qui restreignaient des enfants pleurants, frappants, hurlants.
Son corps heurta le sol froid et vrombissant. L’agent ferma une porte du camion, puis la seconde. La laissant seule, dans la pénombre.
Seule ?
Non. Des cris, des coups, des pleurs. Ariane n’était pas seule dans ce coffre, mais avec des camarades d’école tremblants de terreur.
Il n’avait fallu que 2 minutes et 40 secondes pour que tout son quotidien s’effondre.
Le brouhaha noyait même ses propres cris, ses propres pensées. Crier ne les aidera pas à sortir, mais les portes n’allaient pas s’ouvrir sous leurs coups. Alors Ariane se recroquevilla contre elle-même, posant sa montre sur son oreille, tentant de discerner son cliquetis incessant.
Et le temps s’arrêta.