side_navigation keyboard_arrow_up

Merci le BAFA

visibility 8
article 1,7k
Par &douard

B

A

F

A

4 lettres pour un acronyme au cœur de ma vie.

Je sortais des scouts quand je me suis lancé dans cette grande aventure, sans trop savoir à quoi m'attendre. Je ne me souviens plus exactement ce que je pensais à l'époque, ça devait être un mélange de curiosité pour cet univers étrange et de volonté d'avoir un premier petit job (normal à 17 ans^^). J'avais passé de superbes années de scoutisme, avec de riches expériences, j'avais la possibilité de continuer le "cursus" en étant routier, puis chef, mais j'avais envie d'autre chose. D'autres expériences, d'autres rencontres, d'autres valeurs.

Alors, à la Toussaint 2021, je me suis inscrit à ma base BAFA, à Saint-Omer juste à côté de chez moi. La semaine était plutôt chouette, même si ça n'a pas été alors le coup de foudre que ça s'apprêtait à être. Je me rappelle avoir animé une enquête policière dont j'avais été très fier et d'avoir été le coordo d'un spectacle de fin de session absolument flopesque, vraiment catastrophique.

Après j'ai postulé, envoyé des CV sur les petites vacances. J'ai pris des gros vents. J'étais stagiaire. J'avais 17 ans. Et puis j'ai candidaté au centre social de ma ville, j'ai été pris pour le mois de Juillet. J'ai préparé des idées de petits jeux, de chants... Je me disais que le répertoire scout me sortirait d'affaire. Ça a été une sacré douche froide. Littéralement.

Bon, y a eu ce premier jour assez terrible, où on a commencé par un projet danse, que j'ai découvert en même temps que les enfants. Au début, ils ont essayé, puis quelques uns ont vite décroché. C'était post-covid, j'avais 12 enfants de 6-12 ans seul, les trajets du centre jusqu'à la salle de l'activité étaient mouvementés. Ils couraient sur le parking en rentrant (sécurité zérooooo). Puis y a eu une visite de musée, qui était imposée, mes petits zigottos ont pas spécialement apprécié l'expérience, et par extension moi non plus xD Et puis il a commencé à pleuvoir (la douche froide, tu l'as ?). Genre beaucoup pleuvoir. Presque 2 jours sur 3. Avec les petits jeux en extérieur et les récrés en moins, animer les journées est devenu une autre paire de manche.

Dans cette difficulté, j'ai inventé des manières de m'en sortir, repris des activités manuelles de ma mère, mis en place des ateliers tournants, des jeux de société... Et en vrai, je m'en suis pas trop mal sorti. J'ai de bons souvenirs, notamment d'une activité cuisine. Sur la gestion des caractères affirmés des enfants (et surtout des parents, parfois à 2 doigts de se battre devant le centre lol), ça a pas toujours été évident, mais j'ai eu la chance d'être beaucoup soutenu par mon directeur (encore merci, Gilles), qui m'a aussi donné des conseils formateurs. Le mois était épuisant (genre je m'endormais sur le canap comme une loque en rentrant à 19h), mais j'en ai tiré un bilan positif. Première expérience d'animation.

Et puis, y a le tournant. Février 2022. Arras. Je suis arrivé en retard, parce que j'étais allé à la mauvaise école (où j'ai attendu une bonne heure avant de comprendre mon erreur, pas toujours une lumière le gugusse). Les méthodes de formation n'avaient rien à voir avec celles de la base. C'était ludique, vivant, co-construit avec les stagiaires. De l'éducation populaire, quoi ! L'ambiance de groupe était vraiment trop bien, des premiers jeux, jusqu'au bar où on a partagé un dernier verre. Je me suis aussi éclaté à jouer des personnages, je me souviens encore avoir fait un accent vaguement allemand très foireux pour une explication de jeu où j'avais dit "gauccchhhe" et "drrrrroitttte", la réf était restée tout le stage. Je les avais aussi choqués en décodant du morse (super pouvoir scout ça, oui je flexe et ça n'a absolument aucun intérêt pour vous, mais j'ai envie donc je raconte ce que je veux). C'était vraiment une super semaine, hyper intense, avec des grands jeux trop immersifs, de chouettes rencontres.

En vrai, ça a été LA révélation. Je suis tombé amoureux de l'animation cette semaine-là, et l'idylle dure encore aujourd'hui. À la fin de la semaine, j'ai été coopté pour devenir formateur, ce qui a conduit à plusieurs des meilleures semaines de ma vie (sans exagération aucune), mais ça j'en parlerai dans un remerciement dédié, tellement y a de choses à dire. Et surtout, ça a remis en question mes choix de vie. J'ai compris que la FAC, ça n'était pas l'endroit où je voulais être. J'ai cherché autre chose. Et je suis devenu éduc (mais pareil, c'est une autre histoire).

J'ai fini mon année trois mois plus tard, en avril. J'ai postulé pour des classes découvertes. Les trois mois qui ont suivi sont une des périodes les plus heureuses de toute ma vie. J'ai fait des rencontres fantastiques, voyagé dans des endroits superbes de la mer à la montagne, grandi en tant qu'anim et personne. Et j'ai été payé pour ça. Des moments les plus difficiles sont nés les plus belles cohésions d'équipe, et finalement les meilleures semaines. Je n'oublierai jamais celle à Ercé, au fin fond des Pyrénées, mais pareil j'en parlerai ailleurs. Sinon, vous avez pas fini, et moi non plus^^

J'ai enchaîné avec un mois de colo d'affilée à la mer en août, avec du 17h / jour. On gagnait 36 brut / jour à l'époque xD Oui, oui, en même temps, un animateur il part en vacances, non ? (c'est du second degré, au cas-où). Le rythme était un peu trop intense et m'avait lessivé, c'était pas forcément ma meilleure expérience, mais j'en garde de bons souvenirs.

Les trois années suivantes, école d'éduc oblige, le rythme a ralenti, mais chacune des semaines que je donnais à l'animation constituait un beau cadeau à moi-même. Le meilleur moyen de se ressourcer, de se retrouver. Parce que l'animation, c'est un monde où l'on a le droit d'être fou. Où on est libre d'être qui on veut, d'inventer et partager des univers absurdes, de créer des délires communs. C'est un univers où il y a pas de question de sérieux ou de rentabilité. C'est sûr que c'est pas toujours tout beau, tout rose, mais en animation, l'immense majorité des personnes que j'ai rencontrées étaient chouettes, et une bonne partie était juste fantastique. Je trouve que ce contexte tend à révéler le meilleur dans les gens (c'est mal dit, mais t'as capté).

Du coup, une colo ski (payé pour skier, le gars a tout compris), une colo Portugal (payé pour aller à l'étranger, pas mal non plus) et...

La meilleure colo de ma vie. Un camp itinérant en vélo, sous tente, à travers la Champagne-Ardennes. Avec 24 jeunes de 15 à 17 ans. Une colo d'effort partagé, d'animations de folie, de cohésion absolue. J'en garde des souvenirs fabuleux, de la journée thématique, des pneus crevés sur les chemins de cailloux au lâcher de lanternes de la dernière veillée. J'ai l'impression d'oublier la majorité des moments qui ont fait de ces 2 semaines un moment magique, mais la sensation de jouissance qu'elle m'a procuré demeure encore prégnante.

L'année suivante, une colo itinérante en Bretagne (un peu moins sexy que les précédentes, j'en conviens, mais c'est beau la Bretagne^^). J'y ai vécu une des plus grosses frayeurs de ma vie d'anim, lorsqu'un ado s'est éloigné du convoi de vélo et s'est perdu (ramené par les gendarmes, l'ambiance était top pendant le reste de la journée xD). Comptez toujours vos jeunes et mettez des étiquettes avec vos numéros sur leur sac. Par pitié, épargnez-vous cette frayeur ! Bon, malgré tout une bonne expérience, où j'avais beaucoup appris.

Et puis les études finies, j'ai eu un nouvel été avec beaucoup d'animation. Une colo en Croatie d'abord, dans des endroits idylliques, avec des activités que je n'aurais jamais fait par moi-même. La découverte de plusieurs villes et panoramas splendides. Une chouette équipe d'animation. J'en garde le souvenir du résultat de mon examen d'éduc spé reçu par SMS à cause de l'absence complète de connexion au fin fond du Monténégro.

Juste après, une toute autre ambiance puisque j'ai vécu un camp avec le même organisme que 2 ans plus tôt (la colo vélo si tu te rappelles bien). Les choses ont mal commencé avec un trajet en train couchettes ... sans couchettes. Bref, une nuit blanche pour commencer. Après ça n'était pas un problème vu qu'on dort beaucoup en colo (c'est aussi du 2nd degré) Mais après, c'était 2 semaines trop chouettes. J'ai l'impression d'avoir joué au moins 10 personnages différents, entre les grands jeux et veillées. Je garde précieusement le souvenir de notre boum du dernier soir en pleine nature, sous les étoiles.

Cette année, ça a continué, avec un classe découverte dont je suis rentré la semaine dernière. L'animation continue de battre dans mes veines. J'ai retrouvé la tranche d'âge des petits, après 2 ans d'ados, et c'est vrai qu'ils sont mims les bébards. C'était encore une trop belle semaine. En vrai, elles le sont toutes, même si certaines brillent plus que d'autres. Un peu comme les étoiles (#maitafore).

L'animation, j'en suis encore amoureux, je le serai toute ma vie. Je crois en son pouvoir : faire passer de bonnes vacances à des jeunes, leur transmettre des visions et valeurs, leur permettre de jouer, rire et faire les fous. Tout ça ça a du sens. Oui, ça a bouleversé ma vie. Alors, ça peut aussi changer la tienne. Si cet univers te tente, n'hésite plus.

Passe ton BAFA.

Le plus beau diplôme du monde.

Commentaires

forum Impressions
Seuls les membres peuvent accéder aux commentaires.