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Sous les marches

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« Les peurs que l’on croit enfermées ne meurent pas ; elles patientent dans l’ombre et apprennent à gratter en silence. »

Marcelin le Saltimbanque, Pérégrinations dans les Trois Pays

La porte de la cave grinça sur ses gonds fatigués. Cléandre, les yeux plissés sous la morsure soudaine de la lumière, émergea le premier. Un reste de saucisson au coin des lèvres, il s’essuya d’un revers de manche, vacilla sur la première marche, puis se redressa avec l’élégance d’un capitaine de galion coulé. Il clama, les bras en croix :

— Ah ! L’air frais ! Rien de tel qu’un bon cataclysme pour aérer les narines !

Derrière lui, Miranda grimpait prudemment les marches, son regard tout neuf accroché aux décombres. Le village n’était plus qu’un souvenir froissé. Toits éventrés, arbres arrachés, charrettes renversées, tout avait été mâché, recraché, puis traîné dans la boue par une bête géante. Le clocher gisait au milieu de la place, couché de tout son long, ses cloches muettes ressemblaient à des poissons crevés. Cléandre marmonna, un peu moins triomphal.

— Ah oui… On dirait que la bamboche a duré plus longtemps que prévu.

Il grimpa lentement les marches restantes, bottes glissant dans la boue, le regard accroché aux détails : une jupe pendue à un arbre, une barrière encastrée dans un puits, un chien sans maître reniflant un tas de gravats.

— On dirait… que la tempête a tout pris. Et qu’elle n’a rien voulu rendre.

Miranda ne dit rien. Elle serrait fort contre elle le bouchon de liège qu’elle avait gardé comme souvenir de leur bivouac. Cléandre ajusta son col, découvrant brièvement le collier de saucisson qu’il avait noué autour de son cou, un collier ridicule, mais rassurant, dont les anneaux secs et sombres claquaient sous ses pas. Il le portait avec le sérieux d’un talisman, quoique d’un talisman légèrement moisi. Il maugréa en tirant un pan de sa veste pour le dissimuler à nouveau :

— On n’est jamais trop prudent. Les esprits de la charcuterie me protègent.

Miranda, elle, avançait derrière lui, les épaules enveloppées dans un vieux châle de laine qui sentait la cave et l’oubli. Elle n’avait pas protesté quand Cléandre le lui avait posé sur les épaules à son réveil, un peu brusquement peut-être, avec la tendresse bourrue de ceux qui ne savent pas dire qu’ils s’inquiètent.

— On va éviter les éternuements aujourd’hui, d’accord ?. Je doute que ce village supporte un second passage de tornade.

Elle hocha la tête en silence, serrant un pan du châle contre son nez, sans pour autant comprendre à quoi pouvait bien faire référence Cléandre. L’humidité ambiante formait une brume basse, entre les pierres effondrées et les flaques graisseuses. Des poutres noircies fumaient au sol, recrachant une odeur de bois mouillé et de suie. Quelques silhouettes se dessinaient à l’horizon, des survivants peut-être, ou juste des arbres tordus.

Cléandre ramassa une roue brisée, la fit tournoyer distraitement, puis la jeta sur un tas de débris.

— Voilà qui complique nos plans. Je comptais sur un village fonctionnel, avec une taverne, des poches à vider, et pourquoi pas une partie de Jeu des Innocents au coin du feu. Là, on a… hmm… des poutres et un chat très mort.

Il s’arrêta. Miranda aussi. Devant eux, en travers d’un chemin creusé par l’eau, un cheval gisait sur le flanc, les yeux ouverts et vides. Pas de sang. Juste un grand corps abandonné, vaincu par les vents. Cléandre soupira. L’ébriété se dissipait.

— Il va falloir trouver des vivants. Ou à défaut, des choses à emprunter avant qu’ils ne reviennent à eux.

Miranda ne disait rien, ses yeux cherchaient, fouillaient les ruines avec une intensité nouvelle. Ils progressèrent à pas lents, contournant les poutres effondrées et les flaques où flottaient des fragments de vie d’avant : une poupée sans bras, un soulier clouté, une enseigne de talmenier devenue radeau.

Le silence n’était pas complet. Il y avait ce bruit discret, sournois, un clapotis irrégulier : l’eau qui gouttait des toits éventrés, ou suintait des entrailles des maisons. Parfois, un craquement lointain, un bruit d’os sous une dent géante. Cléandre s’immobilisait à chaque fois, tendait l’oreille, puis reprenait sa marche avec un haussement d’épaule étudié.

— S’ils ont eu le bon goût de mourir proprement, ça nous évitera les cris. Ou les discours. Rien de plus bavard qu’un rescapé.

Ils traversèrent la place principale, une statue gisait face contre sol, le torse en éclats ; un puits renversé, une carcasse de cochon pendue à moitié à une gouttière, le regard figé en promesse d’apéritif. Miranda glissa sur une dalle humide. Cléandre la rattrapa d’une main, sans un mot, puis la relâcha aussitôt, geste effacé sitôt accompli. La fillette faisait tourner le bouchon de liège entre ses doigts. Elle dit enfin :

— Là-bas. Une porte.

Cléandre suivit son regard. Une masure tenait debout, de travers mais entière. L’un de ses volets battait au vent, drapeau fatigué pour prendre position. Ils s’en approchèrent. Cléandre poussa la porte du pied. Elle s’ouvrit dans un gémissement de corde rouillée. À l’intérieur : une pièce unique. Une table, trois chaises, un lit défoncé, un manteau accroché à un clou. Et, au milieu du désordre, des cendres chaudes dans l’âtre. Cléandre recula d’un pas.

— Quelqu’un est passé récemment. Ou alors les braises refusent de mourir.

Miranda regardait autour d’elle. Elle toucha le manteau, puis le laissa pendre sans mot dire. Cléandre tapota la table.

— Bon. Ou bien on s’installe, ou bien on continue. Si on reste, il va falloir trouver à manger. Le saucisson, c’est pas éternel.

Miranda, toujours près du feu, souffla doucement sur une braise.

— Je crois… qu’ils vont revenir.

Cléandre haussa un sourcil.

— Qui, “ils” ?

Elle haussa les épaules, les yeux dans le vide.

— Ceux qui vivaient là. Ou ceux qui n’ont pas eu le temps de partir.

Cléandre observa un instant la pièce, un pli soucieux au front. Puis il sourit par réflexe.

— Eh bien, s’ils reviennent, on leur dira qu’on garde la place au chaud.

***

Le feu reprenait et ses braises projetaient sur les murs des ombres fantomatiques. Miranda dormait, roulée dans un manteau trouvé dans un coin de la masure. Seule sa tête angélique dépassait de ce cocon improvisé. Cléandre, somnolent mais aux aguets, inspectait les lieux d’un regard lent sans quitter son coin. Le craquement du bois, le soupir du vent retenait son attention.

Une veille inquiète s'était installée. Le silence, celui d’un village vidé, pesait sur les poutres et les pierres. Même les loquets, agités la veille par la tempête, s’étaient tus. Alors, la porte grinça dans un souffle de nuit. Cléandre ouvrit plus grand un œil, sa main glissa sans bruit vers le manche de son couteau, il ne bougea pas davantage.

Un vieillard entra, trempé jusqu’aux os, les yeux clairs et lointains. Il ne s’étonna de rien, ni du feu rallumé, ni des deux silhouettes endormies, ni de la gibecière posée près du foyer. Son regard glissa sur les formes sans les voir, comme s’il elles avaient toujours appartenu à cette pièce. Il traversa la masure avec la lenteur d’un automate. Il déposa une bûche dans les braises, s’assit sur le banc, sortit de sa poche un quignon de pain moisi et le porta à ses lèvres, en mâchonnant sans dent. Puis il se mit à parler, ni à Cléandre ni à lui-même mais à quelqu’un d’absent ou peut-être à la maison elle-même.

— Ils ont dansé longtemps sur les tables des rois…

Un instant de silence. Puis, plus bas :

— Même les corneilles sont mortes cette fois.

Son pain s’émiettait sur ses genoux.

— Je l’ai enfermée sous les marches. Elle gratte encore, mais elle sait qu’elle est à sa place.

Cléandre ne dit rien. Il restait tapi dans l’ombre, le souffle retenu, plus attentif que craintif. Il aurait pu se lever, faire un geste, poser une question or, il choisit l’immobilité, préférant observer ce revenant vivant.

Décidément, Cléandre attirait, ces derniers temps, une étrange galerie de personnages : après le vieillard réduit en charpie et la créature angélique aux éternuements fatals, voilà qu’un sénile débarquait sans prévenir dans son quotidien déjà chargé.

Les propos décousus, pour quiconque les entendait, semblaient n’être qu’un charabia de vieux fou, une suite de phrases sans lien, de souvenirs déformés. Pourtant, dans cet esprit brumeux, dans ce labyrinthe intérieur qu’on devinait grouillant, tout cela devait former un discours d’une logique implacable. Une logique intérieure, repliée sur elle-même, où les mots, les murmures, les pauses trouvaient leur place dans un enchaînement que lui seul comprenait.

Il y avait là une cohérence mystérieuse, bâtie sur des souvenirs peut-être réels, peut-être inventés. Ce n’était pas un délire au hasard : c’était un langage tissé d’images privées. Le monde que le vieillard évoquait avait ses propres règles, et lui en était l’unique gardien. Le vieillard radotait, la voix râpeuse, les yeux perdus dans une pénombre que lui seul percevait. Il ressassait son dernier mystère, inlassablement, les mots refusant de le quitter :

— Je l’ai enfermée sous les marches. Elle gratte encore, mais elle sait qu’elle est à sa place.

La phrase revenait, sans variation, avec la même lenteur, le même tremblement dans la voix. On aurait dit qu’il cherchait à conjurer une présence, ou à s’assurer que ce qu’il avait fait n’était pas un rêve.

Dans sa folie douce, le vieillard se pencha, l’oreille tendue vers le sol, puis laissa échapper un son étrange, un long grincement guttural imitant à s’y méprendre le raclement d’un ongle sec contre une latte de bois. Il accompagna le bruit d’un hochement de tête satisfait, saluant la réponse d’un être qu’il était seul à entendre. Il souffla, le sourire flou :

— Elle gratte encore… Preuve qu’elle est bien là.

Voilà des propos, et une attitude, qui ne pouvaient que titiller la curiosité d’un luron comme Cléandre. Ce genre de bizarrerie, à la frontière du délire et du secret, avait sur lui l’effet d’un hameçon : plus absurde était la scène, plus il sentait poindre la possibilité d’un trésor enfoui. Le vieux radoteur devenait soudain une porte entrouverte sur un mystère, et Cléandre tendait l’oreille, à l’affût d’un indice glissé entre deux absurdités.

Quelque chose dans le ton du vieillard, une insistance, une fierté trouble lorsqu’il évoquait sous les marches, agit sur lui. Il y eut aussi ce regard vide, planté en direction de l’escalier, et ce grincement imité, si précis, si évocateur, qu’on aurait juré qu’il venait d’en dessous.

Ajouté à cela l’instinct propre à Cléandre, ce sixième sens qui lui chatouille la plante des pieds dès qu’un secret traîne dans les parages, et il n’en fallait pas davantage. Son attention s’ancra dans le bois fatigué des marches, dans les secrets entre les lattes, dans ce frottement ténu qu’il crut entendre lui aussi, ou rêver entendre. Il comprit. Pas par raison, par frisson.

Cléandre attendit que le vieillard s’affaisse, que son souffle se fonde dans le crépitement du feu. Sans bruit, il s’approcha de l’escalier.

Une latte vibra sous sa main. Non pas un défaut du bois, une réponse. La maison, lasse de garder son secret, lui ouvrait un œil. Il glissa la pointe de son couteau dans l’interstice. Un craquement mat lui répondit, et la latte bascula. Derrière, dans un réduit noir comme une bouche close, une forme reposait. Il tendit la main. Ses doigts rencontrèrent une matière rigide, lisse par endroits, rugueuse ailleurs. Il tira l’objet hors de l’ombre, le tint à la lumière vacillante.

Le monde suspendit sa course.

Un pantin, exact en tous points, ce n’était pas une imitation. C’était Miranda, reproduite trait pour trait. Même regard bleu figé, mêmes mèches rebelles, même robe légèrement froissée, jusqu’au petit accroc au bas de l’ourlet. Le moindre détail trahissait une obsession.

Cléandre resta un moment sans bouger. Il retourna lentement le pantin. Derrière sa tête, fixé par un fil noir, un masque. Un visage difforme, grimaçant, sculpté dans un bois plus sombre. Les yeux, deux cavités profondes absorbaient la lumière. Le sourire, déformé, avait l’air de savoir quelque chose que lui ignorait.

Cléandre serra le pantin contre lui, sans savoir pourquoi.

***

Il n’avait pas fermé l’œil.

Assis en chien de fusil contre le mur, les bras repliés dans son manteau, Cléandre fixait le pantin abandonné près du foyer éteint. À la lueur mourante des braises, le bois poli paraissait respirer, animé par quelque souffle d’un autre temps. Miranda dormait à même le sol, le front contre sa manche, paisible, étrangère à tout. Le vieillard aussi s’était assoupi, tassé dans son coin, les lèvres entrouvertes sur un râle léger. Seul Cléandre veillait, non par bonté, mais parce que quelque chose n’allait pas.

Cette poupée n’avait rien d’un jouet improvisé. Elle était vieille. Le bois avait pris cette patine que seul le temps accorde aux choses oubliées. Elle avait été sculptée avec une minutie maladive, amoureuse, et les détails hurlaitent la fixette. Ce n’était pas un artefact récent, né d’un caprice ou d’un jeu morbide : c’était une œuvre patiemment façonnée par quelqu’un qui savait exactement ce qu’il voulait représenter.

Miranda.

Ni une ressemblance vague ni une copie inspirée.

Elle.

Alors, une chose devenait certaine : la petite n’était pas tombée dans les bois la veille. Elle y errait depuis un moment. Peut-être des jours, peut-être des semaines, peut-être plus.

Et pourtant, rien.

Pas une rumeur, pas un murmure. Aucun tavernier, aucun marchand, aucun milicien ne lui avait parlé d’une enfant damnée rôdant dans les parages. Cléandre, dont les oreilles flânaient partout, aurait entendu. Il avait le flair pour ce genre de récits : ceux qu’on chuchote autour d’une chopine ou qu’on échange à voix basse en refermant les volets.

Alors quoi ? Pourquoi aucune chasse à ce monstre, un monstre qui ne faisait pas de bruit, qui ne laissait aucune trace, et qui pourtant rôdait dans les parages depuis un temps indéterminé ? Il n’y avait pas de traque, pas de rumeur, pas de geste de défense. Rien.

Le vieillard… Il était la clé, sans doute. Pour l’instant, il ne lui offrait que des fragments de ses pensées éclatées.

Cléandre ramassa la poupée et l'observa un instant, ses doigts effleurant les contours du visage de bois. Il se demanda comment réagirait le vieillard s’il mettait Miranda sous son nez, là, devant lui. Ce regard qui semblait tout savoir, qui fixait le vide avec une connaissance vieille de plusieurs vies… Que ferait-il face à l’incarnation de ce qu’il avait enfermé sous les marches ? Si ce vieux fou reconnaissait la silhouette de la gamine, si quelque chose s’allumait dans ses yeux ternis, il ne serait plus question de déductions.

Il s’approcha du coin où Miranda dormait, sa respiration calme et régulière. La petite était roulée dans le manteau comme une chenille dans sa chrysalide, ignorant la mécanique du monde qui l’entourait. Cléandre hésita. Devait-il troubler la réalité fragile de ce vieillard déconnecté en exposant Miranda à ses yeux, ou bien s'abstenir, redoutant que cela ne marque le début de la chasse qui, jusqu’ici, n’avait pas eu lieu ?

La question le taraudait : et si ce vieillard savait quelque chose que personne d’autre ne savait ?

Cléandre hésita. Pourquoi ne pas donner un petit coup de pouce au destin, après tout ? Il n’allait pas continuer à se torturer avec ce vieux mystère. Si ce vieillard savait quelque chose, il allait l'arracher de son silence, à la manière brutale et directe. Il n’était pas du genre à faire dans les détours.

Sans prévenir, il se tourna vers Miranda, toujours roulée en boule dans son manteau, sa respiration calme et régulière, inconsciente de l’effervescence qui agitait le reste de la pièce. Il la prit, la souleva d’un mouvement brusque et la plaça, tout simplement, sous le nez du vieillard endormi. Le visage de la petite, figé dans une tranquillité suspecte, se posa sous les yeux du vieux.

Miranda, à peine éveillée, tourna son regard angélique vers le vieillard. Cléandre secoua sans ménagement l’endormi qui émergea de ses songes troubles. Il réagit avec la rapidité d’une vieille branche tombant sous un coup de vent. Il écarquilla les yeux, fixant la silhouette de l’enfant, d’abord incrédule, puis en proie à une terreur indéfinissable. Un cri muet s’étranglait dans sa gorge. Ses mains tremblantes se portèrent à son cœur et il se mit à haleter, le souffle lui manquait. Une lueur de panique s’alluma dans ses yeux. En un instant, le vieillard s’affaissa en arrière avec la souplesse d’un sac de farine, s’étalant dans un râle étouffé. Son corps se raidit, ses yeux fixaient le plafond. Et puis, tout s’arrêta.

Cléandre se pencha. Pas de pouls. Décidément. Une nouvelle victime à la collection, il aurait dû s’y attendre. Le silence s’installa autour d’eux. Un soupir s’échappa de ses lèvres. Il se redressa et observa le corps inerte du vieillard, son dernier souffle suspendu dans le froid de la masure.

Il tourna ensuite son regard vers Miranda, indifférente à la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux, sa silhouette frêle roulant doucement dans son manteau, tandis que le reste du monde s’effondrait autour d’elle. Cléandre haussait les épaules, blasé.

Décidément, l’interrogatoire n’est pas mon fort.

Il se pencha une dernière fois sur le vieillard, l'observant d'un œil distrait.

Une bille noire de plus, hein. À ce rythme-là, je pourrais me faire un joli collier. Un vrai bijou, qui ferait carrément concurrence à celui du saucisson. Peut-être que je pourrais même les associer. Collier de saucisson et de vies brisées. Une tendance, je vous dis.

Un regard à la petite puis un autre au corps sans vie. Un rire nerveux, et Cléandre se détourna, sans vraiment savoir s’il devait pleurer cette nouvelle victime ou s’en amuser. Le monde, décidément, n’était pas fait pour lui, et les vieillards encore moins.

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