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30 - Neiges

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Par Lily

La finale du jeu de go se déroulait dans une verrière aux bords arrondis, en verre flûte et acier doré, qui rappelait vaguement l’architecture de la Maison Ruche des Abeilles : on entrait dans une vaste salle principale qui donnait sur quatre autres, plus petites, dont les portes coulissantes avaient été repoussées sur l’extrémité de leurs rails pour les maintenir ouvertes. La finale se déroulait dans celle au sol moquetté, isolée du bruit, où les fauteuils étaient vert sauge. Les trois autres proposaient aux invités divers jeux de pions, de cartes et de plateaux - dont le go : l’une était meublée de fauteuils gris argenté, l’autre de fauteuils dorés et la dernière, de bleu foncé.

Du bleu, de la couleur des Loups, non des Corbeaux, étrange comme choix.

J’avais trouvé cocasse que le go existe dans ce monde, porteur du même nom. Puis j’avais appris qu’il avait été introduit par l’un de mes prédécesseurs. Il avait séduit le Roi Loup d’une lointaine époque avant de se populariser sur l’ensemble des terres humaines. L’unique différence résidait en la couleur des pierres - les pions en demi-sphère : bleu ciel contre bleu nuit.

Là aussi, nous sommes loin des Corbeaux. Ces légers rappels à l’ancien Clan royal, pourquoi les avoir gardés ?

— Si ce jeu est fascinant, en observer une partie ne l’est pas particulièrement, partagea la Douairière Perdelle à la petite troupe qui l’entourait.

J’appartenais à cette troupe. Dana y avait veillé.

—  Certains coups plongent les adversaires dans de si longues réflexions que je lutte parfois pour ne pas m’assoupir, surenchérit Citra, sa vieille Compagne.

Quelques gorges gloussèrent.

L’ancienne Reine caressait les plumes de son corbeau, dont les serres s’enfonçaient dans les larges épaulettes inesthétiques de sa robe longue. Sans aucun doute, ces extensions rembourrées n’étaient là que pour permettre à l’angoissant volatil de rester auprès d’elle. Des reflets dorés irisaient ses plumes ébènes, mais ses iris d’un gris délavé persistaient à me déclencher des frissons.

— Orbe est plus discret que le Gardien du Roi, n’est-ce pas ? chuchota l’homme à ma gauche en se penchant vers moi.

À mon arrivée, il m’avait saluée comme si nous nous connaissions. Me l’avait-on présenté lors de la soirée au rizin dont je ne gardais aucun souvenir ?

— Qui est Orbe ? l’interrogeai-je à voix basse.

Il me dévisagea comme si j’étais idiote. Je détournai la tête de cet impoli qui jugeait sans expliquer.

— Pour ma part, je jouerai aux dominos dans l’espace doré, déclara Dame Perdelle, mais je ne jugerai pas les amoureuses et amoureux qui choisiront de suivre scrupuleusement la partie. Mes Damoiselles et Gentilshommes, Dames et Sieurs, bonne soirée à vous et, si l’ardeur vous en dit, faites vos jeux !

Dans ce monde, l’on pouvait aussi s’adonner au plaisir addictif des paris ; dans un coin de la salle principale, se dressait un comptoir au bois vernis où siégeaient une trésorière, deux membres de la Garde - une femme et un homme -, et un secrétaire qui notait scrupuleusement chaque somme engagée.

Ici comme chez moi, parier ne m’intéresse pas.

— Orbe est le Gardien de Dame Perdelle, son animal totémique, me chuchota Dana en se pressant contre moi tandis que notre troupe s’étiolait selon les envies de chacun.

L’encolure de nos robes était sage comparé à certaines femmes qui nous quittaient. J’avais également l’impression d’être la seule habillée de bleu nuit. Et à la réflexion… à part moi, Isaure, Wolf Storm et Cazelain, je n’étais pas certaine d’avoir aperçu cette teinte sur quiconque. À aucun moment. Mais plus d’une et d’uns, ce soir, paradaient dans du gris ou de l’or.

— Donc, Orbe, c’est le nom du petit corbeau ? m’assurai-je d’avoir compris sans omettre de parler avec discrétion.

Ma Compagne fronça du nez.

— Appelle-le Gardien. Il est plus qu’un animal. Elle et lui sont liés.

Je songeai à Adam et à Wolf Storm.

— N’importe qui peut avoir un Gardien ?

Dana posa une main sur mon bras.

— Nous en reparlerons une autre fois, c’est un long sujet à aborder, et ce n’est pas le bon endroit.

— Ta Compagne est sage, Luce, abonda Ëreis, ce sujet est délicat.

La jeune femme n’avait pas rejoint la Douairière, elle était restée auprès de nous. Elle avait enroulé ses tresses d’une étrange manière qui m’évoquait un généreux bretzel.

— Êtes-vous férues de go ? s’intéressa-t-elle.

— Sans exceller, je me débrouille, déclara Dana.

— Je n’y ai jamais joué, avouai-je.

— Si tu le souhaites, nous pouvons t’en apprendre les rudiments en cours de soirée, s’anima Ëreis. Mais j’aimerais m’approcher des concurrents avant cela, vous m’accompagnez ?

Son enthousiasme nous entraina dans l’espace à la moquette beige et aux fauteuils sauge, où tous les sièges étaient occupés par de silencieux passionnés qui observaient un homme à la barbe poivre et sel et une femme aux cheveux cuivrés qui se faisaient face autour d’un carré de bois divisé en dix-neuf lignes sur dix-neuf colonnes. Nous y restâmes un moment puis nous partîmes en quête d’une table dans l’espace argenté. Mais un fantôme nous coupa la route : vêtu de blanc, les cheveux gris… Je reconnus le Compagnon du Roi à son tatouage doré, en forme de corbeau, qui paraissait onduler sur sa joue.

— Si vous voulez bien me suivre, crôassa-t-il, le Roi aimerait vous saluer.

J’aimerais tant lui dire non.

Mais Dana me pressait déjà de lui emboiter le pas et me rappelait l’importance de sourire. Eden nous mena auprès de son Roi devant qui nous nous inclinâmes comme il le seyait, en gardant la tête et le dos droit.

— Damoiselle Luce. Ainsi, demain, vous regagnez les frimas. Ce séjour vous aura habituée à d’autres températures, vous devez craindre votre retour.

Mince, je transpire.

Eryn se rapprocha en glissant telle une sirène dans sa robe fluide au décolleté lacé, suivie de trois Fantoches qui arboraient le même carré parfait que leur Reine.

— Au contraire, mon Roi, Luce préfère la compagnie des livres à celle des gens, je pense qu’elle se fait une joie de retourner dans son Château Lune.

— Je préfère quand les gens parlent pour eux-mêmes, dit posément Maguiar en posant sur moi ses yeux froids.

— Je…

— Tu étais plus prompte à discourir lors du dernier bal, releva Eryn.

Je n’aimai pas les rires que se permirent certains qui nous entouraient. Je déglutis et tentai de les ignorer.

— Je vous remercie pour ce séjour mais je suis satisfaite de retourner au Château Lune. Merci également pour les soins reçus, quoique je regrette de n’avoir pas pensé à demander aussi mon poids en chaud-galets.

D’autres rires, plus détendus - bien que je n’aie pas cherché à faire un trait d’humour.

— Vous avez l’art et la manière, s’amusa le Roi.

— Et des ambitions si modestes, intervint Eryn.

Je la dévisageai.

Si c’est une attaque comme ça semble l’être… pourquoi ?

— L’Univers ne connait pas le hasard, insista-t-elle, tu dois être à l’image du Clan que tu as choisi.

Les rires perdirent de leur innocence.

— À moins que les Loups ne possèdent certaines ambitions que tu n’as pas encore saisies, ajouta-t-elle d’une voix moqueuse.

Une onde sèche se dégagea de Maguiar ; j’en eus la chair de poule, un frisson me secoua. Je ne fus pas la seule, j’entendis même un gémissement. La Reine semblait n’avoir rien senti. Maguiar posa une main sur l’épaule dénudée de son épouse :

— Ma chère, si vous alliez faire un pari en mon nom ?

Puis il m’accorda un salut avant de me souhaiter une agréable dernière soirée. Je me tournai vers Dana et mimai un mot du bout des lèvres tout en maintenant un visage impassible : fuyons.

****

Nous avions fui dans l’espace argenté ; il aurait été inconvenant que l’on se retire aussi tôt.

Selon les deux autres…

Nous étions réunies autour d’un plateau de go de neuf lignes sur neuf ; l’idéal pour une débutante. Calée dans un confortable fauteuil crapaud, j’avais perdu contre Ëreis, perdu contre Dana, mais beaucoup appris sur les règles. À présent, je les observais s’affronter. Dana lissait la pointe de son carré puis posait une pierre blanche. Ëreis tâtait l’un de ses macarons puis posait une pierre noire. Elles sursautèrent lorsqu’une ample robe de femme bouscula le goban - le plateau de jeu. Sa propriétaire ne daigna pas s’excuser et demeura sur place. De haute taille, sa longue chevelure dorée retombait en vague sur ses hanches. Je lui trouvai des traits durs et l’air peu sympathique. Dana la salua. Elle se contenta de me scruter, lèvres closes. Celles-ci étaient charnues. Comme son décolleté. Elle avait un nez proéminent. Elle était savamment maquillée.

Elle va arrêter de me fixer ?

— Ainsi, c’est vous, lâcha-t-elle d’une voix amère.

Puis elle se retourna et s’en fut, ses longs cheveux se balançant au rythme de ses hanches.

— Je ne comprends pas ce qu’il vient de se passer, dis-je.

— Cette chevelure…, soupira Ëreis.

— Vous la connaissez ? s’enquit Dana.

— Seulement de nom. Dame Cataline ne vient que rarement au Palais Royal, ; elle est ici pour le tournoi. Cette incroyable et prodige finaliste de go est issue du Clan où la famille de Dame Cataline s’est retirée après avoir fui les… les terres des Loups.

Même les épais macarons de la Compagne semblèrent gênés.

— Son comportement était irrévérencieux, sanctionna Dana.

C’est le moins qu’on puisse dire…

Deux mains tièdes se posèrent sur mes épaules :

— Irrévérencieux… Parleriez-vous de moi ?

— Sieur Cazelain, ne pensez-vous pas que ce genre de propos vous dessert ? s’autorisa Dana d’une voix soucieuse.

Le Loup s’en gaussa :

— Vous avez une si généreuse estime de moi. Tom n’aurait pas mieux dit !

Les joues de ma Compagne se saupoudrèrent de plaques rosées. Elle se tint plus droite que jamais dans son fauteuil argenté et parut soulagée quand des applaudissements retentirent d’un peu partout. Ëreis bondit de son siège :

— Incroyable ! Je suis certaine que Dame Isaïa est la vainqueure ! Une véritable prodige ! Cette partie a duré à peine trois heures ! Je vais essayer de l’approcher, de la saluer, il faut la féliciter ! Dana, Luce, venez avec moi !

Elle attrapa le bras de ma Compagne et la tira dans son sillage. Je suivis le mouvement quand Cazelain me retint par la manche pour me glisser quelques mots à voix basse :

— Méfiance avec cette femme à la mine joviale, il s’agit de la deuxième Compagne de la rusée Perdelle. Qu’elle t’apprécie réellement ou non, gare à tout ce que tu pourrais lui confier. Apprends de tes erreurs, méfie-toi de la cour et de celles et ceux qui y gravitent.

Je tournai vers lui : pas de sourire en coin sur le beau visage du Loup, il était sérieux.

— Je ferai attention, promis-je.

— Bien. Je te laisse, j’ai promis d’exaucer un vœu ce soir. Une demande pile dans mes cordes.

— De quel genre ?

Il posa une main sur le sommet de mon crâne, ourlant un demi-sourire charmeur sur ses lèvres.

— Luce, tu es si innocente.

Non de… C’en est trop !

Je pris cette main infantilisante dans la mienne et la guidai devant mes lèvres.

— Non, Cazelain, je suis loin de l’être, murmurai-je d’une voix rauque en plantant mes yeux dans les siens. Je me fis grande, présente, imposante, dans ce regard.

Mais qu’est-ce que je fous ? Non, ne lâche rien !

Je soufflai sur ses doigts, lentement, avec un soupçon de malice. Puis je le lâchai, me retournai et allongeai le pas pour m’enfoncer au plus vite dans la foule.

Ne cours pas. Ne te retourne pas. Assume. Je veux juste que cet arrogant cesse de me prendre pour une enfant. Moi aussi je peux jouer, si je le veux. Où est Dana ?

Une ombre blanche me fit barrage : Eden, le Compagnon du Roi. Pour la seconde fois de la soirée, il s’imposait à moi. Et j’étais seule. Il n’était pas grand, me dépassant d’à peine quelques centimètres. Il sentait les huiles essentielles ; mais lesquelles ? Le corbeau doré tatoué sur sa joue m’observait… J’en étais si convaincue que lorsque l’homme parla, c’est le bec que je fixai.

— Damoiselle Luce, aimeriez-vous vous rafraichir à l’extérieur ?

— Non merci.

Les mots avaient fusé. Le bec était demeuré clos. Eden ne s’embarrassa pas de masquer sa contrariété.

— le Roi vous y tiendrait compagnie, chuchota-t-il.

Euh… Il pense m’amadouer ?

— Non merci, répétai-je.

Il parut surpris.

— Vous n’êtes pas intéressée ?

Mais enfin…

— Je vous souhaite une bonne soirée, articulai-je.

Et je m’enfuis à nouveau dans la foule.

Qu’ils aillent tous se faire voir !

Je ne mis pas longtemps à retrouver Dana qui me proposa de nous éclipser - à mon grand soulagement - ; le tournoi étant terminé, il était légitime de se retirer. Nous rejoignîmes la file qui s’écoulait paisiblement dehors. Une fois isolée sur un chemin, je soupirai. L’air était doux. Il sentait la pierre chaude. Les étoiles nous surplombaient. Par-dessus les pelouses, d’énormes lucioles dessinaient des cercles dans les ombres.

— Attendez-moi !

Ëreis nous rejoignit, essoufflée, pétillante et excitée d’avoir pu échanger quelques mots avec la grande finaliste du tournoi de go de l’année. Pendant qu’elle parlait, je basculai ma tête en arrière et cherchai des formes connues dans la voûte céleste. Elles étaient nombreuses, leurs étoiles.

— Luce, tout va bien ?

Merci, Dana, te t’inquiéter pour moi.

— Un petit cafard…, murmurai-je.

— Quelle étrange expression, frissonna Ëreis.

Je choisis de ne pas m’en excuser. Mais je lui offris un demi-sourire.

— Il n’est pas si tard, dit-elle, et il est mauvais de chercher le sommeil quand les pièges de soie nous encombrent l’esprit.

Et celle-ci, d’expression, elle n’est pas étrange peut-être ?

Ëreis se frotta les mains de satisfaction :

— Que dirais-tu de passer par la galerie du Château ? Il y a un autre réseau de toiles que j’aimerais te faire découvrir.

Je ne risquais rien à accepter. Et puis, j’étais curieuse… En suivant Ëreis dans le dédale de sentiers puis de couloirs, je réalisai qu’elle évoluait avec aisance dans le Palais et ne craignait aucune réprimande de la part des différents membres de la Garde que nous croisions. Lorsqu’elle nous entraina dans un passage caché par une porte dérobée, elle se justifia : elle avait grandi ici, et connaissait plus d’un secret pour circuler efficacement, sans oublier son titre de Compagne de l’ancienne Reine qui lui offrait quelques privilèges.

La galerie de tableaux du Palais n’avait rien de comparable avec celle de la Maison Ruche des Abeilles : elle était plus vaste, plus riche, et même une œuvre d’art à part entière. Du sol aux murs, il n’y avait que des arrondis, le couloir tournait sans cesse et les galets-lumière étaient installés dans des niches en fer forgé représentant des spirales symétriques. Nous marchions sur une moquette qui montait et descendait en suivant un dénivelé régulier et confortable.

— Un architecte farfelu a aménagé ce lieu en forme de coquille d’escargot, nous expliqua Ëreis. N’observez qu’un côté à l’aller. Une fois le centre atteint, nous ferons demi-tour pour profiter de l’autre.

Les toiles étaient accrochées sur des fils épais tendus à la verticale. À nouveau, se succédèrent des paysages aux climats variés : désert, tropiques, montagnes, plaine, littoral… Dans ce monde, les toiles, immenses et réalistes, remplaçaient les photographies. Comme dans la galerie des Abeilles, des portraits de personnalités locales étaient disposés autour de certains paysages.

Soudain, Dana me retourna vers le côté que je n’étais pas encore censée regarder. Je me retrouvais face au Château Lune, représenté sur une toile monumentale, tel qu’il aurait dû être…

— C’était avant le déclin, chuchota ma Compagne.

— Quel gâchis, soufflai-je.

Et en même temps… sans cet ancêtre autocentré qui a provoqué le déclin, Sieur Wolf vivrait enfermé dans une Maison-prison.

— Est-ce Dame Isaure ? douta Dana en désignant le portrait d’un jeune couple en tenue de noce.

— Oui, confirma Ëreis, et feu son époux.

Moi, c’est un autre portrait que j’avais repéré, sur une toile modeste et perdue parmi ses voisines plus imposantes. Elle dévoilait un adolescent peint dans un réalisme qui confondait la photographie. Un bel adolescent. Dont les deux parties du visage étaient intactes.

— Il était beau, n’est-ce pas ? commenta Ëreis en comprenant ce qui retenait mon attention.

Était…

Ce tableau rappelait que Wolf Storm n’avait pas toujours été défiguré et maudit.

— Je suis native de cette région.

Dana pointa du doigt une toile aux tons gris représentant un village entouré de montagnes escarpées.

— C’est un village frontalier parmi les plus reculés, releva Ëreis.

— Oui. Un havre pour quelques Sans-Clan.

Les yeux aigue-marine de ma Compagne étaient impénétrables.

— C’est tout à votre honneur d’être ici ce jour, déposa l’autre Compagne avec une grande douceur.

— Une origine ne détermine en rien l’aboutissement d’un être.

Cela résonnait comme un mantra souvent ressassé.

— Toi, confiai-je à Dana, tu n’aurais fait qu’une bouchée de la Porte Neige.

Nous échangeâmes un regard qui me fit du bien. Je revins à la toile géante du Château Lune ; demain, nous y retournions. Wolf Storm avait-il utilisé la clé en forme de loup ? Qu’avait-elle apporté à ces terres qui avaient bien trop souffert ?

****

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