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Chapitre 1

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article 619
Par Panonie

Je me réveillai en sursaut. Toujours le même souvenir qui hantait mes nuits. Des gouttes de sueur parlaient sur mon front et allaient s'écraser sur le vieux matelas.

Peu à peu, le présent me revenait.

Des murs gris avec de longues coulées noires, tel des larmes, un lit aux draps rongés par les mites, un petit tapis poussiéreux.

C'est à ça que se résumait ma vie depuis maintenant cinq ans.

Je levai la tête vers une fenêtre. La seule de ma cellule. On pouvait apercevoir la lune à travers les barreaux. Une douce clarté pénétrait la pièce.

Il devait être quatre heures.

Je retournai près de mon lit (si on pouvait appeler ça un lit), et passai une main sous l'oreiller.

Après chaque repas j'y glissais quelques miettes de pain.

J'en pris une poignée et sifflait.

Peu de temps après, j'entendis des battements d'ailes.

- Eirini ?

Une colombe se posa gracieusement sur le sol de pierres froides. Elle inclina doucement la tête et me fixa.

- Eirini !

Elle prit un rapide envol, fit le tour de ma prison et vint se poser sur mon avant-bras.

Je la caressais doucement pendant qu'elle picorait quelques miettes. Ses plumes sous ma main étaient chaudes, si blanches qu'elles renvoyaient avec éclat la pâle lumière lunaire.

Son contact m'apaisa et je réussi à me rendormir.

C'est elle qui me réveilla, à peine une demi-heure plus tard. Elle me tapait furieusement la tête avec son bec.

J'essayai de la repousser, de lui dire d'arrêter : rien n'y fit. Elle revenait toujours, se faisant plus pressante à mesure que les secondes passaient.

À contrecœur, je finis par me lever.

Ne voyant rien d'anormal, à part le comportement de ma colombe, je me rendis à la fenêtre.

Mon seul lien avec le monde.

Alors que j'approchais ma tête des barreaux, une odeur me parvins.

Une odeur rance, tenace, désagréable.

Je mis du temps à la reconnaître.

Elle se fit de plus en plus forte, jusqu'à me piquer la george.

Le doute n'était plus permis.

Du brûlé.

Un feu.

Au moment où j'eus formulée cette pensée, une fumée noire, épaisse s'éleva dans le ciel.

Bientôt, elle prit tant d'espace que l'on aurait pu croire à une éclipse.

Le bâtiment dans lequel j'étais retenue se trouvait à l'écart du village. Je n'avais donc rien à craindre de l'incendie.

De plus, une rivière nous séparait. Je ne la voyais pas mais, parfois, j'entendais la douce mélodie de l'eau.

Mes tentatives pour me rendormir ne portant pas leurs fruits, je tentai de rappeler Eirini. Peine perdue. Elle devait être occupée ailleurs.

J'allais retourner à ma couchette lorsque j'entendis des bruits de pas, très vite suivis de voix :

- Vous avez entendus ?

- Oui. Il y a quelqu'un pas loin.

- Cherchons-le.

Ils étaient trois ou quatre. Des hommes. Je ne les connaissais pas.

Retenant mon souffle, j'écoutais les bruissements s'éloigner. Je me pensais tirée d'affaire.

Et puis l'un d'eux cria :

- Là ! Une maison !

Ils accourent et cassèrent la porte d'entrée.

Je les entendais discuter à travers l'épaisse porte de ma cellule :

- Une prison ?

- Ça en a tout l'air.

- Pourquoi les habitants d'un village paumé auraient-ils construis une prison au milieu des bois ?

Ils se turent quelques secondes et...

- Il y a une clef ici.

Ces villageois n'étaient donc pas capables de me cacher correctement ?!!

Paniquée, je reculais jusqu'à sentir le mur humide dans mon dos.

La clef tourna dans la serrure et en un long grincement sinistre, la porte s'ouvrit.

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