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8 Décembre

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article 536
Par Maeghan

Comme vous l’avait annoncé l’abbé de l’Épée, l’assemblée constituante est la prochaine grande étape de cette Révolution. Celle-ci se tient près de trois semaines après la prise de la Bastille, qui a continué à être détruite pierre par pierre. C’est ainsi que, le 4 août 1789, à sept heures du soir, vous vous retrouvez une nouvelle fois à Versailles en compagnie de tous les autres députés. À droite de l’hémicycle se trouvent 291 membres du clergé, à gauche 291 membres de la noblesse, et au centre 584 membres du Tiers États, le tout pour un total de 1145 députés. Puisque vous n'êtes pas député, vous vous asseyez avec les spectateurs et journalistes sur les bancs qui longent les murs.

Vous retrouvez Barère, le principal rédacteur du Point du Jour, un carnet à la main, prêt à prendre des notes. Devant vous, un autre homme fait de même. En vous penchant discrètement sur ses écrits, vous distinguez les mots “Le Moniteur universel”. Il s’agit du journal de Charles-Joseph Panckoucke, le principal concurrent de Barère.

Mais votre attention est bien vite attirée par le centre de l’hémicycle, où un homme s’est levé et fait maintenant face à l’assemblée constituante. Celui-ci se présente comme étant  Louis Marie Antoine de Noailles et annonce avoir trouvé la solution aux diverses révoltes qui ont lieu en ce moment-même dans les provinces française : l’abolition des droits féodaux.

Votre cœur loupe un battement : en votre for intérieur, vous espérez que cette motion sera votée, car même si vous appartenez à la noblesse, vous êtes particulièrement révolté face à cette hiérarchie féodale. Cette annonce ne fait cependant pas l’unanimité et de nombreux députés souhaitent prendre la parole.

Durant les heures qui suivent, vous voyez le soleil se coucher derrière les hautes fenêtres. Les débats ne se sont toujours pas terminés et aucun vote n’a été prononcé. Chacun veut s’exprimer, rendant la constituante interminable à vos yeux alors que le choix à faire vous paraît évident. Mais n’étant pas député, vous n’avez pas droit à la parole.

De fatigue, vos yeux quittent l’assemblée pour se baisser sur votre voisin de devant, qui écrit à toute vitesse sur son carnet. Pour occuper votre esprit, vous comptez les minutes qu’il met pour écrire une page. Puis une autre, et encore une autre… En moyenne, vous constatez que Panckoucke écrit une page en un quart d’heure.

Après ce qui vous semble être des heures, Bailly, en tant que le président de l’assemblée, se lève et demande un vote pour l’abolition des droits féodaux. Ce n’est pas trop tôt ! Votre cœur bat à tout rompre en attendant les résultats, et au bout de quelques minutes de suspens, celui-ci tombe : la motion est votée, les trois ordres n’existent plus.

Vous ne pouvez vous empêcher de faire éclater votre joie avec vos voisins de banc, et du coin de l’œil, vous distinguez le numéro de la dernière page que Panckoucke a écrit : 28. Si vos calculs sont bons, il doit être fort tard !


Énigme : 

À quelle heure s’est terminée cette constituante ?

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