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2 Décembre

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article 422
Par Maeghan

En ce 20 juin 1789 est organisée une réunion des députés français pour faire suite aux votes et aux débats des jours précédents, dont vous avez pris connaissance dans Le Point du jour de Barère la veille. Bien que vous ne fassiez pas partie des 576 députés, vous souhaitez vous y rendre. Vous avez l’intuition que l’Histoire prendra un virage dans quelques heures. 

Au bout de presque trois heures de voyage en fiacre pour rejoindre Versailles à partir de Paris, vous descendez enfin de votre véhicule. Laissant derrière vous le bruit des hennissements des chevaux, vous contemplez l’Hôtel des Menus-Plaisirs dans lequel ont habituellement lieu les États-généraux, l’assemblée regroupant les trois ordres de votre société : la noblesse, le clergé et le Tiers-état. Mais dès le premier coup d’œil, vous remarquez quelque chose d’inattendu. La cour extérieure de l’Hôtel est vide et des gardes sont postés devant les grilles. 

Vous triturez vos méninges en cherchant une explication logique et c’est alors qu’un garçon, un petit marchand d’herbes selon toute vraisemblance, s’avance vers vous. Mais au lieu de vous tendre un bouquet de thym, il met dans votre main une lettre froissée. 

— C’est de la part d’un grand Monsieur, dit-il avant de faire volte face.

Intrigué, vous dépliez la lettre et vous reconnaissez tout de suite l’écriture : celle de l’abbé Sieyès.


Salutations, mon ami,

Au moment où la raiſon ſ’élève contre les traditions,

l’homme éclairé doit chercher la vérité.

Les raiſonnements, que vous maniez avec tant de juſteſſe,

embraſent les eſprits de la nation.

De tout temps, la ſcience a été l’inſtrument du progrès :

une idée juſte vaut mieux qu’un cri populaire.

J’eſpère que vous viendrez aujourd’hui,

en éviteant les curieux et les adverſaires.

Un ſigne vous guidera jusqu’à nos amis ;

deux chandelles ſeront placées à la fenêtre.

En ſuivant leur lueur, vous trouverez la porte, mais

prenez garde aux gardes : ils obſervent les paſſants.

Amenez vos notes, vos réflexions, vos journaux,

un échange d’idées pourrait hâter le progrès.

Mais méfiez-vous des murs, ils ont des oreilles.

Et n’oubliez pas : la lumière entre toujours par la plus petite fente.


Sieyès


Vous n’avez plus une seconde à perdre, vous vous élancez dans les rues de Versailles pour ne pas louper le début des États-généraux qui ont été déplacés. Vous savez maintenant où ils ont lieu.


Énigme : 

Où vous dirigez-vous de façon si pressée ?


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