Ne vous étonnez pas si, lors d’un séjour en Diatrime, vous remarquez que tous les calendriers en cours et autres dates de péremption sur vos yaourts indiquent l’année 2003. Il se trouve qu’en Diatrime, les journées devenaient trop courtes pour que chacun ait le temps de faire tout ce qu’il voulait. C’est pour cette raison qu’en 1981, une loi sans précédent fut promulguée, décrétant que tous les jours de la semaine seraient désormais doublés. Depuis, les Diatrimards bénéficient donc d’un lundi directement suivi d’un deudi, puis d’un mardi suivi d’un étandi, et ainsi de suite jusqu’à dimanche et dipull. Cette mesure, dite de la « semaine de quatorze jours », a donc en un sens ralenti l’écoulement du temps en Diatrime en multipliant par deux le nombre de jours par mois ; ce faisant, les calendriers diatrimards n’en sont actuellement qu’à l’année 2003.
Cependant, les réactions des Diatrimards suite à la promulgation de cette loi furent dans un premier temps très disparates. Tandis que certains acclamaient cette décision, ayant désormais le temps d’accomplir toutes leurs tâches en un jour et demi puis de s’adonner à divers loisirs le reste des jours bis, d’autres refusaient de voir doublées leurs journées de travail et chômaient un jour sur deux. Certains même se révoltèrent de façon tout à fait originale, en s’efforçant, tous les jours pairs, de rejouer à peu près à l’identique la journée précédente. Beaucoup de ces derniers, par ailleurs, y trouvèrent une vocation dans les arts de la scène.
Mais depuis quelques années, la charge de travail demandée aux employés diatrimards devient de plus en plus conséquente, au point de ne plus pouvoir être traitée efficacement sur une semaine de quatorze jours. Un nouveau projet de loi est donc étudié à l’heure actuelle, mais fait déjà débat. Défendu principalement par les chefs d’entreprise, il s’agit du projet de loi « pour une semaine de vingt-et-un jours ».