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Épilogue — Maxence

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article 592
Par Renarde

Maxence navigue dans mon salon, tandis que je mets les tournesols qu’il m’a apportés dans un vase.

— C’est très beau, s’exclame-t-il. On reconnaît bien ta touche. Tu as déjà pensé à te reconvertir dans la décoration d’intérieur ?

— Peut-être dans quelques années. Là, j’ai surtout envie de me retrouver et de profiter de Zoé.

Dès que je prononce le nom de notre fille, Maxence se crispe. Mâchoire fermée, poings serrés, il prend sur lui pour se maîtriser. Je compte jusqu’à dix dans ma tête, avant d’intervenir :

— J’ai conscience que c’est difficile pour toi, et je ne te remercierai jamais assez de me permettre de vivre ici.

— Vu les circonstances, je crois que c’est la meilleure solution. Enfin, j’espère.

Je sais que les discussions avec ses parents ont été houleuses. Maxence a accepté de me verser une pension et que je m’installe à la campagne, à condition que nous restions mariés.

— Aïcha peut se montrer très convaincante. Tu penses vraiment que j’aurais publié mon histoire sans elle ?

J’arrive à lui arracher un sourire.

— Non. Elle m’a certes permis de voir la situation autrement, mais, paradoxalement, c’est ma mère et non Aïcha qui a fait pencher la balance.

J’écarquille les yeux de stupeur.

— Ta mère ? Bérangère a plaidé ma cause ?

— Indirectement. Tu sais, j’ai ouvert les yeux sur beaucoup de choses, ces dernières années. Et même si cela reste difficile à avouer, j’ai pris conscience qu’elle n’était pas toujours… charitable.

Doux euphémisme pour cette vipère au cœur sec.

— Et si ma chère mère mettait tout en œuvre pour que tu recouvres la mémoire, y compris en allant trouver ta psychopathe de voisine dans mon dos, c’est que tu avais plus à y perdre qu’à y gagner. Ton amnésie, ta réalité, cela te protège, en quelque sorte, même si c’est dur à admettre.

— Ce trou noir, ces heures qui me manquent… Cela n’a rien de conscient, tu sais ?

Il hoche la tête.

— J’aurais préféré qu’on affronte cette épreuve ensemble. Comme avant. Toi, moi, on aurait pu tout surmonter. Même ça, ajoute-t-il la voix brisée.

— Je suis désolée. Tu resteras l’une des personnes qui ont le plus compté pour moi, mais aujourd’hui, je dois me concentrer sur ma reconstruction. Et sur Zoé.

— Zoé…

Maxence se mord la lèvre, les yeux humides. Je crains qu’il ne change d’avis. Qu’il revienne sur sa décision et qu’il l’emmène loin de moi.

— Elle est toute ma vie, tu sais.

— Je sais, murmure Maxence, elle était toute ma vie également.

Ses yeux tristes se posent sur moi. Il tend la main pour me caresser la joue, comme autrefois, puis suspend son geste.

— Si… si jamais tu te rappelles ce qui est arrivé, ce soir-là, n’oublie pas que tu peux rentrer à la maison. N’importe quand.

— Merci.

Nous nous regardons, dans un mélange de tendresse et de regrets. Notre amour passé est aussi réel que nos difficultés actuelles, et même si nos chemins se séparent, personne ne pourra nous enlever ce que nous avons vécu.

Maxence s’en va peu après, me laissant seule avec Zoé. Je toque à la porte de sa chambre, l’ouvre, puis demande :

— Prête pour faire des crookies ?

Elle lève les yeux au ciel.

— Maman, je ne suis plus un bébé.

— Je sais, tu as douze ans…

— Bientôt treize.

Oui, mon cœur.

Pour toujours.

FIN

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